lundi 17 décembre 2007

Enquête sur un réseau de contrefaçons et d'association de malfaiteurs: qui se cachent derrière Mabanckou?


Dès ma découverte de la première contrefaçon signée par MABANCKOU, j’avais tout de suite compris que cet homme n’était qu’un PARAVANT pour cacher une gigantesque entreprise crapuleuse. Pour être plus précis, on a UTILISÉ SON NOM pour MASQUER une ENTREPRISE COLLECTIVE. Parce qu’on ne peut pas voler l’œuvre d’un Africain, écrit sur l’Afrique avec un vécu, une sensibilité et un regard africains, et l’attribuer à un Blanc. Il fallait donc trouver un Africain qui accepte de se prêter au jeu, avec la GARANTIE qu’on va le couvrir jusqu’au bout, en le supportant avec une implacable MACHINE MÉDIATIQUE, et, au besoin, en BLOQUANT l’accès à la JUSTICE, si l’auteur floué persiste dans son acharnement à vouloir faire la lumière sur ce scandale. Voilà résumée cette affaire.
SEPT MOIS D’ENQUÊTE m’ont confirmé cette réalité qui est CONFESSÉE, dans ses menus détails, dans VERRE CASSÉ et CORROBORÉE par les multiples ENTREVUES que MABANCKOU a accordées aux médias. Les détails sont si abondants qu’ils contribuent à reconstituer totalement le FILM de cette aventure nébuleuse… On en vient ainsi à identifier les VÉRITABLES CERVEAUX de cette ASSOCIATION DE MALFAITEURS… Et parmi ces acteurs, qui se terrent dans l’ANONYMAT, l’homme d’affaires juif OLIVIER COHEN occupe une place privilégiée.
OLIVIER COHEN alias ’’ESCARGOT ENTÊTÉ’’ ou le ’’JUIF ERRANT’’

C’est « Mabanckou » lui-même qui, dans VERRE CASSÉ, lui attribue ces qualificatifs ''Escargot entêté ’’ et ’’Juif errant’’, en le désignant comme celui qui lui a « forcé la main », en le poussant à contrefaire mon manuscrit, en le lui donnant avec ces mots : « JE TE L’OFFRE » et avec des consignes très précises : « UTILISER, DÉNATURER, RÉVISER, SOUILLER, POISSER, OUTRAGER, PROFANER ».
Cet OLIVIER COHEN est un homme d’affaires très bien connu dans le milieu éditorial français pour diverses raisons. Entre autres son ERRANCE entre le SEUIL et L’OLIVIER, sa propre maison d’édition qu’il a créée en 1990 avec un CAPITAL détenu à hauteur de 49% PAR LE SEUIL et 51% PAR LUI-MÊME. En 1995, il CÈDE SES PARTS AU SEUIL AVEC LEQUEL SA MAISON FUSIONNE, devenant ainsi un département exploité sous la marque commerciale L’OLIVIER dont il assure la direction littéraire.
C’est en 2004 que la chance allait lui sourire, après le RACHAT DU SEUIL par le groupe LA MARTINIÈRE en janvier 2004. On se souvient qu’il y avait eu un SCANDALE à l’époque, à propos des spéculations sur les actions de la maison, ayant entraîné la démission fracassante de son PDG CLAUDE CHERKI, le mercredi 9 juin 2004. C’est alors OLIVIER COHEN qui prend la direction littéraire du seuil. Et c’est suite à sa nomination au poste de directeur littéraire que le seuil a reçu mon manuscrit.

Le contexte était particulièrement difficile pour monsieur OLIVIER COHEN et l’obligeait à des résultats presque miraculeux pour sortir de l’impasse la maison (LE SEUIL) qui se remettait mal de son rachat par La Martinière, comme en témoigne un ARTICLE du MONDE en date du 11 novembre 2004 (’’Le seuil dans les remous de La Martinière ’’). Cet article nous aide à identifier les mobiles financiers et moraux (la nécessité de redorer l’image ternie de la maison) qui ont poussé l’homme d’affaires juif à instrumentaliser MABANCKOU pour qu’il se prête à ce jeu, au mépris de mes droits d’auteur.

On y apprend effectivement que la rentrée littéraire fut pénible pour Le Seuil, et que: « onze mois après son rachat par La Martinière, l’éditeur peine à ’’digérer’’ cette union et tarde à résoudre ses problèmes de distribution. il affronte la grogne de ses clients et la fronde d’une partie de son équipe », que ses auteurs et éditeurs « quittent le navire ». ce fut le cas avec la démission de JACQUES BINSZTOK, éditeur au SEUIL, le vendredi 5 novembre, exprimant son doute face à la pertinence du rapprochement entre le Seuil et La Martinière. Un départ qui s’ajoute à la longue suite de coups durs qui secouent la maison depuis son rachat, en janvier, par La Martinière. « Un sale automne. C’est ainsi que la rentrée 2004 restera dans les mémoires du Seuil. On y sent des équipes sincèrement chamboulées.», précise l’article. Onze mois de crise pendant lesquels deux de ses meilleurs écrivains « CATHERINE MILLET, auteur du best-seller La Vie sexuelle de Catherine M, et MICHEL RIO annoncent leur départ du SEUIL ».

Les LIBRAIRES vont jusqu’à s’en prendre au nouveau propriétaire monsieur La Martinière avec des propos d’une rare virulence: « Il est de plus en plus évident que votre conception industrielle et internationale est en train d’asphyxier le Seuil en vidant cette maison de l’esprit qui l’a fait naître et prospérer. »
Un analyste financier tire ce constat alarmant : « Si j’étais actionnaire du seuil-la martinière, je m’inquiéterais…» L’article rapporte encore que: « Furieux, les éditeurs pénalisés s’organisent… La situation ne se règle pas, elle s’aggrave. Au delà du manque à gagner commercial, la directrice des éditions de minuit, Irène Lindon, parle de grave ’’préjudice d’image’’. La question des indemnités a été évoquée par La Martinière. Mais ce qui germe surtout dans les esprits, c’est l’action en justice »

L’ANNÉE 2004, comme on peut le constater avec ces extraits, fut particulièrement calamiteuse pour le SEUIL aux prises avec Une transition qui a failli l’emporter. Ce triste bilan n’alarme pas pourtant monsieur OLIVIER COHEN qui met ainsi le bémol : « Qui se rappelle aujourd’hui les débuts catastrophiques de Maurepas – le centre logistique de Hachette - ? ». O n salua d’ailleurs sa nomination au poste de directeur littéraire comme « une chance pour la maison »… Et pourquoi donc ? Pourquoi voyait-on monsieur Cohen comme le SAUVEUR d’un navire en naufrage?

L’article du MONDE précise que monsieur HERVÉ LA MARTINIÈRE prévoyait en 2005 une année « apaisée ». Bonne prédiction, puisque c’est effectivement en janvier 2005 que parut la première contrefaçon sous la signature de MABANCKOU : ’’VERRE CASSÉ’’, très salué par la critique et ayant raté de justesse le PRIX RENAUDOT, à une voix près. Il récoltera tout de même plusieurs prix : prix des 5 continents de la francophonie, prix RF0 du livre, prix OUEST-FRANCE ETONNANTS VOYAGEURS. Il fera surtout l’objet d’une commercialisation massive, avec plusieurs rééditions dont le format poche, et sera monté en pièce de théâtre jouée dans plusieurs pays d’Europe et d’Afrique.

Il y a de quoi apaiser une année, après tant de remous. Et le MÉRITE revient en grande partie au directeur littéraire OLIVIER COHEN dont le départ, à l’instar de son arrivée, est salué de façon fort positive. En effet, un autre article de LA RÉPUBLIQUE DES LETTRES en date du 20 janvier 2006, intitulé ’’OLIVIER COHEN quitte le Seuil pour l’Olivier, nouvelle filiale du Seuil’’, fait grand cas de ce départ en tressant des lauriers au sauveur retournant au « bercail », APRÈS UNE MISSION BIEN REMPLIE : « LA CHRONIQUE DES LIAISONS INCESTUEUSES DE L’ÉDITION FRANÇAISE vient d’ouvrir un nouveau chapitre dans sa riche rubrique ’’ FILIALISATIONS’’. Il convient de se concentrer pour suivre le ménage de l’un des petits couples qui font l’ordinaire des actualités en période de mondialisation et de restructurations du monde éditorial, à savoir aujourd’hui L’OLIVIER / LE SEUIL…»

Après un récapitulatif du parcours de monsieur OLIVIER COHEN entre la maison qu’il a créée en 1990, puis cédée en 1995, jusqu’à son arrivée comme directeur éditorial et sauveur du Seuil en 2004, l’article poursuit : « Aujourd’hui, il quitte ce poste pour reprendre la direction de L’Olivier, l’entreprise passant parallèlement du statut de département à celui de filiale du Seuil. OLIVIER COHEN sera de nouveau le PDG et possédera 10% du CAPITAL… Deux communiqués ont salué l’opération, l’un en provenance de la NOUVELLE FILIALE pour indiquer qu’elle était contente de devenir ’’autonome’’, l’autre de HERVÉ DE LA MARTINIÈRE pour remercier Olivier Cohen qui a fait au seuil ’’ ce qu’on attendait de lui ’’… »

Que veut dire monsieur de La Martinière en affirmant que monsieur Cohen « a fait au Seuil ce qu’on attendait de lui »? Qu’attend-on d’un directeur littéraire sinon publier des best-sellers? Et comment publier des best-sellers quand on a perdu nos auteurs à succès? Et le best-seller publié par le seuil sous la direction de monsieur Cohen est quoi d’autre sinon Verre cassé ?
Cet ouvrage était le premier contrat de Mabanckou avec le Seuil. Le mérite d’Olivier Cohen serait en définitive l’embauche de Mabanckou pour faire « ce qu’on attendait de lui ». Il faut d’ailleurs noter que la planification de l’autre contrefaçon, Mémoires de porc-épic, s’est faite simultanément avec celle de ’’verre cassé’’, comme le laissent entendre d’autres aveux faits par Mabanckou dans des entrevues (que je dévoilerai en temps utile).
La formule ’’Mabanckou’’, voilà l’arme miraculeuse trouvée par monsieur Olivier Cohen. Ce que m’a confirmé « un initié » du milieu qui m’a appelé de Paris pour me dire que : « Le Seuil a embauché Mabanckou parce que la maison était à genoux, prête à s’enfoncer. Quand la maison n’aura plus besoin de ses services, elle sera la première à le descendre… »

À n’en pas douter, les deux parties sortent très grandies de ce PASSAGE ÉCLAIR à la direction littéraire du SEUIL de monsieur OLIVIER COHEN dont la venue s’inscrivait dans le cadre d’une MISSION BIEN PRÉCISE ET DANS UN DÉLAI TRÈS LIMITÉ. ayant bien accompli sa mission, il s’en trouve récompensé en regagnant son ’’ autonomie’’ et en récupérant 10% des actions de la maison qu’il avait lui-même créée puis cédée au seuil. En redorant le blason du seuil, il redorait aussi son propre blason. on peut comprendre pourquoi sa venue au seuil était « saluée par tous comme une chance », habitué certainement à se sortir des mauvaises passes, comme en attestent les ÉLOGES de « MABANCKOU » dans VERRE CASSÉ: « et pourtant l’escargot entêté est toujours là, et pourtant il est toujours debout…et il a résisté à la conjuration des imbéciles, et il a vu les autres commerçants le traiter de sorcier, d’Oudini, d’Al Capone, d’Angoualima l’assassin aux douze doigts, de Libanais du coin, de Juif errant, et surtout de capitaliste…».

On retrouve d’ailleurs le nom COHEN dans l’ENTREVUE que MABANCKOU a accordée aux deux journalistes RICHARD SONGO et MÈRE ÉVÉE de CONGOPAGE, LE 15 AOÛT 2005, à propos du « roman qu’il aurait aimé écrire », qui est Le livre de ma mère écrit par ALBERT COHEN. Il revient là-dessus dans une autre ENTREVUE accordée à MATHIEU MENOSSI pour le compte de Evene.fr de mars 2007, intitulé Qui de l’homme et de l’animal est le plus bête? Dans cette entrevue, Mabanckou affirme que ce livre d’ALBERT COHEN fait partie de ses livres de chevet. On se souvient qu’il a écrit dans VERRE CASSÉ que : « et si j’avais du talent comme il faut, j’aurais écrit un livre intitulé le livre de ma mère, je sais que quelqu’un l’a déjà fait ». Mais il s’était gardé de mentionner le nom de l’auteur ALBERT COHEN (qui apparaît d’ailleurs sur le site internet de l’olivier dirigé par OLIVIER COHEN).
On peut ainsi comprendre pourquoi les livres de Mabanckou sont traduits en HÉBREU. Et aussi pourquoi Mabanckou, africain comme moi, invoque avec malice la « Bible de Jérusalem » contre moi, en détournant mes propos.

L’article de LA RÉPUBLIQUE DES LETTRES qui traite du départ d’Olivier Cohen fait également mention de sa compagne GENEVIÈVE BRISAC (ex-éditrice chez Gallimard et actuellement directrice littéraire de l’École des Loisirs), publiée en partie par L’OLIVIER dirigé par son conjoint, qui a fait venir de nouveaux AUTEURS ISRAÉLIENS comme AHARON APPELFELD. Nous pouvons donc comprendre qu’on se soucie beaucoup de la pensée et de la présence juives chez les Cohen. Et les incessants clins d’œil de Mabanckou sur ce sujet attestent indubitablement de cette RELATION DE SUJÉTION qu’il entretient avec OLIVIER COHEN. Sans aucune exagération, MABANCKOU, n’est ni plus ni moins qu’un ESCLAVE de ce monsieur, comme il le dit lui-même dans VERRE CASSÉ : « ainsi c’est un peu pour lui faire plaisir que je griffonne de temps à autre, sans vraiment être sûr de ce que je raconte ici, je ne cache pas que je commence à y prendre goût depuis un certain temps, toutefois je me garde de le lui avouer sinon il s’imaginerait des choses et me pousserait encore à l’ouvrage, or je veux garder ma liberté d’écrire quand je veux, quand je peux, il n’y a rien de pire que le travail forcé, je ne suis pas son nègre, j’écris aussi pour moi-même… »

Le mot est dit : « NÈGRE »! Et sous la plume de Mabanckou lui-même! Nous voilà en face du « PROBLÈME MABANCKOU »! Un homme condamné au « TRAVAIL FORCÉ », à savoir l’ÉCRITURE « AU NOIR » et SUR COMMANDE, venant de son patron L’ESCARGOT ENTÊTÉ, propriétaire du « BAR » Le crédit a voyagé (une MÉTAPHORE pour désigner la maison d’édition LE SEUIL) ! C’est un AVEU DE TAILLE:.. Mabanckou est un nègre, au sens littéraire du terme, qui a été recruté spécialement par l’homme d’affaires JUIF OLIVIER COHEN, agissant pour le compte du SEUIL, pour s’acharner sur mon manuscrit à cause de sa teneur.
MABANCKOU ne se gênera pas pour faire cet autre accablant aveu : « tant que les personnages de vos livres ne comprendront pas comment nous autres-là gagnons notre pain de chaque nuit, y aura pas de littérature mais de la masturbation intellectuelle » (sic)


INCROYABLE, mais vrai! C’est tout un AVEU qui nous mène droit au cœur du RÉSEAU DE CONTREFAÇON dans lequel baignent un certain nombres d’écrivains (plus ou moins talentueux) et de maisons d’éditions (soucieuses de rafler des PRIX LITTÉRAIRES pour faire mousser leurs ventes). Cela fera l’objet du 2E VOLET de ce GRAND DÉBALLAGE PUBLIC qui va nous amener à connaître un GRAND SEIGNEUR DU MILIEU, un monsieur haut en couleurs et en barbe (MICHEL LE BRIS), qui va jusqu’à reconnaître une DIMENSION BIBLIQUE à l’idéologie de la PIRATERIE qu’il définit comme étant un mélange « d’utopie, de crime, de religion, de sainteté et de révolte » qui, à ses yeux, « a quelque chose d’étonnant pour un romancier ou un rêveur …»
Et vous n’avez encore rien entendu… Parce que dans ce milieu, la réalité a de tout temps dépassé la fiction…


(À SUIVRE)


Mountaga Fané Kantéka
Juriste, écrivain-poète et journaliste d’investigation

mercredi 12 décembre 2007

AFFAIRE MABANCKOU: LE JUGE FRANÇAIS SE COMPROMET EN VOULANT BLOQUER LA PROCÉDURE



Quand certaines MENACES prennent forme, la réalité dépasse la fiction tant les actes posés se singularisent par leur horreur. Surtout venant d’un pays mythifié comme étant le berceau des DROITS DE L’HOMME où les chefs ne ratent pas une occasion pour qualifier les autres États de voyous ou de Républiques bananières. Quand une AFFAIRE CRIMINELLE prend des allures D’AFFAIRE D’ÉTAT poussant un JUGE FRANÇAIS à CONTREFAIRE LA LOI pour essayer de PROTÉGER DES CRIMINELS DE LA CONTREFAÇON LITTÉRAIRE, il n’y a plus rien qui va. On est habitué à voir de pareils manquements à la loi dans les régimes autocratiques d’Afrique ou d’Asie, ou ailleurs. Mais pas en FRANCE… En tout cas pas de FAÇON AUSSI FLAGRANTE et aussi… MALADROITE.

Suite à ma sortie radiophonique, le 1er mai 2007, pour dénoncer publiquement ses contrefaçons, MABANCKOU s’était TRAHI en envoyant un courriel à l’animateur Garoute Blanc de la radio CPAM (Montréal) et en lui tenant des discours dont celui-ci : « MONSIEUR A DIT QU’IL VA NOUS POURSUIVRE EN JUSTICE, QU’IL LE FASSE, ON L’ATTEND » Si ce genre de propos pouvait déjà donner froid au dos, en dévoilant le CARACTÈRE INSTITUTIONNEL DE CETTE ENTREPRISE CRAPULEUSE, c’est la rage et l’indignation qu’il suscite en nous quand il devient réalité sous la plume d’un OFFICIER DE JUSTICE ASSERMENTÉ qui se comporte en véritable HORS-LA-LOI… INCROYABLE, MAIS VRAI!

Jugez-en par vous-mêmes en lisant cet échange de correspondances avec ce DOYEN DE JUGES D’INSTRUCTION FRANÇAIS. Il faut le voir écrit pour le croire :

LETTRE DE PRÉCISION AU DOYEN DES JUGES D’INSTRUCTION
DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS

Montréal, le 10 décembre 2007


Mountaga Fané Kantéka,
…………………………
Montréal, Canada,.......

Au Doyen des Juges d’instruction
du Tribunal de Grande Instance de Paris
4, Boulevard du Palais 75055 Paris RP

Objet : votre réponse à ma plainte pour constitution de partie civile pour contrefaçons de mon ouvrage Odyssées noires / Amours et mémoire d'Outre-monde (ISBN 2-980 9062-0-4), par Alain Mabanckou et Doumbi Fakoli avec la complicité des maisons d’édition Le Seuil (domiciliée au 27, rue Jacob 75261 Paris cedex 06), Présence Africaine (domiciliée au 25 bis, rue des écoles 75005 Paris) et Menaibuc (domiciliée au 38, rue Marx Dormoy 75018 Paris et représentée par monsieur Salomon Mezepo).


Monsieur le Doyen des Juges d’instruction,

J’ai réussi une CURIEUSE LETTRE datée du 6 décembre 2007, comme provenant de votre cabinet, sans précision de votre IDENTITÉ, avec un cachet de votre cabinet et une SIGNATURE prêtant à CONFUSION.

J’aimerais savoir si cette lettre provient bien de vous, car, en dehors des incertitudes liées à la FORME, son CONTENU suscite aussi de SÉRIEUSES INTERROGATIONS. Il est effectivement écrit dans cette lettre par une personne agissant au nom du « Doyen des Juges d’instruction » que ma plainte « ne répond pas aux exigences de L’ARTICLE 85 DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE aux termes duquel la qualité de partie civile s’acquiert par le dépôt d’une plainte devant contenir la MANIFESTATION EXPRESSE DU PLAIGNANT de se constituer partie avec une OFFRE DE CONSIGNATION ».

Ce reproche est d’autant plus étonnant que ma plainte est libellée ainsi :
« PLAINTE AVEC CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE POUR CONTREFAÇONS EN BANDE ORGANISÉE, ASSOCIATION DE MALFAITEURS ET AUTRES CHEFS D’ACCUSATION ».
Par ailleurs, ma plainte commence par ces mots :

« Monsieur le Doyen des Juges d’instruction,

Qu’il vous plaise de faire bon accueil de cette requête par laquelle JE ME CONSTITUE PARTIE CIVILE SUR LA BASE DE L’ARTICLE 1382 DU CODE CIVIL contre les maisons d’édition Le Seuil, Présence Africaine et Menaibuc, toutes domiciliées à Paris, ainsi que les auteurs Alain Mabanckou et Doumbi Fakoli pour contrefaçons en bande organisée et association de malfaiteurs. »

Je ne crois pas qu’il puisse y avoir une « MANIFESTATION EXPRESSE » plus explicite que cela. Et par mesure de précaution, le vendredi 26 octobre 2007, j’ai adressé aux MÉDIAS de PARIS, de MONTRÉAL et de BAMAKO, un COMMUNIQUÉ DE PRESSE, avec un EXTRAIT DE MA PLAINTE, pour pallier toute ÉVENTUALITÉ D’ÉTOUFFEMENT, monsieur MABANCKOU ayant publiquement laissé entendre, le 2 mai 2007, que lui et ses complices m’attendent au tribunal. J’ai également mis sur mon SITE WEB ces documents, pour PRENDRE L’OPINION PUBLIQUE À TÉMOIN.

En plus de cette précision, j’attire aussi votre attention sur le fait que NULLE PART DANS L’ARTICLE 85 DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE, il n’est question d’une quelconque « OFFRE DE CONSIGNATION » provenant de la partie civile. ET DEPUIS QUAND EST-CE QUE C’EST LA PARTIE CIVILE QUI FAIT UNE OFFRE DE CONSIGNATION?
L’ARTICLE 88 DU MÊME CODE EST CLAIR SUR CETTE QUESTION AUSSI: « LE JUGE D’INSTRUCTION constate, par ordonnance, le dépôt de la plainte. EN FONCTION DES RESSOURCES DE LA PARTIE CIVILE, il FIXE LE MONTANT DE LA CONSIGNATION que celle-ci doit, si elle n’a pas obtenu l’aide juridictionnelle, déposer au greffe et le délai dans lequel elle devra être faite sous peine de non-recevabilité de la plainte. Il PEUT DISPENSER la partie civile de la consignation. »

Outre ces détails qui soulèvent de sérieuses interrogations, cette même lettre, provenant du « Doyen des Juges d’instruction », me dit que : « Dans l’hypothèse où vous envisagerez de régulariser une constitution, je vous invite à le faire en vous confirmant au modèle ci-joint.
Vous voudrez bien JUSTIFIER AU PRÉALABLE DU DÉPÔT D’UNE PLAINTE SIMPLE RELATIVE AUX MÊMES FAITS EN PRODUISANT LES DOCUMENTS SUIVANTS :
· L’avis de son classement par le Parquet
· Un récépissé précédant d’au moins 3 mois la plainte avec constitution de partie civile :
- soit un dépôt de la plainte simple au parquet
- soit de l’envoi au Parquet par Lettre Recommandée avec Accusé de Réception de l’original de la plainte ou de sa copie si elle a été déposée auprès d’un service de Police Judiciaire. »

Je suis fort étonné de ces recommandations, étant donné qu’IL EST EXPLICITEMENT FORMULÉ DANS L’ALINÉA 2 DE L’ARTICLE 85 DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE QUE : « CETTE CONDITION DE RECEVABILITÉ N’EST PAS REQUISE S’IL S’AGIT D’UN CRIME OU S’IL S’AGIT D’UN DÉLIT PRÉVU PAR LA LOI DU 29 JUILLET 1881 SUR LA LIBERTÉ DE PRESSE… »
En clair, cela veut dire que JE NE SUIS PAS CONCERNÉ PAR LA CONDITION QUE VOUS INVOQUEZ, étant donné que JE REMPLIS LES CRITÈRES EXIGÉS PAR L’ALINÉA 2 DE L’ARTICLE 85 DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE.
Puisque, d’une part, DES INFRACTIONS REPROCHÉES AUX CONTREFACTEURS sont bel et bien des CRIMES :

- CONTREFAÇONS EN BANDE ORGANISÉE au sens de l’article 335-2, al 4 du code de propriété intellectuelle puni par 5 ANS D’EMPRISONNEMENT et de 500 000 euros d’amende avec éventuellement la FERMETURE TOTALE OU PARTIELLE, DÉFINITIVE OU TEMPORAIRE, POUR UNE DURÉE AU PLUS DE 5 ANS, DE L’ÉTABLISSEMENT AYANT SERVI À COMMETTRE L’INFRACTION

- ASSOCIATION DE MALFAITEURS définie par l’article 450-1 du code pénal, puni de 10 ANS D’EMPRISONNEMENT et de 1000 000 F d’amende, avec interdiction de droits…

- VOL AVEC CIRCONSTANCES AGGRAVANTES prévu par l’article 311-4, 1o et 8e du code pénal puni par 5 ANS D’EMPRISONNEMENT et de 500 000 F d’amende, 7 ANS D’EMPRISONNEMENT ET 700 000 F d’Amende

- VOL EN BANDE ORGANISÉE prévu par l’article 311-9 du code pénal puni par 15 ANS DE RÉCLUSION CRIMINELLE ET DE 1000 000 F d’amende

- ESCROQUERIE, prévue par l’art 313-1 du code pénal puni par 5 ANS D’EMPRISONNEMENT et de 2 500 000 F d’amende

Outre ces CRIMES bien définis par les textes de loi, j’invoque aussi L’ARTICLE 29 DE LA LOI DU 29 JUILLET 1881 à l’encontre du SEUIL et de monsieur ALAIN MABANCKOU pour des PROPOS DIFFAMATOIRES contenus dans les deux ouvrages contrefaisants et aussi tenus par monsieur Mabanckou dans un courriel adressé à la radio CPAM de Montréal le 1er mai 2007 et réitérés sur le site de L’ENCYCLOPÉDIE WIKIPÉDIA du 27 au 31 juillet 2007. J’INVOQUE LE MÊME TEXTE contre L’ENCYCLOPÉDIE WIKIPÉDIA pour des PROPOS DIFFAMATOIRES tenus à mon encontre sur leur site internet à la date du 27 au 31 juillet 2007 par un de ses administrateurs, répondant au nom de KELSON, s’autodéfinissant comme un homme « capable de monter facilement un (e) cabale », militant pour le compte de monsieur Alain Mabanckou (qui intervient lui-même sur ledit site sous le pseudonyme de Kunta) et ayant alimenté d’autres propos diffamatoires tenus par des internautes à la date du 1er août 2007.

POUR TOUTES CES RAISONS AINSI ÉNUMÉRÉES, IL RESSORT DONC QUE MA PLAINTE POUR CONSTITUTION DE PARTIE CIVILE EST BEL ET BIEN RECEVABLE ET CONFORME À L’ARTICLE 85 DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE QUE JE CITE IN EXTENSO :
« Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit peut en portant plainte se constituer partie civile devant le pôle de l’instruction compétent en application des dispositions des articles 52, 52-1 et 706-42.
Toutefois, la plainte avec constitution de partie civile n’est recevable qu’à condition que la personne justifie soit que le procureur de la République lui a fait connaître, à la suite d’une plainte déposée devant lui ou un service de police judiciaire, qu’il n’engagera pas lui-même des poursuites, soit qu’un délai de trois mois s’est écoulé depuis qu’elle a déposé plainte devant ce magistrat, contre récépissé ou par lettre recommandée avec accusé de réception, ou depuis qu’elle a adressé, selon les mêmes modalités, copie à ce magistrat de sa plainte devant un service de police judiciaire. CETTE CONDITION DE RECEVABILITÉ N’EST PAS REQUISE S’IL S’AGIT D’UN CRIME OU S’IL S’AGIT D’UN DÉLIT PRÉVU PAR LA LOI DU 29 JUILLET 1881 SUR LA LIBERTÉ DE PRESSE ou par les articles L. 86, L. 87, L. 91 à L. 100, L. 102 à L.104, L.106 à L.108 et L. 113 du code électoral. La prescription de l’action publique est suspendue, au profit de la victime, du dépôt de la plainte jusqu’à la réponse du procureur de la République ou, au plus tard, une fois écoulé le délai de trois mois. »

Y A-T-IL DEUX ARTICLES 85 DANS LE CODE DE PROCÉDURE PÉNALE? OU EXISTE-T-IL DEUX POIDS DEUX MESURES DANS SON APPLICATION? S’AGIRAIT-IL D’UNE MANŒUVRE DESTINÉE À M’EMPÊCHER D’ACCÉDER À LA JUSTICE, VU QUE MON DOSSIER EST D’UNE SOLIDITÉ INATTAQUABLE?
Permettez-moi donc de réitérer ma question initiale : CETTE LETTRE VIENDRAIT-ELLE DE VOUS, MONSIEUR LE DOYEN DES JUGES D’INSTRUCTION DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS?
Si c’est bien le cas, il s’agit d’un ACTE D’UNE EXCEPTIONNELLE GRAVITÉ, venant d’un OFFICIER DE JUSTICE ASSERMENTÉ. Et les conséquences de droit qui en résulteraient sont d’autant plus graves. Parce qu’au delà du DÉNI DE JUSTICE, il s’agit d’une FALSIFICATION DE LA LOI. En clair, UNE CONTREFAÇON DE LA LOI POUR PROTÉGER DES CRIMINELS DE LA CONTREFAÇON LITTÉRAIRE… ET DANS UN PAYS COMME LA FRANCE !
Serait-ce alors UNE DÉCISION POLITIQUE vu que le président NICOLAS SARKOZY, lors de sa campagne, A PROMIS UNE CHAIRE DE LITTÉRATURE À ALAIN MABANCKOU en FRANCE? Par ailleurs, je tiens à rappeler l’implication massive de monsieur OLIVIER COHEN dans les deux contrefaçons perpétrées par MABANCKOU, sous son instigation. Il en a tiré des PROFITS PERSONNELS… SERIEZ-VOUS, VOUS-MÊME, IMPLIQUÉ, À UN TITRE QUELCONQUE, DANS CETTE TÉNÉBREUSE AFFAIRE?
Si ce n’est pas le cas, monsieur le Doyen des Juges d’instruction, si ce courrier ne vient pas de vous, je vous serais reconnaissant de retrouver l’auteur de cette LETTRE QUI JURE AVEC LA LOI EN VIGUEUR EN FRANCE. J’attends donc une prompte réaction de votre part. L’OPINION PUBLIQUE VEUT SAVOIR. Même un Président de la République n’est pas au dessus de la loi. Si monsieur CHIRAC a comparu devant la justice, il n’y a aucune raison pour qu’on n’en fasse pas autant avec monsieur SARKOZY s’il est impliqué, à un titre quelconque, dans une affaire de subornation de juges. J’ai d’ailleurs remis un exemplaire dédicacé de mon livre à madame SÉGOLÈNE ROYAL, lors de son passage à l’Université de Montréal le mercredi 19 septembre 2007. J’ai avisé son conseiller de la tournure politique que prend cette affaire. Et je n’hésiterais pas à réclamer une ENQUÊTE PARLEMENTAIRE sur la question.
Cette affaire sera publique jusqu’au bout. J’y ai consacré SEPT MOIS D’ENQUÊTE et il n’y a aucune raison que le public n’en soit pas informé, au besoin. SACHEZ QUE NOUS EN AVONS ASSEZ DE CE CRASSE RACISME FRANÇAIS QUI SE DÉDOUANE EN SE SERVANT DES NÈGRES DE SERVICE POUR PERSÉCUTER D’AUTRES AFRICAINS QUI REVENDIQUENT LEUR DIGNITÉ.
S’IL LE FAUT, JE POURSUIVRAIS personnellement monsieur NICOLAS SARKOZY. Il n’est NI DIEU, NI UN DE SES PROPHÈTES. Et il ne saurait être un INTOUCHABLE. Pour reprendre son propre mot, la loi française n’est pas faite pour protéger la « RACAILLE ». Et cette « RACAILLE » N’EST PAS FORCÉMENT DES IMMIGRANTS DES BANLIEUES PARISIENNES. Il y a aussi la « RACAILLE À COL BLANC » (BLANC OU JUIF) qui méprise les plus vulnérables et se prosterne devant L’EMPIRE DE L’ARGENT.
LA CRIMINALITÉ À COL BLANC ( « WHITE COLLAR CRIME »), c’est cela la CONTREFAÇON dans le MONDE ÉDITORIAL FRANÇAIS, PROTÉGÉ PAR L’INSTITUTION JUDICIAIRE FRANÇAISE qui est PRÊTE À CHÂTIER UN ÉCRIVAIN CONTREFACTEUR, POURVU QUE LA MAISON D’ÉDITION N’Y SOIT PAS IMPLIQUÉE. ET J’AI REÇU UN COUP DE FIL M’INVITANT À LAISSER LE « SYSTÈME » TRANQUILLE ET DE ME FOCALISER SUR MABANCKOU, SI JE VEUX GAGNER LE PROCÈS. JE REFUSE CETTE HONTEUSE MASCARADE. JE REFUSE DE FAIRE PORTER LE CHAPEAU À MABANCKOU QUI N’EST QU’UN PION. CE N’EST PAS À LUI QUE J’AI ENVOYÉ MON MANUSCRIT, MAIS AU SEUIL. JE REFUSE DE ME FOCALISER SUR LE NÈGRE EN LAISSANT L’INSTIGATEUR BLANC (OU JUIF) IMPUNI. ET VOUS NE POUVEZ PAS ÉTOUFFER CETTE AFFAIRE. VOUS NE POUVEZ PAS ÉTOUFFER CETTE AFFAIRE. NON, VOUS NE LE POURREZ PAS. EN AUCUN CAS...

MOUNTAGA FANÉ KANTÉKA
JURISTE, JOURNALISTE, ÉCRIVAIN-POÈTE

Cette lettre a été postée à partir de Montréal le mardi 11 décembre 2007, en recommandé avec accusé de réception. Je prends L’OPINION PUBLIQUE à témoin sur les PRATIQUES CRAPULEUSES qui ont cours en FRANCE avec son INSTITUTION JUDICIAIRE. Un AUTEUR FRANÇAIS dans la même situation que moi a déjà saisi le HAUT COMMISSARIAT AUX DROITS DE L’HOMME DES NATIONS-UNIES À GENÈVE pour qu’il intervienne, à cause des TENTATIVES D’INTIMIDATION venant du MÊME TRIBUNAL FRANÇAIS, allant jusqu’à essayer D’EFFACER DES PREUVES dans son dossier et de falsifier ses conclusions.
J’implore les JOURNALISTES FRANÇAIS de faire honneur à leur profession, en brisant le SILENCE SUR L’INACCEPTABLE. Qu’ils ne s’imaginent surtout pas qu’ils le font pour les victimes de cette MACHINE DIABOLIQUE. Ils le font pour eux-mêmes. Parce qu’un jour, ce sera leur tour de se faire écraser par elle. TOUT HOMME QUI A LE POUVOIR EST TENTÉ D’EN ABUSER, comme le dit bien MONTESQUIEU qui préconise que ce n’est qu’en ARRÊTANT LE POUVOIR PAR LE POUVOIR, qu’on arrivera à bâtir une SOCIÉTÉ DÉMOCRATIQUE.
C’est bon l’ARGENT, mais c’est encore mieux la LIBERTÉ, parce que sans elle, on ne peut jouir de l’argent gagné au mépris de nos valeurs morales.

mardi 11 décembre 2007

LA VÉRITÉ SUR L'HISTOIRE MANDINGUE: LES AVEUX DES GRIOTS ET DE LEURS COMPLICES HISTORIENS OU ETHNOLOGUES

© Copyright 2007, Mountaga Fané Kantéka

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UN PROVERBE MANDINGUE DIT : « SI TU VEUX TERRASSER UN NÉGATEUR, IL FAUT LE TERRASSER DANS LA CENDRE ». Ceci pour dire que pour confondre publiquement un homme de mauvaise foi, il faut s’arranger à ce qu’il y ait des traces bien visibles dont personne ne pourra nier l’évidence. Il n’est pas facile d’ouvrir les yeux du monde sur un mensonge millénaire érigé en vérité. Le Sénégalais CHEIKH ANTA DIOP l’avait appris à ses dépens en publiant pour la première fois NATIONS NÈGRES ET CULTURE qui révélait l’origine nègre de la civilisation égyptienne. À l’époque, seul le Martiniquais AIMÉ CÉSAIRE avait cherché à lui trouver (en vain) des soutiens dans la France progressiste.
Quand je me trouvai — malgré moi — engagé dans cette enquête sur l’histoire mandingue, il y a une question qui revenait invariablement : « C’EST QUI TES SOURCES? » J’ai dû répondre au moins une centaine de fois à cette question, en disant que MES SOURCES SONT AFRICAINES ET MALIENNES, que c’est dans LA BOUCHE MÊME DES GRIOTS MANDINGS que je prenais mes informations. Malgré cette précision, il a fallu attendre la publication de mon livre pour mettre fin à ce sournois harcèlement. Tous ceux qui me demandaient avec malice « c’est qui tes sources? » ont disparu subitement de ma route, après avoir pris connaissance de mes révélations. Les plus grands contestataires qui me promettaient de grands débats se sont miraculeusement évanouis dans la nature. Certains ont même dû quitter Montréal précipitamment. Les plus honnêtes m’avouèrent qu’ils n’ont pas d’argumentaire contre ma démarche. Un chercheur africain (qui croyait maîtriser cette histoire) est allé jusqu’à me suggérer d’attendre 5 ans pour publier mon 2e tome afin de LAISSER LE TEMPS AUX LECTEURS DE DIGÉRER TOUTES LES INFORMATIONS contenues dans le 1er tome. Et aujourd’hui encore j’attends ce débat de fond (et non de personnes) qui ne vient pas.

VIENDRA-T-IL SEULEMENT UN JOUR CE DÉBAT DE FOND? COMMENT PEUT-ON DÉBATTRE DE QUELQUE CHOSE QU’ON NE MAÎTRISE PAS ET QU’ON NE CHERCHE PAS À CONNAÎTRE? COMMENT PEUT-ON CONTESTER UN OUVRAGE DOCUMENTÉ, S’APPUYANT SUR UNE INVESTIGATION RIGOUREUSE ET MULTIDISCIPLINAIRE, ALORS QUE L’ON NE SAIT MÊME PAS PÉNÉTRER LE SENS D’UN TEXTE ÉCRIT NOIR SUR BLANC, À FORTIORI EN FAIRE UNE ANALYSE CRITIQUE? COMMENT PEUT-ON PARLER DE SA PROPRE HISTOIRE ALORS QU’ON NE MAÎTRISE PAS SA PROPRE LANGUE? COMMENT PEUT-ON S’ABRITER DERRIÈRE LA TRADITION ORALE SANS COMPRENDRE NI LES CHANSONS DE GRIOTS NI LES CODES UTILISÉS PAR EUX?

J’abrège ces interrogations et en vient directement aux faits. Aussi bien au niveau des griots traditionalistes (qui n’ont jamais été à l’école du Blanc) qu’au niveau des historiens ou ethnologues africains qui se sont servis de ces griots pour écrire leurs versions de l’épopée mandingue, LES AVEUX SELON LESQUELS CETTE ÉPOPÉE N’EST PAS L’HISTOIRE VÉRITABLE DE L’EMPIRE DU MALI SONT LÉGION. EN DOUTEZ-VOUS? SUIVEZ-DONC CES DÉMONSTRATIONS

DJIBRIL TAMSIR ET SON « OBSCUR » GRIOT DE VILLAGE

Dès l’introduction de ’’SOUNDJATA OU L’ÉPOPÉE MANDINGUE’’ (Présence Africaine, 1960), DJIBRIL TAMSIR NIANE donne le ton et avertit d’emblée son lectorat : « il (le griot) est assermenté et n’enseigne que ce que sa ’’ corporation ’’ exige car, disent les griots : ’’ Toute science véritable doit être un secret ’’ Aussi le traditionaliste est-il maître dans l’art des périphrases, il parle avec des formules archaïques ou bien TRANSPOSE LES FAITS EN LÉGENDES AMUSANTES POUR LE PUBLIC, mais qui ont UN SENS DONT LE VULGAIRE NE SE DOUTE GUÈRE. »

Outre la mise en garde, claire et sans ambages, Djibril Tamsir Niane s’accorde même le luxe de mépriser son public qu’il qualifie de « vulgaire » et incapable de pénétrer les codes narratifs des griots. Qu’est-ce qui justifierait donc une telle arrogance chez cet historien de formation qui avoue pourtant que son récit « est plutôt l’œuvre d’un OBSCUR GRIOT du village de Djeliba Koro dans la circonscription de Siguiri en Guinée »? Monsieur Niane va jusqu’à faire tenir à cet « obscur griot » ces discours comminatoires : «... MAIS MALHEUREUX, N'ESSAIE POINT DE PERCER LE MYSTÈRE QUE LE MANDING TE CACHE; NE VA POINT DÉRANGER LES ESPRITS DANS LEUR REPOS ÉTERNEL; NE VA POINT DANS LES VILLES MORTES INTERROGER LE PASSÉ, CAR LES ESPRITS NE PARDONNENT JAMAIS: NE CHERCHE POINT À CONNAÎTRE CE QUI N'EST POINT À CONNAÎTRE. »

ON NE PEUT ALLER PLUS LOIN DANS L’AVEU. Djibril Tamsir Niane et son « obscur griot » ne se contentent pas seulement d’avertir le public que le repas qu’on va lui servir est avarié, ils le défient aussi de pouvoir y déceler les vermines qui s’y cachent, et par finir, on le menace de le châtier s’il tentait quoi que ce soit pour extirper ces vers. QUEL CULOT? PENSEZ-VOUS QU’IL Y A EU DES RÉACTIONS DE PROTESTATIONS CONTRE CET HISTORIEN?

Bien au contraire, on se prosterna devant lui en Afrique et cet ouvrage qui jure avec le bon sens fut cité comme une référence historique dans le vieux continent et enseigné dans les écoles. Mieux que cela, près d’un demi-siècle après, la plupart des textes qui apparaissent sur l’Histoire du Mali ne sont que des pâles copies de ce conte. Et c’est cela que bien de nos congénères appellent encore « notre histoire » et veulent tuer le premier « imprudent » qui se hasarderait à élever la voix contre. Sans même se douter que cette légende dorée, à laquelle ils s’accrochent avec tant d’ardeur, ne fait qu’appauvrir une histoire très riche qu’elle ampute de son étendue et de ses acteurs. Et c’est avec ce même conte consensuel qu’on a échafaudé toute ce brouhaha autour de cette mythique CONSTITUTION DE KOUROUKAN FOUGAN qui serait intervenue à la suite de la mythique « BATAILLE DE KRINA » et serait l’œuvre de « Soundjata Kéita » et de ses supposés alliés, tous des personnages de conte…

YOUSSOUF TATA CISSÉ ET LE GRAND GRIOT WÂ KAMISSOKO DE KRINA

Après le bon coup réussi haut les mains par Djibril Tamsir Niane, dans l’impunité la plus totale, ce fut le tour de l’ethnologue malien YOUSSOUF TATA CISSÉ de tenter sa chance au JACKPOT, en allant dénicher au fin fond de Krina (un lieu tout aussi historique que Djeliba Koro), un griot de grande envergure en la personne du GRAND WÂ KAMISSOKO (Wâ-Djan), paix à son âme, griot assermenté et très imbu de la culture et de l’Histoire mandingues. Ayant en prime une franchise à vous couper la gorge.
D’emblée, ce griot aussi avertit l’ethnologue : « CE QUE JE VIENS DE FAIRE ENREGISTRER LÀ EST UNE MANIÈRE DE DIRE LES CHOSES: SACHE PAR CONSÉQUENT QUE CHAQUE « MORCEAU DE LA PAROLE » A UN AUTRE SENS, UNE AUTRE SIGNIFICATION.»

Ne s’arrêtant pas à cette mise en garde, il lui expliqua les motifs de sa démarche, en y allant de sa critique virulente contre l’ignorance crasse qui s’est emparée de la mémoire mandingue : « LES VRAIS DÉPRÉDATEURS, LES PIRES FOSSOYEURS DES VALEURS DU MANDEN NE SONT PAS CEUX QUE L'ON PENSE, MAIS LES MALINKÉS EUX-MÊMES, CAR L'OUBLI DE SOI, DE SES ORIGINES, DE SES QUALITÉS ET DE SA DIGNITÉ CONDUIT AUX PIRES RENIEMENTS. C'EST CELA QUI EST MORTEL POUR UN PEUPLE, ET C'EST CELA QUE JE CRAINS LE PLUS POUR MON PEUPLE. »
Après ce rude éclaircissement, le Grand Griot de Krina y alla encore avec la savate, assénant cette vérité crue à ceux qui se prétendent « nobles » ou se revendiquent d’une ascendance aristocratique : « SI L'ON DEVAIT RÉVÉLER L'ORIGINE SECRÈTE ET LA NATURE INTIME DE CHAQUE POUVOIR, BEAUCOUP DE PERSONNES QUI SE PRENNENT POUR CE QU'ELLES SONT, VERRAIENT ALORS LA DISTANCE QUI SÉPARENT LEUR ORIGINE DES HAUTEURS OÙ ELLES SE TROUVENT PRÉSENTEMENT PLACÉES.»

Malgré ces signes avant-coureurs, l’ethnologue Cissé insista tant et si bien qu’il réussit à réunir en 1975, À BAMAKO, UN COLLOQUE autour de ce griot volubile d’une franchise désarçonnante. Et pour aggraver la situation, il y invita des sommités tel que AMADOU HAMPÂTÉ BA qui ne recule devant aucune astuce pour tirer les vers du nez de son interlocuteur. ARRIVA CE QUI DEVAIT ARRIVER EN PAREILLE CIRCONSTANCE. Non seulement ce fier griot ne se hasarda pas à dresser un portrait idyllique du passé manding, il y alla de ses critiques acerbes contre LES AUTRES GRIOTS QUI N’ARRÊTAIENT PAS DE LE HARCELER POUR QU’IL TAISE OU FALSIFIE LA PAROLE DU MANDEN. Tout en avouant qu’il ne déchirera pas le voile qui couvre le domaine du sacré, il y alla de ses déclarations sur L’ESCLAVAGE sauvage qu’on pratiquait alors au Manden et qui justifia les expéditions punitives de « Soumahoro » contre cette farouche contrée.

Sans ménagement, il indexa « Fakoli » et « Tiramakan » pour leurs pratiques esclavagistes et leurs contributions dans les ASSASSINATS POLITIQUES perpétrés par « Sonjata ». Mais la plus grande révélation, et aussi la plus subtile, c’est quand il laissa entendre aux oreilles bien aiguisées que « SONJATA » ET « FAKOLI », C’EST UNE ET MÊME PERSONNE. Se servant de son art de MAÎTRE DE LA PAROLE, il y alla d’une tournure magistrale : « Si Niani Massa Kara Kamara périt assassiné par FAKOLI qui avait poussé son épouse à le trahir, c'est parce qu'il avait refusé de suivre le chemin que lui imposait le serment prêté, et respecté les clauses de l'entente à laquelle tout le Manden avait souscrit. C'est pourquoi il est dit que MAKAN SONDYATA n'a cassé la tête de qui que ce soit, ou enchaîné quelqu'un sans raison...»
VOILÀ LE SECRET ÉVENTÉ EN DEUX PHRASES où le même personnage est désigné d’abord sous son titre de parricide (Fakoli), puis sous son titre d’usurpateur (Sondyata transformé par l’ethnologue Cissé en Soundjata dans la transcription française). Si cette astuce a échappé à ceux qui écoutent sans entendre, elle n’a pas échappé à ceux qui sont rompus dans l’investigation ou ceux qui avaient déjà une base dans la connaissance du passé manding.

Dire que « Fakoli »et « Sonjata » sont une et même personne, c’est dire avec ruse que c’est « Sonjata » ce farouche esclavagiste que lui-même a dépeint sans complaisance. Mieux que cela, c’est dire que « Sonjata » est en fait le fils de Kankouba Kantè, la sœur de « Soumahoro », que la légende présente comme la mère de « Fakoli » (qui n’est autre que « Sonjata »). Par voie de conséquence, la mythique « Sogolon Kondé » (soi-disant mère de Sonjata) se trouve automatiquement reléguée dans l’univers des personnages fictifs.

Et de fil en aiguille, en tirant toutes les conséquences, on en arrive à d’autres révélations propres à se foutre une balle dans la tête… Un véritable séisme propre à entraîner un univers mental dans le gouffre de la vérité historique. Le résultat de tout cela est que Wâ Kamissoko, ce griot d’une connaissance encyclopédique, fut sacrifié par les conservateurs des bois sacrés. On lui décocha un INFLUX MAGIQUE qui lui occasionna un CANCER DE L’OS D’ORIGINE INCONNUE. Il mourut dans la verdeur de l’âge, emportant avec lui ses autres secrets. C’est cela le Manden : le TERRORISME MYSTIQUE. La vanité de l’ethnologue Youssouf Tata Cissé en prit un rude coup qui le tracassera le reste de ses jours. Le moins que l’on puisse dire, il ne s’en est pas aussi bien tiré que Djibril Tamsir qui s’en est sorti sans mort sur la conscience.

La mort, ou plus précisément l’ASSASSINAT de Wâ Kamissoko — honneur à sa mémoire — nous a laissé en contrepartie un ouvrage, LA GRANDE GESTE DU MALI, d’une richesse inestimable en informations qui, triées et racolées une à une dans le bon sens et recoupées avec d’autres informations, aide à reconstituer totalement la mémoire occultée du Manden et sa GÉNÉALOGIE ESCAMOTÉE par les RÉVISIONNISTES et les fils renégats, et parricides, rebaptisés pour ÉCHAPPER AU JUGEMENT DE L’HISTOIRE.
Outre ces grandes révélations du Grand griot de Krina, l’ethnologue Youssouf Tata Cissé, malgré ses manipulations et ses distorsions pour des raisons familiales (sa mère est une Kèta), y est allé aussi de sa contribution. En rappelant notamment que « Tiramakan » n’est qu’une déformation de « tara Makan » (parti à la Mecque), qu’il est le même personnage que « Dan Massa Woulani » et que « Fakoli » est un titre collectif. Et aussi en avouant dans son avant-propos que : « IL FAUT NOTER DÈS MAINTENANT QUE LES LEÇONS REÇUES DE LA SORTE COMPORTENT MILLE ET UN DÉTAILS QUI NE FIGURENT PAS DANS LES RÉCITS QU'ON VA LIRE: C'EST DIRE QU'IL EXISTE UNE HISTOIRE « SECRÈTE » ET UNE HISTOIRE « SACRÉE » DU MALI QU'IL FAUDRAIT UN JOUR POUVOIR ÉCRIRE. »

C’EST DIFFICILE DE FAIRE UN AVEU PLUS GRAND QUE CELA. Quand de pareils propos tombent dans l’oreille d’un investigateur acharné, c’est comme lui dire avec un sourire en coin : « LE MEURTRIER QUE TU TRAQUES DEPUIS DES LUSTRES N’EST PAS LOIN, IL RÔDE DANS LES PARAGES. »
L’ethnologue Youssouf Tata Cissé eut cet autre mérite de mettre le doigt sur L’IMPOSTURE DE DJIBRIL TAMSIR NIANE qui s’est abrité derrière un prétendu « obscur griot » pour donner la version qui l’arrangeait, puisque DJIBRIL TAMSIR NIANE N’A JAMAIS REMIS LA RETRANSCRIPTION MALINKÉ de ce récit qu’il aurait reçu du griot, comme ce fut le cas avec Wâ Kamissoko. Quand un historien, un ethnologue ou un journaliste va recueillir un témoignage d’une telle ampleur, la moindre des choses c’est de l’enregistrer au cas où il aurait des contestations. Rien qu’à voir la structure très romancée du récit de Djibril Tamsir Niane, on se doute qu’il ne vient pas d’un griot, mais d’un homme instruit à l’école du colon.
L’ethnologue malien a eu d’autres mérites que je mentionnerai à la fin de cet article. Auparavant, je vais citer un autre griot dont la contribution est aussi capitale.

LE MILLIARDAIRE MALIEN ET LE GRIOT BINTA GAWLO MADANI

Une fois n’est pas coutume. Cette fois-ci, ce n’est ni un historien ni un ethnologue qui est allé dénicher la perle rare pour qu’il renseigne le peuple manding sur son passé occulté. Ce n’est ni plus ni moins que le milliardaire malien de l’époque (Babani Sissoko) qui est allé chercher un griot de renom, BINTA GAWLO MADANI (reconnu comme une autorité en la matière). Avec sa voix puissante qui fait regretter de ne pas être griot traditionaliste, Gawlo Madani, lui aussi fait montre d’une franchise qui confine à la brutalité. À maintes reprises, il interrompt son récit pour dire : « CE DÉTAIL AUSSI EST FAUX! IL A ÉTÉ INVENTÉ PAR LES JEUNES GRIOTS! ÇA NE S’EST PAS PASSÉ AINSI! »

Mieux que cela, Gawlo Madani est à ma connaissance le seul griot à aborder le personnage de « Sonjata », sans détours et sans complaisance, en insistant sur sa fourberie et sur le meurtre sordide perpétré sur son « camarade » (en réalité son frère) Kamandjan Kamara pour lui dérober son « Allah delhi garan », un fétiche aux vertus miraculeuses. Après que ce dernier l’ait aidé à regagner le Manden, après son exil. Il insiste aussi sur le fait que c’est « Soumahoro » qui a sanctifié Sonjata et l’a imposé aux Mandenka comme chef. Entre mille et un petit détails, Gawlo Madani, aussi Maître de la Parole que Wâ Kamissoko, profite d’un passage pour glisser discrètement que « Sonjata » est un HOMONYME de « Tiramakan ». Mieux que cela encore, il profite d’un autre passage pour nommer ainsi Sonjata : « Ah KOROMANKA BOULA FAKOLI, fils de Hadja (femme ayant fait le pèlerinage à la Mecque) ».

Et ce troublant détail est totalement passé inaperçu aux oreilles de son hôte Babani Sissoko qui, à la fin du récit, se plaignit ainsi : « POURQUOI N’AS-TU PAS MENTIONNÉ FAKOLI DANS TON RÉCIT ? » Voyez-donc un peu comment les esprits sont si conditionnés par la légende qu’ils ne pigent plus rien dès que l’on raconte le même récit d’une autre façon. Non seulement Gawlo Madani a mentionné Fakoli, il a aussi mentionné Tiramakan comme étant d’autres titres de Sonjata. Cependant, ce rusé griot se contenta de répondre à son hôte : « Tu as raison! ». Et récidivant dans sa technique de nwâra (griot traditionaliste), il répéta : « DJATA! » Puis, il marqua un court temps d’arrêt avant d’enchaîner : « FAKOLI ÉTAIT DANS L’ARMÉE DE SOUMAHORO QUI A VOULU LUI PRENDRE SON UNIQUE FEMME… C’EST AINSI QUE FAKOLI A QUITTÉ L’ARMÉE DE SOUMAHORO POUR ENTRER DANS L’ARMÉE DE DJATA » (une formule consacrée par le milieu des traditionalistes pour masquer un des plus grands secrets de cette histoire qui, s’il est révélé, ruinera à jamais le mythe de Sonjata alias Fakoli, simplement parce que les réalités du Manden ancien ne correspondent plus avec cette islamisation à outrance qui a modifié beaucoup de nos mœurs et les a diabolisées).

Malgré cet appel du pied, Babani Sissoko n’y pigea rien et insista encore sur cette question de « Fakoli ». C’est alors que Gawlo Madani s’écria : « BABA, LAISSE LA PAROLE ICI. LA PAROLE N’EST PAS BONNE. LA PAROLE MANGE. SI CELA SORT, TOUT LE MANDEN VA ÊTRE AU COURANT. LAISSE TON PETIT GAWLO VIVRE UN PEU… » Après quoi il se mit à énumérer certaines appellations de Fakoli (alias Sonjata) : HOUPI, YAYIRI, GAMAYIRI, MAKAN DJIKI, FAKOLI… Il s’étendit ensuite sur ses qualités de BOULA et ses immenses pouvoirs de SORCIER-MAGICIEN.

LES AVEUX CONTENUS DANS LA MUSIQUE MANDINGUE

« LA MÉMOIRE COLLECTIVE ÉPARPILLÉE DANS LA MUSIQUE » est le titre d’un de mes chapitres dans lequel je démontre que la mémoire mandingue est gravée dans ses chansons folkloriques et qu’AU DELÀ DE LA PAROLE DÉCLAMÉE par les griots traditionalistes, les sources les plus prolifiques se trouvent dans la PAROLE CHANTÉE par les multiples griots qui, n’étant pas nécessairement des griots assermentés, reprennent des refrains ou éloges qui viennent directement des sources originelles, sans aucune falsification, si ce n’est la maladresse de l’interprète qui chante souvent des paroles sans avoir conscience de leur portée historique ou prononce souvent mal des mots dont il ne connaît pas toujours le sens véritable.

Ce détail a d’ailleurs été soulevé par l’érudit Wâ Kamissoko qui s’attristait fort de cette perte de mémoire chez des griots eux-mêmes. Ces formules chantées, banales pour le profane, contiennent des informations d’une importance insoupçonnée. L’intérêt de la PAROLE CHANTÉE, c’est qu’elle n’est PAS SANCTIONNÉE PAR LA LOI DU SILENCE qui pèse sur les traditionalistes. Non seulement, c’est un moyen de conserver l’histoire du pays, mais c’est un moyen sûr parce qu’il n’est pas donné à n’importe qui de décoder une chanson de griot. Et les griots qui en sont informés prennent des précautions pour cela, en avalant le mot en la chantant, ou en le couvrant avec les bruits des instruments de musique. C’est une PRATIQUE CONNUE DANS LE MILIEU INITIATIQUE DU KOMO, la religion ancestrale. ON PROTÈGE L’INFORMATION PAR MILLE ASTUCES.

Pour vous en donner un exemple, je vous cite l’épopée mandingue chantée par L’ENSEMBLE INSTRUMENTAL DU MALI. Dès le tout début, le griot chef de file, élève la voix en chantant : « NIN FÖRA DJATA MIN YÉ… LE DJATA À QUI CELA FUT DÉDIÉ…», et il baisse la voix en bredouillant : « O Djata weléla Djiki Köröni… Ce Djata se faisait appeler Djiki le petit vieux ». Et pendant qu’il bredouille cette deuxième proposition, en glissant très rapidement sur les mots comme sur une peau de banane, les bruits de balafon et de tam-tam montent de volume. Si bien que j’ai écouté des dizaines de fois cette chanson sans découvrir le pot aux roses. Ce n’est qu’à un stade très avancé de mon enquête, quand j’ai découvert ce secret par d’autres voies, que je me suis rabattu derechef sur cette chanson pour en avoir la confirmation. Je pourrais multiplier les exemples à ce sujet.

Les seules chansons de l’Albinos SALIF KÈTA suffisent à faire toute la lumière sur son Ancêtre Sonjata qu’il n’a jamais arrêté de chanter. Dans sa version du DJANDJO, il le désigne sous presque tous ces noms et titres : MOULAYE TARAWÉLÉ, MAKANTAGA DJIKI, DAN MASSA WOULANI, FAKOLI, KOLI BANAMA (Fakoli-le-handicapé) etc… Salif Kèta chante aussi d ‘autres Sonjata comme Nankoman alias Nankomandjan, Kong Koman ou Waraban Koman. Il chante aussi Kaman Mori ou Kaniba Mori, le Sonjata qui a vengé son père Kamandjan Kamara, assassiné par son frère Djiki Kamara, le premier Sonjata. L’Albinos fait aussi implicitement mention des Sonjata-femmes dans la version rythmée de sa chanson MANDJOU dans laquelle il s’écrie : « MANDEN DJATA KÈMA LOU! MANDEN DJATA KÈMA LOU! LES DJATA-HOMMES DU MANDEN! LES DJATA-HOMMES DU MANDEN! »
Pour qu’il précise qu’il y a des Djata-hommes, il faut bien qu’il ait eu des Djata-femmes! Et il y a eu effectivement des Djata-Femmes... Cela fait partie des « mille et un détails » qu’évoque l’ethnologue Cissé, comme étant du domaine de cette « l’histoire secrète et sacrée du Manden qu’il va falloir pouvoir écrire un jour ».

Cette « histoire secrète et sacrée » qui figure brièvement dans le dernier chapitre de mon ouvrage et que je développe dans le 2e tome que je suis en train d’achever… J’ai d’ailleurs eu un accrochage avec Salif Kéita, en juillet 2006, lors de son passage à Montréal. Je lui avais donné un exemplaire de mon ouvrage en précisant qu’il s’agit d’une réhabilitation de Soumahoro et de l’histoire mandingue. Il jeta mon livre sur moi et essaya de me prendre de vitesse, en y allant de propos insultants sur Soumahoro. Je lui ai dit : « Sonjata, Djiki Kamara, Makantaga Djiki, c’est le fils de Soumahoro… » Il fut saisi d’une brusque immobilité. Et je me mis à lui énumérer tous les noms cachés de Sonjata et à lui dire d’autres rudes vérités que je ne citerai pas ici. Il s’est retiré dans un coin avec ses fans, puis, profitant d’un moment d’inattention, il passa à côté de moi et arracha mon livre de ma main, en me disant : « Je vais le démolir ». C’était une façon à lui de sauver la face, parce qu’il savait maintenant que je connais les dessous de leur intrigue. Et quand il est monté dans la voiture avec un Blanc, je lui ai encore jeté à la figure : « MAKANTAGA DJIKI! » Et, piqué dans son orgueil, il me répondit en criant: « OUI, MAKANTAGA DJIKI! »

Bien des mois plus tard, j’appris par une Malienne de Montréal qu’il a remis le livre à sa fille pour qu’elle le lise et le lui traduise. Et cette Malienne qui a lu et relu l’ouvrage me dit : « Il y a la vérité dans ton livre! » C’est assez encourageant car chaque Malien qui prend connaissance de cette histoire occultée est une victoire sur l’imposture. Ce n’est qu’à ce prix qu’on en viendra à bout de cette sordide légende qui divise inutilement les enfants d’un pays pour satisfaire l’égo hypertrophié de ceux qui ont usurpé l’héritage commun.

Juste après la publication de mon livre, l’un des tout premiers Maliens à venir récupérer son exemplaire chez moi est un professeur d’université et de collège (en philosophie et en histoire). J’ai fait exprès, en l’accueillant chez moi avec l’épopée de MAH KOUYATÈ dans laquelle cette griotte chante clairement que « Soundjata n’est ni le nom du père de quelqu’un, ni le nom de la mère de quelqu’un », voulant dire que ce n’est pas un nom de personne. Mah Kouyatè s’adresse aussi à lui avec ce refrain qui revient dans toutes les épopées :

Sogolonba, i bara kala ta / Connaisseur de gibier, tu as pris l’arc
Sogolonba, i bara kala ta / Connaisseur de gibier, tu as pris l’arc
Ki yara (ou yala) / Pour te promener

C’était une manière de démontrer à ce monsieur que contrairement à ce qu’affirme la légende, « Sogolon » ou « Sogolonba », loin d’être une quelconque mère de Sonjata, était au contraire un autre titre de Sonjata, un titre synonyme de « Simbo » (maître chasseur). « Sogo » signifie en malinké viande ou gibier, « lon » signifie connaissance ou savoir, « lonba » ou « lonbaka » signifie connaisseur. D’ailleurs dans une autre chanson de l’Albinos sur Sonjata (WARA), ce titre de « Sogolon » s’accompagne de deux autres titres du même ordre : Kèlèlon (connaisseur de la guerre) et Kodioukoulon (connaisseur des mauvais coups).

Après le coup avec Mah Kouyatè, je lui fis écouter la version de BAZOUMANA SISSOKO qui commence avec des formules musulmanes : « Lahi lahi lalla, seydina Mahamadara souroulaï yooo » et enchaîne avec cette formule: « Bè bi iba bolo. Mögö mana nya, bè bi iba bolo. Mögö mana tinya, bè bi iba bolo, Mousso nyalen o den tè tyen » qui signifie que le bon sort ou le mauvais sort d’un enfant dépend du comportement de sa mère qui, si elle est bonne, assure un bon avenir à son fils. Et puis multipliant paraboles sur paraboles, il finit par dire : « FAKOLI KOUMBA FAKOLI DABA… BOULA MANSA SOSSO / FAKOLI À LA GROSSE TÊTE ET FAKOLI À LA GROSSE BOUCHE, LE ROI BOULA DE SOSSO. » Puis il enchaîne avec une série de vers où il est question de MOUSSA, MOUSSA, MOUSSA, MOUSSA, LADJI KOUMBA HIDJITAKA MOUSSA.

J’interrompis la chanson et demandai à ce professeur de philosophie et d’Histoire : « Pourquoi penses-tu que dans une épopée en l’honneur de Sonjata, le griot Banzoumana parle d’abord de Fakoli et de Moussa? Il est supposé louanger Sonjata, au lieu de cela, il parle de Fakoli et de Moussa. Il faut attendre au moins 5 minutes avant qu’il ne mentionne le mot Djata. Pourquoi d’après toi? » Ce monsieur, de plus de 20 ans mon aîné, se prit la tête entre les mains et lâcha avec tristesse: « Papapapa! On écoute ces chansons tous les jours sans même faire attention. On nous a tellement conditionné avec la légende qu’on ne se pose même plus certaines questions »
Dire que ce monsieur se sentait dans ses petits souliers serait un euphémisme. Il avait la tristesse d’un homme trahi par la tradition orale. En seulement quelques minutes, sans même avoir eu le temps d’ouvrir mon livre, il était arrivé à la conclusion qu’il s’est fait berné par les griots pendant plus de 50 ans, lui qui est censé enseigner l’histoire aux autres.

J’ai eu le même échange avec le Grammy Award TOUMANI DIABATÈ (un ami personnel) en juillet dernier, un an jour pour jour après ma rencontre avec Salif Kèta, lors de son passage à Montréal pour le Festival de Jazz. Après son concert, nous sommes allés manger dans un restaurant de la place. Et pendant qu’on mangeait, je lui disais des choses en empiétant sur mon 2e tome, et à chaque information, je le renvoyai à une chanson de griot qu’il connaissait déjà. Éberlué, il me demanda : « COMMENT AS-TU FAIT POUR DÉCOUVRIR TOUT CELA EN ÉTANT ICI À MONTRÉAL? » Cela me donna l’occasion de le mettre dans certaines confidences ayant trait aux circonstances mystiques qui m’ont propulsé dans cette enquête. Il n’eût aucune peine à comprendre, étant lui-même concerné par ce genre de choses, en sa qualité de joueur de Kora, un instrument mystique. Arrivé un moment, Toumani Diabatè lui aussi se prit la tête entre les mains et me dit : « À to tan Mountaga, à to tan / Ça suffit Mountaga, ça suffit »

Il était d’autant plus ébranlé que je faisais allusion à certaines chansons reprises par lui-même et dont il ignorait le sens profond. Inutile de préciser que ce griot lui aussi avait le sentiment d’avoir été trahi par sa propre corporation… JE REMERCIE D’AILLEURS TOUMANI DIABATÉ D’AVOIR PRÉSENTÉ MON LIVRE À LA SALLE COMBLE DU SPECTRUM DE MONTRÉAL : « I ni tié, i Dièbakatè! Sira Mori Dièbakatè bonson! » Je te salue au nom de ton Ancêtre aux multiples titres : Kala Djoula Sanghoï! Dan Massa Woulanba! Dan Massa Woula Tanba! Noumoukè Dantouma! Dan Karan Toumani! Sotouma! Koli Banatan (Fakoli-le-sans-handicap)! Djamadjan Koli (Fakoli-le-Grand)! Kankè Djan! Kamandjan Kamara! », l’autre frère Fakoli, assassiné par son… FRÈRE JUMEAU… POUR LE POUVOIR!

Ah, que l’histoire du Manden est donc profonde! Dites-moi donc, qui va m’empêcher d’y aller en profondeur? Ah, qu’elle est donc saumâtre cette eau du Manden! Qui veut donc y plonger avec moi? Qui veut plonger avec moi dans cette eau saumâtre infestée de bêtes sacrées? Dites-moi donc, qui d’entre vous se rappelle être revenu de la mort? Ah, ne parle pas de l’histoire du Manden qui veut. On ne choisit pas la Parole du Manden. C’est la Parole du Manden qui choisit. Quand la Parole du Manden fait irruption dans une vie, finis la paix et le repos. Nul n’échappe à la Parole du Manden. Il y a le SOMA, il y aussi le DOMA… Écoutez-donc ce refrain du Sora BALANDOUGOU MAMOUROU du WASSOLON profond:

Dö na dö lon / Quelqu’un peut connaître une chose
Dö mo o lon / Que quelqu’un d’autre ne connaît pas
Dö na dö lon / Quelqu’un peut connaître une chose
Noumou dö na dö lon / Un Forgeron peut connaître une chose
Dö mo o lon / Qu’un autre ne connaît pas
Dö na dö lon / Quelqu’un peut connaître une chose
Soma dö na dö lon / Un soma peut connaître une chose
Dö mo o lon / Qu’un autre ne connaît pas
Dö na dö lon / Quelqu’un peut connaître une chose
Könö dö na dö lon / Un Oiseau peut connaître quelque chose
Dö mo o lon / Qu’un autre ne connaît pas

Peut-on se réclamer d’un Ancêtre qu’on ne connaît pas? Et qu’on ne reconnaît pas? Pourquoi croyez-vous qu’on continue à dire encore que « Soumahoro n’est pas mort »? Savez-vous ce que cela signifie? Savez-vous de quel Soumahoro s’agit-il? Savez-vous pourquoi?
ON PEUT DÉBATTRE SANS INSULTER. N’INSULTE PAS QUELQU’UN QUE TU NE CONNAÎS PAS. SURTOUT QUAND C’EST QUELQU’UN QUI NE PARLE NI DE TON PÈRE NI DE TA MÈRE NI DE TON ANCÊTRE . MAIS DE…
« Frère, qui m’injuries sans me connaître, frère, qui me pourfends sans avoir reçu un affront de moi, connais-toi, toi-même, avant de t’embarquer dans un marécage qui risquera de t’engloutir, parce que, frère, la vérité est parfois trop cruelle. La bouche qui s’adresse ainsi à toi, l’a appris à son grand malheur. Frère, qui te hasardes sur un document dont tu n’as pas pris connaissance, ni d’Isis ni d’Osiris ni d’Horus. Est-ce la rage ou l’arriération qui te dévore ainsi la cervelle? Le titre que tu portes sur toi, sais-tu ce qu’il signifie? Sais-tu d’où il vient? Sais-tu ce qu’il renferme? ’’ SISSÈ MAKAN KANTÈ ’’ te dit-il quelque chose? Le venin que tu as craché, du haut de ta croyance forcenée, tu sais de quoi je parle, frère, ravale-le, ton venin, ravale-le, frère, ravale-le, très vite, avant que ce cœur ne s’écoeure de ton imprudence aveugle… Frère… On ne s’attaque pas aveuglément à l’Invisible.

’’L’HOMME NE MEURT PAS, L’HOMME SE TUE ’’, a dit un jour un grand esprit. C’est son ignorance qui pousse l’Homme à l’acte suicidaire. Ne pas connaître se comprend, ne pas chercher à connaître surprend. Injurier qui a été sacrifié pour connaître et faire connaître est sacrilège de profane réprimé par la Vieille Dame Dondiankouma, cette Parole du Manden que tu prétends défendre, sans la respecter.
Et toi, l’autre frère, aussi arrogant et imprudent, sais-tu ce que signifie ’’ KONDEN ’’ ou ’’KONDEN DIARA SANKARANKA’’? Frères, connaissez-vous, vous-mêmes, avant de vous hasarder avec quelqu’un qui sait ce qu’il est et d’où il vient. »

LA RICHESSE INEXPLOITÉE DE LA TRADITION ORALE MANDINGUE

L’érudit sénégalais CHEIKH ANTA DIOP, auquel on ne peut prêter aucune mauvaise intention à l’égard de la culture ou de l’histoire africaine, a eu pourtant ces mots durs : « LA TRADITION INITIATIQUE AFRICAINE DÉGRADE LES PENSÉES QUASI SCIENTIFIQUES QU’ELLE A REÇUES À DES ÉPOQUES TRÈS ANCIENNES AU LIEU DE LES ENRICHIR AVEC LE TEMPS »
J’ai rarement rencontré une vérité aussi pure venant d’un grand défenseur de la culture africaine.

C’est une TRISTE VÉRITÉ qui explique pourquoi bien des ambassadeurs de la culture africaine sont les moins informés sur le passé africain, bien qu’ayant grandi dans un milieu très imbibé de cette culture. C’est paradoxalement cette proximité qui les éloigne de la connaissance abstraite de ces richesses qu’ils exploitent sans pouvoir les transmettre. Tout simplement parce que tout a été fait pour qu’ils ne pénètrent pas le sens profond des choses. Tout à été fait pour qu’ils ne soient que de SIMPLES CAISSES DE RÉSONANCE. Apprendre par cœur comme à l’école coranique, sans connaître forcément le sens de ce qu’on récite par cœur.

C’est une IMMENSE FRUSTRATION qui m’a été confiée par un joueur de Donso Koni (harpe des chasseurs mandings) très versé dans le milieu des soma (prêtres des bois sacrés) et des chasseurs du Manden. Il me dit en parlant des Vieux initiateurs: « Ils parlent et parlent, et tu es là assis en faisant ’’ oui, oui ’’, sans oser leur demander ’’pourquoi?’’, parce qu’ils ne tolèrent pas les questions et se contentent de te dire : ’’c’est ainsi et c’est tout’’. » Est-ce toujours par volonté de dissimulation ou est-ce parce que certains de ces vieux initiateurs n’ont pas eux-mêmes reçu ou ont oublié le sens des choses? Combien de précieux secrets ont ainsi disparu avec leurs dépositaires? Et je ne parle pas seulement de secrets historiques, mais aussi de secrets de fabrication de médicaments contre certaines maladies comme le cancer ou autres. Voilà une des raisons fondamentales de la relégation de l’Afrique à l’arrière plan de la marche du monde. LA PARCIMONIE DES DÉTENTEURS DE LA SCIENCE! « QUAND LE PASSÉ N’ÉCLAIRE PAS L’AVENIR, L’ESPRIT MARCHE DANS LES TÉNÈBRES », A DIT À JUSTE TITRE UN AUTRE BRILLANT ESPRIT.

CE QUI EST SÛR, À FORCE DE CACHER LES CHOSES, ON FINIT PAR LES PERDRE DE VUE. IL FAUT ALORS SE METTRE À CHERCHER MINUTIEUSEMENT CE QUI A ÉTÉ ÉGARÉ PAR PARCIMONIE. Et c’est tout un choc quand, au bout de plusieurs années d’enquête, on en vient à découvrir des choses qu’on n’attendait pas du tout. C’est tout simplement terrible. Les griots du Manden m’avaient fait croire que les « nobles » descendants de « Sonjata » et moi étaient des gens opposés ne pouvant même pas s’unir, pour le meilleur et pour le pire. Non seulement je découvre que ce « Sonjata » est mon Ancêtre, après avoir consacré plusieurs centaines de pages à le démolir, je réalise aussi avec ahurissement que je le défendais partiellement et involontairement sous le titre de « Soumahoro » qu’il partage avec son Père auquel je suis rattaché par la Tradition orale. Allez y comprendre quelque chose!

L’ethnologue malien, Youssouf Tata Cissé, a su aussi mettre le doigt sur l’un des problèmes fondamentaux de l’épopée mandingue : « Comme on le voit, l'étude des traditions relatives à l'histoire de l'empire du Mali ne fait que commencer; c'est seulement lorsqu'on aura fait le tour des principaux centres de traditions orales et recueilli l'essentiel du savoir des niamakala, et notamment des griots réputés pour leur science, que l'on pourra entreprendre la rédaction d'une véritable histoire de l'empire du Mali. »

C'est-là aussi un AVEU CAPITAL qui confirme que l’Histoire du Mali n’avait jamais été écrite encore. Ne pas avoir d'histoire et avoir une histoire erronée ou tronquée revient à la même chose. Raison pour laquelle la méthode la plus appropriée s’avérait être pour moi LE JOURNALISME D’INVESTIGATION, faisant appel à une MULTITUDE DE SOURCES et recourant à une DÉMARCHE MULTIDISCIPLINAIRE (LINGUISTIQUE, SOCIOLOGIE OU ETHNOLOGIE, CONNAISSANCE DE L’HISTOIRE DE L’ÉGYPTE ANCIENNE, ETC). Avoir plus de sources que toutes les sources prises séparément, déterrer les informations qu’on cache au public, et surtout révéler le SENS CACHÉ DES MOTS ET DES CHOSES, était à mon avis la seule façon de venir à bout de cette gigantesque imposture qui prend tout un peuple en otage. Et c’est cela que j’ai dû faire, malgré moi, et en mettant de côté le roman d’amour que j’étais en train d’écrire et qui a débouché mystérieusement sur cette histoire. Comme quoi certaines histoires d’amour remontent à un passé beaucoup plus éloigné qu’on ne le sait. Les amours aussi se réincarnent.

CE N’EST DONC PAS EN ENNEMI DU PEUPLE MALIEN QUE JE M’ATTAQUE À CETTE FARFELUE LÉGENDE. BIEN AU CONTRAIRE, JE PENSE QUE L’HISTOIRE VÉRITABLE DU MALI EST DE LOIN BEAUCOUP PLUS RICHE, BEAUCOUP PLUS PUISSANTE QUE CETTE LÉGENDE DÉCADENTE QU’ON NOUS OFFRE ET QUI NE SERT QU’UN GROUPE DE PARASITES QUI SE NOURRISENT DE LA MÉMOIRE D’UN PEUPLE AU DÉTRIMENT DE SES AUTRES COMPOSANTES.

Que ceux qui ne se sentent pas capables de s’atteler à cette tâche, soit parce que la légende fait leur affaire, soit parce qu’ils n’en ont pas les capacités morales ou intellectuelles, soit parce qu’ils ont peur de se faire assassiner par les conservateurs, nous laissent donc faire notre travail. Chaque génération a sa mission et son devoir. La mission et le devoir des traditionalistes étaient de sauvegarder une légende au détriment de l’histoire. Pour cela, ils ont prêté serment de taire certaines vérités, en vivant aux dépens de leurs hôtes dont ils embellissent le passé. Et c’est parce qu’ils ont prêté serment qu’on les assassine dès qu’ils s’écartent du serment prêté.

Notre mission et notre devoir à nous est de restituer cette mémoire occultée. Nous n’avons prêté serment devant aucune corporation. Nous ne vivons pas non plus aux dépens d’hôtes envers qui nous devons nous sentir obligés. On ne nous a pas non plus confié de secrets qu’il faut préserver au prix de notre vie. Nous ne devons nos connaissances qu’à notre abnégation et aussi à notre prédisposition. Et tous les éléments existent dans les cultures maliennes pour réussir cette mission. Seulement, quand on veut se réclamer patriote et qu’on ne comprend même pas sa propre langue, il y a un sérieux problème.

MOUNTAGA FANÉ KANTÉKA

lundi 3 décembre 2007

LA CONFISCATION DE L'HISTOIRE MANDINGUE / LA VÉRITÉ SUR LE MYTHE DE SONJATA KÈTA

© Copyright 2007, Mountaga Fané Kantéka
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Beaucoup d’Africains qui font l’effort de s’intéresser à la version occultée de leur histoire commettent presque toujours la même erreur : croire que c’est seulement le Blanc qui falsifie l’histoire de l’Afrique. Il n’en est rien. La falsification de l’histoire africaine est aussi un phénomène endogène, impliquant certaines couches sociales désireuses d’écrire l’histoire à leur convenance, dans un but idéologique et en fonction des réalités dominantes du moment.
Il en est de même avec la légende de SONJATA (et non SOUNDJATA) KÈTA (et non KÉITA), un personnage mythique qui sert de référence à une couche de la société mandingue pour revendiquer un héritage historique qui les rehausse au détriment des autres. Telle que connue et enseignée un peu partout dans le monde, l’épopée mandingue constitue l’UNE DES PLUS GRANDES IMPOSTURES de l’histoire humaine. Du nom de ses protagonistes à l’étendue temporelle, tout y est imposture. On a pris l’histoire de plusieurs générations de règnes qu’on a fondues en une seule avec deux héros, dont l’un, Soumahoro, symbolisant le Vilain, aurait été vaincu par le Bon, Sonjata, dans une mythique bataille appelée « Bataille de Krina »…

QU’EN EST-IL DANS LA RÉALITE? QUE RESTE-T-IL DU MYTHE DE SONJATA QUAND ON DELAISSE LA LÉGENDE POUR PARLER D’HISTOIRE ? Rien, absolument. Il faut d’abord savoir que Sonjata n’est pas un nom ou prénom d’une personne. C’est un TITRE COLLECTIF signifiant « lion-voleur » qui a été porté par une multitude de personnes dont des femmes. Pourquoi ce titre de « lion-voleur » ?
Pour symboliser l’USURPATION DE L’HERITAGE par un fils au détriment des autres cohéritiers d’où l’autre titre de Kèta qui signifie littéralement « prendre l’héritage ». Dans la langue malinké, l’héritage, c’est '' kè '' , et le verbe « prendre », c’est '' ka ta'' . Donc, ''Sonjata Kèta '' signifie littéralement « LION-VOLEUR-USURPATEUR-D’HERITAGE »...

Les surprises ne s’arrêtent pas là ! Il faut aussi savoir que les mêmes protagonistes qui ont porté ce titre collectif de Sonjata Kèta (« lion-voleur-usurpateur-d’héritage ») l’ont porté simultanément avec d’autres titres collectifs comme FAKOLI (qui est un titre de parricide,
« celui qui a mis son père en échec») et TIRAMAKAN (qui est une déformation de tara Makan , celui qui est parti à la Mecque) ou de TOURA MAKAN (qui veut dire « Roi Taureau »), etc.
Cela veut dire que les personnages Fakoli et Tiramakan , présentés par la légende comme des compagnons de Sonjata, sont en réalité des PERSONNAGES FICTIFS puisque les titres de Sonjata, Fakoli et Tiramakan ont été portés simultanément par une même personne (suivie d’autres qui portèrent les mêmes titres collectifs). D’où cette appellation « d’HOMMES AUX MULTIPLES NOMS » ou titres…
Et vous n’avez pas fini encore avec les surprises. Le premier Sonjata alias Fakoli alias Tiramakan a aussi porté le titre de Soumahoro, hérité de son père et de son oncle, titre de roi-prêtre hérité de l’Égypte pharaonique … Soumahoro n’est donc pas non plus le nom d’une personne, mais un titre qui a été porté par au moins trois personnes dont le fils Sonjata. Tarawélé (un titre en rapport notamment avec le feu) fut porté par l’oncle
Soumahoro qui se faisait appeler Fara Körö Makan Kègni (voulant dire « Beau Roi de sous le rocher »), désigné à tort par la légende comme étant le père biologique du premier Sonjata.

Toute l’épopée mandingue se passe dans la même famille, avec beaucoup de trahisons et d’assassinats entre parents de même sang qui ne se mariaient qu’entre eux-mêmes, comme en Égypte pharaonique. Kantè et Konatè ne sont aussi que des titres avec des significations politique et religieuse. Le dénominateur commun des protagonistes de l’histoire mandingue est KAMARA.
Le premier Sonjata s’appelle en réalité DJIKI KAMARA, alias MAKANTAGA DJIKI (Djiki qui est parti à la Mecque). Ce même Djiki a d’autres noms civils comme MOULAYE ou MOUSSA. Il est encore adoré comme un Dieu par le Kömö, la religion ancestrale du Mali. Dans ce milieu, on préfère le désigner sous ses titres de Fakoli, de Tiramakan ou de Soumahoro.

Il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas dans l’histoire mandingue qui regorge de secrets farouchement gardés par les dépositaires des bois sacrés… Les griots traditionalistes eux-mêmes sont tributaires des soma (prêtres des bois sacrés) qui sont les vrais dépositaires de l’histoire mandingue…
Bref, c’est pour vous dire que chaque fois qu’un historien, prétendu expert de l’histoire mandingue, aborde cette histoire en mentionnant les titre de Sonjata, de Fakoli ou de Tiramakan, éloignez-vous de lui. Il ne vous parle pas d’histoire, mais de légende. Il vous parle de conte. Cette histoire de « Bataille de Krina » ayant opposé Soumahoro à Sonjata, ne veut absolument rien dire si l’on ne précise pas quel Sonjata a combattu quel Soumahoro, puisque, comme je l'ai mentionné, le premier Sonjata a porté aussi le titre de Soumahoro et a assassiné son propre frère (KAMANDJAN KAMARA) pour rester seul au pouvoir. Et le fils de ce malheureux frère a déclenché une guerre sans merci contre lui. Et ce fils vengeur, KAMAN MORY ou KANIBA MORY, fut aussi appelé Sonjata. Son cousin NAN KOMAN, NAN KOMANDJAN alias KONG KOMAN ou WARABAN KOMAN fut aussi un Sonjata. Et après ce cousin, il y a eu d’autres Sonjata comme DJIBRIL (alias DIBI ou DJIBI), NAN SEYAN et DJÉDJAN, etc, tous de la même lignée… Et tous des Forgerons qui furent rebaptisés BOULA ou BILA (une notion renfermant beaucoup d’ambiguités). Toute l’histoire du Manden est une histoire de Forgerons… Oui, une histoire de Forgerons...

Ajoutons à cela qu’il y a eu un ESCLAVE AFFRANCHI ( HÖRON) qui a porté ce titre de Sonjata
Quand on parle de la CONSTITUTION DE KOUROUGAN FOUGAN, en l’attribuant à Sonjata, sans préciser quel Sonjata, il y a de graves problèmes. Sans compter qu’il y a beaucoup de REVISIONNISME dans cette mythique constitution, comme par exemple cette histoire de division de la société en 33 clans qui serait l’œuvre de Sonjata. C’EST FAUX ET ARCHI-FAUX. Les 33 CLANS ont existé à la naissance du Manden qui fut bâti autour de 33 clans de braves guerriers qu’on appelait nwana. Et bien avant la naissance du premier Sonjata.

On continue à multiplier les FAUX DEBATS en ressassant les mêmes légendes, faisant appel à des « HISTORIENS » QUI SONT ISSUS DE LA LIGNEE DES FILS QUI ONT COUPÉ AVEC LA GÉNÉALOGIE DE LEURS PÈRES (LES DEUX FRÈRES SOUMAHORO, BROULAYE ET NIANI MAMOUROU KOROBA, L’ANCIEN, ALIAS NIANI MASSA KARA KAMARA, CO-FONDATEURS DE L’EMPIRE MANDING).

Cela s’appelle la CONFISCATION. LA CONFISCATION DE L’HISTOIRE D’UN PEUPLE AU PROFIT D’UN GROUPE QUI VEUT S’ATTRIBUER DES BÉNÉFICES POLITIQUES ET SOCIAUX AVEC LA COMPLICITÉ DE GRIOTS CORROMPUS.

Mais le temps des griots ayant signé des pactes d’allégeances avec le « serment d’enseigner ce qu’il faut enseigner et taire ce qu’il faut taire » est révolu. Le temps des menaces de mort quant à la révélation de la vérité historique l’est aussi. Maintenant, c’est l’heure de la vérité historique. Et personne ne va plus tuer personne pour cela. Maintenant, je m’adresse aux initiés des bois sacrés :
« Vous le savez, l’histoire du Manden est inséparable de l’exil. Le Manden sort de l’exil. Le Manden est un perpétuel exil. Vous le savez, au Manden, le pouvoir vient de l’exil. Vous le savez, au Manden, la Vérité vient de l’exil. Vous le savez, le Manden se renouvelle à partir de l’exil. Cette Parole s’adresse à vous à partir de l’exil :
Djiki Kamara, N’Fa Djiki, Makantaga Djiki, Hidjitaka Moussa, Noumoukè Moussa, N’Fa Moussa, Moulaye Tarawélé, l’Héritier aux multiples noms et aux multiples titres, le Magicien aux multiples réincarnations, le Dieu du Komo, ne veut plus qu’on l’appelle Sonjata ou Fakoli ou Tiramakan. Il veut qu’on le désigne sous ses noms civils. Il ne veut plus être confondu avec les autres Sonjata, Fakoli ou Tiramakan. Il est fâché, très fâché. Et vous savez ce qu’il fait quand il se fâche… Vous le savez aussi bien que moi.
Djiki Kamara, N’Fa Djiki, Makantaga Djiki, Hidjitaka Moussa, Noumoukè Moussa, N’Fa Moussa, Moulaye Tarawélé, l’Ancêtre du Boula ou Bila, l’Héritier-Usurpateur du Manden, le brevéteur des körötè (poisons magiques), veut se faire entendre. Il ne veut plus être l’otage de personne. Il ne veut plus qu’on se serve de lui pour piétiner ses frères. Il l’a fait lui et en souffre encore…
Djiki Kamara, N’Fa Djiki, Makantaga Djiki, Hidjitaka Moussa, Noumoukè Moussa, N’Fa Moussa, Moulaye Tarawélé, est fatigué et veut dormir. Il veut couper avec ce cycle des vies et des morts, pour expier ses crimes. Il veut rester au ciel et n’avoir plus à revenir en Vautour écoeuré, planant et planant sans cesse sur le Manden en quête de rédemption.
N’Fa Djiki, le Père Djiki, le petit vieux, n’en peut plus avec vos mensonges. Cessez de vous amuser avec la Parole du Manden. Cessez de vous amuser avec les Parents de N’Fa Djiki que vous voulez rabaisser pour le rehausser. Il n’en a que faire de vos flagorneries. Le fardeau qui pèse sur la tête du Père Djiki est plus lourd à porter que le monde. Il veut s’en décharger… Ne l’appelez plus Sonjata, Fakoli ou Tiramakan… Il veut être désigné par ses noms civils et expier ses crimes commis contre le Père, le Frère et ses sujets… »

ET JE VOUDRAIS MAINTENANT M’ADRESSER À UN HOMME EN PARTICULIER : MAMADOU KONOBA KÈTA :
« Monsieur Kèta, ce livre (Odyssées noires / Amours et mémoire d’Outre-monde / La main de Soumahoro et la mort d’un mythe) qui vous a été confié ne l’a pas été pour qu’il dorme à la Bibliothèque nationale. Il l’a été pour être porté à la connaissance des Maliens, qu’ils sachent qu’il y a un livre écrit par un Malien et sur l’histoire des Maliens, qui se démarque totalement de la légende fabriquée par et pour les Kèta. Un livre qui comporte les noms cachés et les messages des Ancêtres du Manden, leurs remords et leurs confessions.
« Vous ne pouvez mettre le pied sur ce livre. Vous ne pouvez empêcher la révélation de ces vérités qui émergent de l’oubli. Vous ne pouvez prendre la mémoire du Manden en otage. Et quand vous organisez en catimini des conférences sur les thèmes de ce livre, sans impliquer la main qui a servi d’instrument à la révélation de ces vérités, en voulant couper la poire en deux et infliger des demi-vérités à l’opinion publique malienne, vous commettez une grave imprudence. Cela va se retourner contre vous et tous ceux qui sont impliqués dans cette mascarade. La Parole du Manden n’accepte pas la demi-mesure. C’est une Femme très jalouse qui ne supporte pas le partage. Beaucoup de griots ont trépassé pour cela au Manden.
« Les Maliens au sens large, incluant Guinéens, Sénégalais, Gambiens et tous ceux qui sont concernés par cette histoire, doivent savoir la vérité sur ce passé avec lequel on ne cesse de rabattre leurs oreilles en alimentant leur faim et leur soif de connaissance.
« Le livre que vous avez entre les mains, portez-le à la connaissance de monsieur MOUSSA BABA COULIBALY DE L’ORTM qu’il le porte à la connaissance du public malien. Ce livre n’a pas été écrit à l’intention d’Occidentaux pour qu’ils viennent enseigner aux Maliens leur propre histoire.
« Apportez-donc ce livre à MOUSSA BABA COULIBALY en lui spécifiant bien que lui non plus ne peut mettre le pied sur ce livre. On ne peut s’amuser avec ce livre qui s’est écrit tout seul en se servant de son auteur… Portez-le à la connaissance du public malien. Ainsi le veut Makantaga Djiki. Ainsi le veulent ses Deux Pères et Oncles. Ainsi le veut sa Mère-Tante. On ne peut s’amuser avec la Parole du Manden… La Parole du Manden est dangereuse… Elle mange… Elle mange quand Elle est mal dite… Elle mange quand Elle est tronquée… Elle mange quand Elle est étouffée… Elle est là aujourd’hui pour être dite, sans paraboles, sans allégories, sans détours, sans inversions ou interversions… Elle ne veut pas qu’on ait honte d’Elle… Si vous n’avez pas honte de la Parole de la Bible, si vous n’avez pas honte de la Parole du Coran, si vous n’avez pas honte de la Parole de l’Égypte pharaonique, pourquoi avoir honte de la Parole du Manden ? Quels incestes il y a eus au Manden qu’on ne retrouve pas dans ces Écritures Saintes ?
Je ne reviendrai plus sur ce sujet… »

Mountaga Fané Kantéka, juriste, écrivain-poète et journaliste d'investigation
Odyssées noires / Amours et mémoire d’Outre-monde /
La main de Soumahoro et la mort d’un mythe