dimanche 29 avril 2012

** MALI : DÉRIVE DÉMOCRATIQUE AU NIVEAU DES MASSES POPULAIRES



En proie à un modèle démocratique transplanté, jurant avec ses réalités culturelles, pris en otage par une classe de démocrates compradors, leurs héritiers ainsi que leurs partenaires occidentaux qui le sucent de toute sa moelle, le Navire du Mali, après DEUX DÉCENNIES D’ERRANCE DÉMOCRATIQUE, amorce une zone de turbulence dont l’issue augure du pire désenchantement. Le récent COUP D’ETAT signe avant-coureur est l’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT.
Aussi affectée que ses instances dirigeantes par le poison démocratique inoculé de force par les institutions de Breton Wood, la POPULATION malienne baigne dans un ÉTAT DE DÉLABREMENT MENTAL, à l’image du DÉSORDRE et de l’INSALUBRITE dans lesquels elle patauge. Notamment en période d’hivernage quand des familles déversent leurs ORDURES MÉNAGÈRES dans l’eau qui s’écoule dans la rue ou quand elles ouvrent leurs FOSSES SEPTIQUES dont le liquide insalubre vient se mêler aux eaux de pluie, charriant un MAGMA DE DÉCHETS venant s’entasser devant les DEMEURES D’AUTRUI.
Cet INCIVISME CARACTÉRISÉ, fruit d’un ÉGOÏSME DÉVASTATEUR, dont l’explosion fut favorisée par le laxisme engendré par l’expression « démocratique », trouve d’autres ILLUSTRATIONS dans le quotidien.


VICTIMES CONSENTANTES ET BOURREAUX

Quand on dit que LES PEUPLES MÉRITENT LEURS DIRIGEANTS, c’est encore plus vrai dans un système se voulant « démocratique », surtout dans une DÉMOCRATIE DÉVOYÉE. Cette douloureuse réalité se vérifie tous les jours au Mali avec les masses populaires qui participent activement au NAUFRAGE DÉMOCRATIQUE, à la fois comme victimes consentantes et comme bourreaux, à l’instar des dominants. 

Dominée et réduite dans l’exercice de son DROIT DE VOTE à «  CHOISIR PARMI DES OPPRESSEURS », pour reprendre CLAUDE AKE,  une bonne partie des MASSES URBAINES semble bien s’accommoder de la TRAGI-COMIQUE mascarade démocratique qui mine le pays, cherchant tant bien que mal à en tirer PROFIT. Poussée par la nécessité, elle  monnaie volontiers son suffrage, en échange des miettes qu’on lui offre. 

À travers le PRISME que lui offre la classe des démocrates compradors, cette MASSE ÉLECTORALE, se comptant parmi une JEUNESSE OISIVE et SOUS-ÉDUQUÉE,  interprète la « démocratie » comme un moyen de faire de l’ARGENT FACILE et RAPIDE, notamment en période électorale qu’elle attend comme une véritable AUBAINE. Et aussi en temps normal où certains profitent d’un BUDGET PARASITE, conçu pour eux par leurs corrupteurs compradors. À ceux-là s’ajoutent les ABONNÉS AUX SUBVENTIONS et autres PARASITES SOCIAUX.

Pour cette MASSE GROUILLANTE et IMPRODUCTIVE,  la « démocratie » est perçue comme la LIBERTÉ désormais acquise de faire et de dire n’importe quoi, SANS AUCUNE OBLIGATION d’en rendre compte. L’occasion toute trouvée de donner libre cours à sa CAPACITÉ DE NUISANCE, voulant imposer aux autres sa loi. Une véritable BOMBE À RETARDEMENT.

CHÔMEURS RÉSIGNÉS, vaincus par la vie, cultivant le VICE, faisant fi de tout sentiment de HONTE ou d’ALTRUISME, ces jeunes passent leurs journées et soirées à prendre du thé, entassés devant les domiciles d’autrui, en perturbant de leur VACARME leurs occupants qui, à l’occasion, sont l’objet de jets de pierres ou de cambriolage. Ils sont sourds à toutes formes de protestations et l’on ne peut leur échapper, même en s’enfermant chez soi. Pour cette catégorie sociale, la « démocratie » se ramène uniquement à des DROITS : le droit d’empiéter sur le droit d’autrui, le droit de s’accaparer le bien d’autrui, le droit d’envahir l’espace vital de son voisin, le droit d’agresser physiquement ou moralement autrui, le droit de perturber l’ordre public, le droit d’entraver la circulation routière,  le droit de s’opposer aux autorités familiales ou publiques. En somme l’ANARCHIE et l’IRRESPONSABILITÉ. Encouragés en cela par le SILENCE COMPLAISANT et COMPLICE de leurs PARENTS qui, MUSULMANS AFFICHÉS, oublient volontiers qu’ils sont aussi comptables de pareils comportements que l’ISLAM même dont ils se réclament condamne par l’ENFER.
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LA DESTRUCTION DE LA FAMILLE

Ces tristes réalités découlent elles-mêmes de la faillite de la structure familiale qui est un LABORATOIRE DE CHOIX pour évaluer les PÉRILS que fait encourir la « démocratie » à la société malienne. Le pouvoir de l’argent auquel le vent « démocratique » a assujetti la population, a détruit à la fois le LIEN DE SANG et le RAPPORT HIÉRARCHIQUE au sein de la famille. Mettant rudement à l’épreuve le DROIT D’AÎNESSE sur lequel repose cette société.

Le pouvoir de corruption des politicards s’est infiltré dans le tissu familial en y phagocytant toute NOTION DU SACRÉ,  inversant les RÔLES, faisant du cadet l’aîné, du fils le père, et de l’épouse le mari. Pourvu que les privilégiés soient du bon bord. L’APPARTENANCE POLITIQUE a pris le dessus sur le LIEN DE PARENTÉ. On est prêt aujourd’hui à sacrifier son frère, sa sœur, son oncle, etc., pour les besoins du parti ou du Président. Le partisan ou le thuriféraire n’a de famille que celle de son parti politique ou celle du Président de la République qui est son véritable père. Et la bonne mère de famille n’hésite pas à vilipender son fils qu’elle a enfanté dans la douleur, pour s’être attaqué au Président.

Amorcée sous « l’homme de culture » Alpha Oumar Konaré, cette PERVERSION SOCIOCULTURELLE a connu son perfectionnement avec le militaire ATT  dont tout l’art se résumait à corrompre tout le monde, avec les moyens appropriés, facilitant tantôt l’octroi d’un logement social, tantôt des subventions ou des marchés, tantôt du boulot avec un salaire mirobolant. Mieux que quiconque, il a compris que chaque Malien a son prix. Excellant surtout dans l’art de rehausser les plus médiocres au détriment des plus méritants, il ne se sentait bien qu’avec les NATURES FAIBLES ou les CANCRES, soudoyant les REBUTS de la famille pour qu’ils lui servent de REMPARTS contre les contestataires. Ainsi, dans son métier de JOURNALISTE, on en venait à être ENTRAVÉ dans son droit de critique ou d’analyse par des membres de sa propre famille, au motif qu’on est « aigri » ou « jaloux » des autres qui profitent des avantages du régime. Et malheur à toi aussi, si tu refusais une MALVEILLANTE PROPOSITION venant de ce même régime. Ce REFUS étant perçu comme un AFFRONT au Président ou à la famille, et malicieusement qualifié de « FOLIE ».

Voilà comment au Mali, la « DÉMOCRATIE » a réussi le TOUR DE FORCE de dévoyer les notions mêmes de  « RESPECT » ou de « MALÉDICTION » au sein de la famille. Le « respect » se méritant désormais en se PROSTITUANT politiquement pour en faire bénéficier la famille. Et la « malédiction » consistant à se tenir loin de ce LUPANAR.  Les égreneurs de chapelet eux-mêmes n’y échappant pas souvent…

À suivre

Mountaga Fané Kantéka

samedi 21 avril 2012

LE MALI, VICTIME DU POISON DÉMOCRATIQUE




Si l’impérialisme occidental voulait détruire les nouveaux États africains, il a en partie réussi son coup. Grâce au poison très efficace qu’est la « démocratie ». Un concept aussi abstrait que flou qui, au lieu de favoriser l’égalité ou le mérite, n’a fait qu’accentuer la division et la corruption dans des sociétés déjà gangrénées par des clivages ethniques ou de castes. Pour m’en limiter au Mali, beaucoup de mes compatriotes s’accordent pour dire que la « démocratie » a carrément tué ce pays, en y consacrant la MORT DE TOUTE FORME D’AUTORITÉ, favorisant l’effritement du tissu social et brouillant les repères grâce auxquels fonctionnait cette société. Et surtout, en y instaurant une AUTRE FORME DE DICTATURE : celle du GAIN MAL ACQUIS.
On assiste à l’émergence d’un OSTENTATOIRE EGOÏSME, aussi féroce que destructeur. Si bien que le VÉRITABLE DANGER qui guette le Mali n’est pas la menace de partition brandie par les rebelles touaregs ou l’intégrisme brandi par les islamistes, mais celle d’une EXPLOSION SOCIALE pouvant prendre des formes variées, toutes aussi tragiques.


LES RAVAGES D’UNE DÉMOCRATIE COCA-COLA


Comme le rappelait NYERERE, la démocratie doit se faire conformément à l’histoire, à la culture et au niveau de développement d’un pays et ne peut se concevoir « comme une BOUTEILLE DE COCA-COLA que chacun est obligé de boire. » En fait de bouteille de coca-cola, il aurait dû parler de CIGÜE, ce poison que le philosophe grec Socrate fut condamné à boire pour succomber. C’est cela qui est arrivé au Mali, face aux diktats des institutions de Bretton Woods, faisant de la « démocratie », présentée comme la voie toute indiquée pour le « développement », une condition pour leur aide financière. Et depuis, ce pays a amorcé une pente dangereuse, au point que certains en arrivent à regretter le temps de la dictature militaire du Général Moussa Traoré qui, à l’époque, avait justement pressenti en cette démocratie imposée une « CAMISOLE DE FORCE » que le Mali n’était pas prêt à porter.

Le problème réside en réalité au niveau de la FORME que cette « démocratie » a prise chez nous. Au lieu d’une « démocratie sociale » qui aurait véritablement soulagé les populations, on s’est retrouvé parachuté, sans aucune préparation, dans l’une des PIRES FORMES DE GOUVERNANCE. Un succédané de « démocratie libérale » ou DÉMOCRATIE DE MARCHÉ s’inspirant du LIBÉRALISME SAUVAGE qui fait tant de ravage dans certains pays occidentaux, pourtant culturellement  mieux aguerris que nous sur la question. Et le DOGME s’est très vite enraciné chez nous que c’est cela LA « DÉMOCRATIE », dans le meilleur des mondes. La panacée !

Mal inspirés ou opportunistes, nos intellos, naguère zélateurs du parti unique UDPM, ont tôt fait de tourner casaque, adoptant des procédures et des institutions (des coquilles vides) et des mœurs nouvelles pour faire avaler aux populations cette dangereuse mixture. Avec à la clé une FLORAISON DE PARTIS POLITIQUES en proie à l’ERRANCE IDÉOLOGIQUE, n’ayant comme seul objectif que la prise du pouvoir pour accéder aux richesses nationales. D’où des formations à base régionaliste, avec la rapide émergence d’une BOURGEOISIE COMPRADORE faite de nouveaux riches qui ont saigné le pays à blanc, notamment par le truchement des privatisations massives des entreprises publiques, l’attribution de marchés de gré à gré, la spéculation foncière, etc.. Le DÉTOURNEMENT DES RICHESSES NATIONALES se faisant avec la complicité de leurs PARTENAIRES OCCIDENTAUX, prêts à tout pour CAUTIONNER ces FORFAITURES à travers leurs médias, fermant les yeux sur les FRAUDES ÉLECTORALES MASSIVES. Ainsi, l’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, ayant servi d’objet de chantage pour l’instauration de la « démocratie », retourne en partie dans les pays occidentaux, par le truchement de cette IMPOSTURE.

LES FILS À PAPA DE LA DEUXIÈME GÉNÉRATION

Après avoir été victime des gabegies de la première vague, le Mali ploie maintenant sous le poids d’une nouvelle génération de « démocrates » compradors, plus résolus que jamais à faire mieux que leurs pères dans le banditisme politique et l’enrichissement illicite, via le démantèlement du patrimoine national. Ayant grimpé l’échelle sociale avec le nom, le réseau et les ressources de leurs pères retraités, ils veulent en imposer aux autres, brandissant souvent des titres fictifs prétendument obtenus en Occident. Au fond, leur devise est la suivante : « J’ai préséance sur les autres, du fait de l’héritage politique de mon père. » Pour ne pas dire : « Mon mérite est que mon père a su mieux se prostituer que vos pères. » ou « Je sais mieux me vendre que vous ne pouvez le faire ».

Ils savent effectivement bien se vendre, puisqu’ils ont compris qu’il faut passer par des BLANCS et leurs réseaux pour s’imposer dans son propre pays. Pour cela, ils accepteraient volontiers de devenir FRANCS-MAÇONS ou autres sectaires, pourvu que cela les mène au sommet…

À suivre

Mountaga Fané Kantéka







jeudi 12 avril 2012

TROUBLES AU MALI : INTERVIEW DE MF KANTEKA AVEC LE QUOTIDIEN ALGERIEN '' La Nouvelle République''


Entretien : Mountaga Fané Kantéka à La Nouvelle République : ««Il y a eu une campagne de désinformation sur le coup d’Etat militaire au Mali»

Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 11 avril 2012
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Face à la nouvelle crise malienne, et la précipitation vertigineuse des événements, plusieurs questions taraudent les esprits sur ce nouveau conflit et ses enjeux. Coup du sort, le Mali fait l’objet déjà de toutes sortes de supputations. D’une part, des médias qui nous ont habitués à leur rôle propagandiste, et d’autre part, un Occident prédateur aux visées hégémoniques. Au cœur de cette équation, d’autres protagonistes participent à cette nouvelle tragédie africaine. Cela dit, le peuple malien va-t-il se laisser emporter par cette déferlante vague qui a déjà emporté le peuple libyen ? Va-t-il lutter pour préserver son pays du chaos ? Afin de répondre à ces questions, La Nouvelle République a pris attache avec l’écrivain, poète et journaliste malien, Mountaga Fané Kanteka, qui se trouve actuellement à Bamako.
LA NR/ Au vu des informations véhiculées par les médias occidentaux, c’est l’apocalypse au Mali. D’une part, comment peut-on décrire la situation qui prévaut actuellement ? ET d’autre part, quelle a été la réaction du peuple malien vis-à-vis de ce coup d’Etat ?
Comme je l’avais mentionné dans un article, il y a eu toute une campagne de désinformation autour des putschistes sur le WEB et sur des médias occidentaux comme RFI, FRANCE 24 ou LA VOIX DE L’AMERIQUE, faisant croire que c’était l’apocalypse au Mali, alors que dans la réalité, ce n’était guère le cas. A Bamako, la chute d’ATT a été plutôt bien accueillie en général, que ce soit par satisfaction, par soulagement ou par fatalisme. Le front de partis politiques protestant contre le putsch a été largement contrebalancé par le Mouvement Populaire 22 MARS, soutenant les putschistes et bien plus représentatif de la population.
LA NR/Quelles seraient d’après-vous les motivations profondes de ces putschistes ?
Les motivations des putschistes sont certainement multiples et traduisent un ras-le-bol général face au laxisme entretenu par le régime ATT. Mais le massacre des soldats maliens à Aguelhoc y est pour beaucoup. Les circonstances nébuleuses qui entourent cette funeste tragédie ont servi vraisemblablement de catalyseur à ce coup de force.
LA NR/ Ce coup d’Etat pourrait-il constituer un alibi pour une intervention militaire étrangère ?
La CEDEAO, par la voix du président béninois Yayi Boni, avait menacé d’une intervention militaire contre les jeunes putschistes. Heureusement que nous n’en sommes pas venus là, sans quoi c’aurait créé un précédent fâcheux confirmant la servitude des pays africains vis-à-vis des diktats occidentaux qui transitent par des organisations sous-régionales comme la CEDEAO.
LA NR/D’après-vous, les militaires qui ont pris le pouvoir ont-ils les moyens de contrôler la situation sécuritaire sans subir d’influence de récupération par l’Occident ?
Les événements récents nous ont malheureusement démontré que les militaires maliens n’ont pas pu résister à la très forte pression occidentale. Et c’est bien dommage, parce qu’ils avaient une occasion toute rêvée d’assainir ce pays, gangréné par une corruption innommable, et d’y insuffler du sang neuf. Cela prouve que ne nous sommes pas des Etats souverains et que nous sommes toujours à la merci de l’Occident qui n’a que faire de nos préoccupations.
LA NR/Dans un passé récent, on s’est également posé la question si ces putschistes avaient les moyens nécessaires pour contenir la révolte des touaregs et éviter le démembrement du Mali. Or, vue la situation actuelle, on est désenchanté. Sur qui faudrait-il compter pour sauver le Mali de cette guerre civile ?
Quoiqu’il en soit, ce n’est pas seulement sur les militaires qu’il faut compter pour contenir cette invasion de bandits touaregs et islamistes. Mais sur toute la population malienne. Et croyez-moi, ces bandits touaregs et islamistes se sont fourrés dans un guêpier dont ils auront du mal à se tirer. Ils sont très minoritaires au Nord du pays et ce ne sont pas leur arsenal militaire qui pourra venir à bout du peuple malien. Passés les premiers moments de surprise et de débandade, la riposte s’organisera contre eux pour les bouter dehors ou les écraser comme des insectes. L’Histoire se répète, et l’Histoire démontre que les Touaregs, mus par des forces et des sentiments obscurs, ne sont jamais arrivés à prendre le dessus sur le peuple malien. Et comment le pourront-ils d’ailleurs ?
S’ils sont intelligents, ils devront sauter sur la perche tendue par la CEDEAO pour une éventuelle négociation, à supposer que leurs revendications soient négociables. Parce que l’intégrité territoriale, ce n’est pas négociable. Et comme je l’ai rappelé dans un récent article, aucune réalité sociologique ou historique n’autorise des rebelles touaregs à revendiquer une quelconque indépendance au Mali. Si toutes les composantes ethniques du Mali devaient agir comme eux, ce pays serait une mosaïque de petits Etats.
LA NR/ Certains évoquent la reprise du célèbre plan d’Alain Peyrefitte sur la création d´un Etat pour les Touaregs, chevauchant sur quatre pays, le Nord du Niger et du Mali, le sud de l´Algérie, le sud et l´ouest de la Libye. Partagez-vous cet avis ?
C’est facile pour ces Occidentaux comme Alain Peyrefitte de s’asseoir dans leur salon et échafauder des plans sur le sort des autres pays. Si c’est si facile que cela, qu’il commence déjà par la France en reconnaissant un Etat pour les Corses, puis pour les Bretons, les Alsaciens et bien d’autres composantes ethniques de la France. Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas attribuer un territoire aux Roumis ou Gitans (persécutés en France) qui circulent entre plusieurs pays européens, comme c’est le cas avec les Touaregs en Afrique occidentale? Pourquoi ces Occidentaux proposent-ils aux autres ce qu’ils ne sont pas prêts à accepter chez eux ? Pourquoi croient-ils que nous sommes voués à être leurs esclaves ?
LA NR/ On suspecte également la main des services de renseignements français dans cette nouvelle crise malienne ? Etes-vous de cet avis ?
C’est clair que c’est la France qui est encore en train de tirer les ficelles de cette soi-disant rébellion qui, curieusement, se dédouble d’un mouvement islamiste dirigé par un certain Iyad Ag Ghali, sans compter la participation d’AQMI. Un ménage plutôt bizarre. Un confrère malien affirme avec certitude que Sarkozy a, en la circonstance, envoyé au Mali deux logisticiens, anciens mercenaires habitués de ces opérations en Afrique. Ils seraient descendus à Bamako puis se seraient dirigés vers Hombori pour organiser un faux enlèvement de ressortissants européens dans le but de brouiller les pistes. Et au même moment, la France aidait des colonnes de Touaregs à quitter la Libye pour se diriger vers le Mali, avec armes et bagages, au vu et au su de l’OTAN. (Voir Le Reflet du mardi 03 avril 2012).
Ceci pour dire que nous connaissons les tenants et les aboutissants de cette affaire. Ce complot commence déjà à prendre corps dans les propos de certaines représentations diplomatiques, comme celle de la Belgique, parlant de reconnaissance d’autonomie aux rebelles. A ce rythme-là, on va bientôt parler d’ « indépendance ». Je les avertis là-dessus, tout ce qu’ils risquent de gagner, c’est un génocide comme au Rwanda. Et ils devront en répondre.
LA NR/Estimez-vous que la « révolte » des Touaregs contre l’ex.régime malien est légitime ou serait-elle dictée par ceux qui veulent instaurer une nouvelle configuration géopolitique dans la région du Sahel ?
Au risque de me répéter, il n’y a aucune légitimité dans cette action dont des Touaregs ont accepté d’être les complices. Et ils doivent s’attendre à en devenir les dindons de la farce. Ils n’ont que des circonstances aggravantes à leur actif. Ils ne pourront même plus jouer au jeu du « groupe minoritaire persécuté », puisqu’en l’occurrence ce sont eux les agresseurs, armés jusqu’aux dents. Agresseurs, criminels de guerre, pilleurs et violeurs de femmes, comme on l’a vu notamment à Aguelhoc et à Gao ! Rien à redire !
LA NR/Cette « gangrène » qui a touché la Libye (actuellement menacée d’une guerre civile généralisée), la Côte d’ivoire et maintenant le Mali, va-t-elle s’étendre à d’autres pays africains ou s’arrêter à ce niveau ?
Tant qu’il y aura parmi nous des brebis galeuses pour prêter le flanc, ces vautours feront de notre existence un véritable ergastule. Et ils ne s’arrêteront jamais d’allumer ou d’attiser des foyers de tension chez nous…
LA NR/ Malgré la situation actuelle, vous êtes de ceux qui semblent confiants quant au sursaut d’orgueil des enfants de l’Afrique. Dans quelle mesure cela pourrait-il déjouer les complots tramés par les Occidentaux afin de s’accaparer les richesses africaines ?
Si les Occidentaux nous manipulent, c’est que nous sommes manipulables. Et c’est cela qui fait le plus mal. Le jour où les soi-disant intellectuels ou idéologues africains se libéreront de l’aliénation mentale et de la peur congénitale vis-à-vis de l’Occident, ces impérialistes ne pourront plus rien contre nous. Il serait plus que jamais temps que nous nous réapproprions notre histoire et que nous prenions exemple sur des pays comme le Vietnam qui ont mis en déroute des puissances occidentales comme la France et les États-Unis. Il faut d’abord commencer par réduire nos rapports de dépendance vis à vis de l’Occident et les remplacer par une coopération accrue entre pays africains et d’autres pays comme le Brésil, l’Inde, la Chine qui ont presque la même culture que nous. Avec les Occidentaux, ça ne marchera jamais. Ils ont trop de complexes et de haine à notre égard. L’idéal serait de définitivement couper les ponts avec eux. On ne s’en portera que mieux. Non seulement ils ne nous aident pas comme ils le prétendent, mais aussi cette histoire de « mondialisation » n’est qu’une autre mauvaise farce, une autre forme d’esclavage se faisant à leur profit. C’est à nous d’être assez courageux et assez entreprenants pour arriver à une nouvelle formulation des rapports Nord-Sud. Et Dieu sait que nous sommes en position de force, pourvu que nous soyons unis. L’Afrique peut vivre sans l’Occident, mais l’Occident ne peut vivre sans l’Afrique.
LA NR/Comment voyez-vous la place de l’Algérie dans ces conflits qui rôdent près de ses frontières ?
L’Algérie, compte tenu de son vécu colonial (sa lutte de libération) et sa maturité face aux troubles islamistes et terroristes, peut jouer un rôle central dans cette affaire. Elle pourrait coordonner les efforts visant à éradiquer ce fléau. Le tout est de savoir où elle place ses intérêts. Parce que dans cette affaire, on ne sait pas toujours comment se positionnent les différents acteurs locaux. Par exemple, je n’ai jamais compris ce pacte visant à la démilitarisation du Nord du Mali. Avec le recul, on se rend compte que c’était un piège visant à mettre le Mali à la merci d’une invasion. On ne peut pas prétendre à une souveraineté, en laissant les armes de côté. Je ne sais pas exactement quel rôle l’Algérie a eu à jouer dans cette initiative de démilitarisation. Ce qui est sûr, l’Algérie, tout comme les autres Etats voisins, n’a pas intérêt à ce que la situation pourrisse au Mali. Car, une fois le Mali déstabilisé, c’est toute la zone qui est menacée. Les Touaregs ne sont que des bras armés d’une politique de déstabilisation manigancée par l’Occident.

Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 11 avril 2012-

jeudi 5 avril 2012

MALI : LES « DÉMOCRATES » DE LA HONTE


Pendant que le Mali brûle et s’effondre au Nord, certaines BÊTES POLITIQUES croient bon de PARALYSER LE PAYS au nom de la « démocratie ». Ils s’en vont jusqu’à soutenir la scélérate décision de la CEDEAO de mettre leur pays sous un EMBARGO qui, dans le meilleur des cas, ne contribuera qu’à l'exposer davantage l à une EXPROPRIATION SAVAMMENT PLANIFIÉE par la FRANCE, se servant à la fois des rebelles et des islamistes dans un scénario particulièrement diabolique. Et au pire, un INÉVITABLE GÉNOCIDE, dans un camp ou l’autre – car, ce serait très naïf de croire que les populations civiles vont se laisser faire …
Très peu soucieux du bien-être collectif et COMPLICES du laxisme qui a plongé le pays dans le chaos, ce sont ces mêmes « DÉMOCRATES » qui ont pris le président déchu ATT en otage, en organisant autour de lui le CONSENSUS DE LA MÉDIOCRITÉ, rien que pour TRAIRE LE PAYS de sa moelle substantielle.

DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Qui sont-ils en fait ces « démocrates » qui ABOIENT ainsi aux quatre vents ? J’ai déjà eu à les épingler dans Aspects de la mendicité sociopolitique au Mali. SANS FOI, NI LOI, ces spécimens n’ont d’autre impératif que le gain matériel. Ce n’est ni la « démocratie », ni ATT qu’ils pleurent. Ce sont eux-mêmes qu’ils pleurent ! Apparaissant tantôt sous le masque de l’INTELLECTUEL à la langue mielleuse ou fielleuse selon les circonstances, tantôt sous celui d’HOMME D’AFFAIRE avisé ou véreux, ils sont impliqués dans tous les COUPS FOIREUX, et intimement associés au processus de DEMANTÈLEMENT et D’ALIÉNATION du PATRIMOINE NATIONAL, au profit des entités étrangères.
Ils sont au CŒUR DES FRUSTRATIONS qui mettent le pays en ébullition, aussi bien au Nord qu’au Sud. En vérité, pour eux, « démocratie » est synonyme d’IRRESPONSABILITÉ face aux urgences et d’IMPUNITÉ pour leurs multiples félonies. Pour cette RACE DE RAPACES, la « démocratie » doit nécessairement rimer avec « réussite individuelle fulgurante » saluée par les griots du terroir et matérialisée par des villas cossues, de rutilantes voitures 4x4 énergivores et de petites maîtresses à entretenir avec de l’ARGENT MAL ACQUIS. Obsédés par l’acquisition de postes alléchants, de marchés publics, de subventions, de terrains et de fortunes diverses, ces CANCRES verraient bien le pays partir en lambeaux, pourvu que leur BEURRE demeure.
Très confortables dans une DÉMOCRATIE SANS OPPOSITION sous ATT, leur rôle n’a consisté qu’à ÉLUDER le DÉBAT SOCIAL, tant que leurs affaires personnelles roulaient. Et c’est sur leur conseil qu’ATT comptait briguer un TROISIÈME MANDAT, au mépris de la CONSTITUTION qu’il voulait SABORDER avec leur complicité, n’eût été le COUP D’ÉTAT AU NIGER qui a mis un frein à ce PROJET INSENSÉ.

QUAND LA JUNTE MILITAIRE DEVIENT LE BOUC ÉMISSAIRE

Après avoir précipité le pays dans le gouffre de la GUERRE CIVILE IMMINENTE avec leur consensus de la médiocrité autour d’un homme médiocre – ATT–, ces « DÉMOCRATES » DE LA HONTE, ne pouvant fonctionner sans consensus, sont en train de créer un autre consensus autour de la junte militaire venue précipitamment pour sauver les meubles. Ce consensus vise à FAIRE ENDOSSER par les jeunes putschistes la responsabilité de la prise des trois villes du Nord Mali (Kidal, Gao, Tombouctou) par les rebelles. Comme si le MAL n’était pas DÉJÀ FAIT sous ATT ! Comme si en l’espace de quelques jours, on peut inverser un processus enclenché depuis…
En réalité, si REPROCHE il y a faire à l’égard des putschistes, c’est d’être intervenus TROP TARD, comme l’ont souligné certains esprits perspicaces. Le coup d’Etat aurait dû intervenir plusieurs années plus tôt. Peut-être, dès le début du règne ATT, ou même sous le règne d’Alpha Oumar Konaré qui a sa part de responsabilité dans cette dérive, ne serait-ce que par le fait d’avoir œuvré pour l’intronisation du médiocre déchu…

EN QUOI LE MALI SERAIT-IL DIFFÉRENT DU NIGER OU DE LA GUINÉE ?

Si mes souvenirs sont bons, les coups d’Etat intervenus, il n’y a pas si longtemps, au Niger et en Guinée-Conakry, n’ont pas entraîné pour ces pays l’EMBARGO que la CEDEAO fait subir au Mali. Et la « communauté internationale » a même LAISSÉ LE TEMPS (un an au moins) à ces putschistes pour organiser sereinement des élections. Pourquoi s’affole-t-on alors après ceux du Mali ? Ont-ils dit ou fait croire qu’ils veulent s’accrocher au pouvoir ? N’ont-ils pas d’emblée appelé à l’ouverture ? Pourquoi toute cette campagne de déstabilisation autour d’eux ? Pourquoi confondre vitesse et précipitation ? Qui a peur d’être contrarié dans ses projets ? Qui veut empêcher le Mali de réaliser son destin ?

Mountaga Fané Kantéka