jeudi 9 avril 2026

Polémique autour de la fondation de Bamako : Les Kèta de Samalé revendiquent la propriété historique du site

Nous savions que les griots du Manden ont occulté et caricaturé à l’extrême l’histoire du Mali, au profit des Kèta, en leur accordant la part du lion. À travers une légende rocambolesque, visant à éclipser le vécu de leurs devanciers. En revanche, nous ignorions qu’une frange de ces mêmes Kèta serait à son tour victime de ce qu’elle qualifie de « falsification de l’histoire de Bamako » au profit des Niaré. Si cela s’avérait, ce serait un curieux retour de la manivelle pour ces « preneurs d’héritage » (Kètabagaw). Une histoire d’arroseur arrosé ! Une véritable ironie du sort ! Le plus comique est le fait que c’est un Kantè, victime sociale de leur légende tarabiscotée, professionnel de l’investigation historique, qui s’implique pour arbitrer ce litige foncier aux allures de querelle mémorielle. De quoi faire réfléchir ! C’est à coup sûr un tournant historique que nous amorçons ici. ……… « La belle parole n’est pas semblable à la vérité. », chantait le Vieux Lion du Mali, Bazoumana Sissoko, paix à son âme ! Lors de notre rencontre à Samalé, c’est à peu près la même réflexion qu’eut Samalé Bamba Kèta avec sa frêle silhouette et sa fluette voix de patriarche centenaire : « Il y a beaucoup de paroles, peu de vérité.». Il est l’actuel chef du village et homonyme du présumé propriétaire historique de la terre de Bamako. Il est vrai qu’on nous a accoutumés au récit selon lequel la ville de Bamako serait fondée par les Niaré, les Touré et les Dravé. Avec la prééminence des premiers, les Niaré, dont l’actuel porte-parole est l’inévitable griot Bourama Soumano, connu pour son omniprésence sur les plateaux. Et sa propension à parler de tout, sans se soucier de maitriser le sujet qu’il aborde. Si bien que les frustrations se sont cristallisées, au point que les Kèta de Samalé nous fassent appel pour décanter cette histoire trouble. Nous avons fait le déplacement de Bamako à là-bas, sous le soleil horripilant du lundi 30 mars 2026. Nous avons d’abord rencontré Samalé Bakary Kèta, neveu du chef de village, dans son champ, avec ses compagnons. Puis, nous sommes allé à la rencontre de Samalé Bamba Kèta, le chef de village, dans son enceinte. Il était installé sur un lipoko (lit pliant) sous l’arbre lemoun (Mali yirini), devant ce qu’on appelle Badougou Blonba, le Grand Vestibule de Badougou, entouré de visiteurs dont un Kouloubali venu de Krina qui avoua sa satisfaction de l’entendre évoquer ce sujet brûlant. Bamako : un site habité depuis la préhistoire Il faut d’abord rappeler que bien avant même que Bamako ait reçu ce nom, ce site était déjà habité par des hommes, dès le néolithique. Les prospections archéologiques de Magnambougou l’attesteraient. On rapporte que c’était une zone marécageuse et giboyeuse, s’étendant entre les deux rives du Niger et les collines environnantes. Les hommes y habitaient dans les grottes et les cavernes, comme en témoigneraient les peintures rupestres. Et selon toute vraisemblance, ils occupaient aussi les flancs et les sommets des collines. Dans Une histoire de Bamako (Grandvaux, 2009), l’architecte et urbaniste français, Sébastien Philippe, un grand passionné de cette ville, au point de s’y installer, s’est étendu sur le sujet, à partir des témoignages locaux et des archives coloniales. Un récit parsemé de zones d’ombre et de contradictions insolubles Selon l’auteur français et citadin bamakois, le site était occupé par des Bozow et attirait les chasseurs, à cause de sa faune à la fois alléchante et dangereuse. Et ces pêcheurs étaient bien contents d’accueillir, dans ce décor rustique, ces visiteurs itinérants qui les débarrassaient des animaux féroces dont les hippopotames et les caïmans. Il cite Une seconde légende relative à Bamako de Dominique Traoré selon lequel un chasseur décida de s’y installer un temps: Bamba Sanogo ou Sanahoro. Et Bamako tiendrait son nom de lui : Bam ba ka kô ou le marigot de Bamba. On se demande comment un fleuve (Badji en bamana) pourrait devenir un marigot (Kô). Il serait originaire de Kong (Nord de l’actuelle Côte d’Ivoire). Et ce serait aux alentours de 1730 selon une source, et 1750, selon une autre. Il y a donc 20 ans d’écart entre les deux dates. Pourquoi un tel fossé ? C’est un autre point d’interrogation qui aura son importance en temps utile… Puis, l’auteur franco-bamakois affirme d’abord que « le second personnage arrivé à Bamako est Diamoussadian Niaré, fils de Séribadian Niakaté qui serait originaire de Lambidou, près de Nioro du Sahel dans le Kaarta.» Pour ensuite écrire dans la page suivante que quelques années après l’installation de Bamba Sanogo, arrivèrent le chasseur Diamoussadian Niaré et le marabout Tali Mahamane Touré (un Maure, originaire de Touat, en Algérie), sans préciser lequel des deux est arrivé le premier. Puis, plusieurs pages plus loin, il écrit que le marabout et marchand de sel Tali Mahamane, fondateur du clan des Touré et de la première mosquée de Bamako, arriva dans la plaine de Bamako dans la seconde moitié du 18e siècle. Il cite une source qui parle de 1780, mais juge cette date « trop tardive et incompatible avec la généalogie des chefs ». Donc, selon lui, le Niaré est venu avant le Touré et aurait même offert sa fille en mariage au Maure pour sceller un lien de parenté entre les « deux premières familles fondatrices » de Bamako. Quant à El Hadj Diaguina Dravé (surnommé Halka Djalé), grand maître coranique, originaire de Draa ou Draw, au Maroc, il est présenté comme « le fondateur de la seconde famille maure ». Il serait, selon une source, venu deux ans après Tali Mahamane Touré et aurait épousé une fille de celui-ci. Mais l’auteur rectifie en disant que l’étude généalogique démontre qu’il existe une génération de différence entre les deux hommes. Cependant, comme s’il oubliait son récit de fondation, l’auteur nous surprend en affirmant que c’est Bamba Sanogo le fondateur de Bamako qu’il quitta, sans laisser de descendance. Il écrit : « La seule certitude est que Bamba ne revint jamais dans la cité qu’il avait fondée.» Questions : Qui de Bamba Sanogo ou les Niaré, Touré et Dravé a fondé Bamako ? Et comment peut-on fonder une cité qui était déjà occupée par des Bozow ? Qu’entend-on par fondation ? L’auteur continue, en soutenant que Bamba Sanogo aurait confié la chefferie à Tali Mahamane Touré qui déclina l’offre pour incompatibilité avec sa fonction maraboutique. Laissant l’intérim à Diamoussadian Niaré, en attendant le retour de Bamba qui ne serait plus revenu. Et quand, plus tard, les descendants de Tali Mahamane Touré auraient demandé aux Niaré de prendre la chefferie, conformément aux vœux de Bamba Sanogo, ces derniers leur auraient dit d’attendre son retour, ce qui n’advint jamais. Et, écrit-il : « Ils l’attendent toujours…» Ainsi, les Niaré auraient-ils confisqué le pouvoir ? Pourtant, l’auteur se contredit encore, en reconnaissant le règne des Touré sur 6 générations. Et celui des Dravé sur 4 générations. Ce récit de Sébastien Philippe, à l’évidence, est tiré par les cheveux et soulève beaucoup de questions insolubles. D’abord, on peut déjà se demander à quel titre Bamba Sanogo, immigré de Kong, peut attribuer la chefferie à un autre immigrant. D’ailleurs, était-il lui même chef ? Chef de qui ? Chef des Bozow (pêcheurs) qui l’ont accueilli sur le site ? Et comme si cela ne suffisait pas, le même auteur affirme : « À cette époque, Bamako appartenait à la province de Samayana, dirigée par Bassi Diakité [Samayana Bassi).» Cette affirmation vient encore changer la donne. Selon toute logique, si quelqu’un devait accorder la chefferie à un habitant de Bamako n’était-ce pas Samayana Bassi ? Il ajoute que Diamoussadian Niaré a fait construire un tata (enceinte) autour du site pour se protéger de Samayana Bassi. Ce dernier l’aurait détruit à plusieurs reprises. Et le chef Niaré aurait résisté douze années, avec l’aide militaire de Monzon Diara de Ségou. Et en fin de compte, ce serait avec l’aide du marabout Tali Mahamane Touré, recourant à un sortilège, qu’on en serait venu à bout de Samayana Bassi et à détruire sa ville. Ainsi, Bamako aurait pris la place de Samayana en tant que chef-lieu de la province vers les années 1795. C’est une affirmation assez déroutante. Les traditions orales nous ont toujours appris que c’est sous le règne du fils de Monzon, Da Monzon Diara, que Samayana Bassi fut vaincu. Et nulle part, ne figure le nom de Bamako ou de Diamoussa Niaré dans cette épopée de Ségou. Qui dit vrai? Une autre zone d’ombre du récit de Philippe concerne les incertitudes qui planent sur le lieu de destination du « fondateur » Bamba Sanogo. Tantôt, il serait rappelé à Kong pour y régner. Tantôt, il serait mort à Samtiguila où il était parti présenter ses condoléances à un parent. Tantôt, il se serait retiré près de Samayana. Tantôt, il se serait installé sur la colline de Lassa pour surveiller tout ce qui se passe à Bamako. Toujours est-il qu’on n'entendit plus parler de lui. On peut déjà comprendre que ce récit procède d’un montage maladroit de légendes, mélangés à des faits historiques plus ou moins incertains. Comme quoi, tout ce qui est écrit n’émane pas d’une plume trempée dans l’encre de la vérité. Et l’histoire des lieux et des hommes regorge toujours de légendes, à des fins idéologiques. Il n’est pas facile d’écrire une histoire véritable de nos contrées. Surtout pour quelqu’un qui débarque dans ce pays, sans connaître les mentalités et qui, comme il le confesse lui-même, veut écrire « avec le cœur ». Le cœur ne suffit pas, il faut y mettre aussi la raison. Sinon, cela peut aboutir à des catastrophes… La confusion entre Bamba Sanogo et Bamba Kèta de Samalé Les Kèta ont une toute autre version de cette histoire trouble. D’abord, l’actuel patriarche Samalé Bamba dit que ce sont les Maures (Sourakaw) qui sont venus les premiers, bien avant les Niaré. Et tous ceux-ci auraient demandé l’autorisation de s’installer à son homonyme et ancêtre Samalé Bamba 1er. Ce détail pourrait d’ailleurs expliquer pourquoi ce serait Tali Mahamane Touré qui fut d’abord désigné pour être chef, selon le bancal récit du franco-bamakois. Lancéni Balla Kèta, originaire de Nana-Kènièba, a consacré un article sur le sujet, dans le numéro du journal Le Carrefour du 17 octobre 2016 : Histoire de la ville de Bamako : Le clan des Niaré a-t-il trahi celui des Keita de Samalé à l’occasion de l’intronisation du nouveau chef ? Dans cet article très bien argumenté, il commence par rapporter le récit du griot N’Famoro Kouyatè de Niaganabougou, de la commune de Bankoumana. Cette narration aurait été faite en février 2005, lors de la cérémonie traditionnelle de Badougou. Et en présence des délégués des Niaré et des Touré. Il y est question de Samalé Bamba Kèta, patriarche du clan des Nioumansi Mandé, crédité d’être le propriétaire de la terre de Bamako. Une zone qui va du Woyowayankô au pont de Bankôni. Ce patriarche Kèta serait un chasseur et un grand sorcier. Et ce serait lui qui aurait cédé une partie de ses terres à Samayana Bassi Diakité et à Bokori Kèta, fondateur du village de Badougou Djoliba. Il aurait aussi installé l’ethnie malinké des Kandasi (lignée de de Bemba Kanda) le long du fleuve, de Djoliba à Kangaba. Ce serait également lui qui aurait autorisé Diamoussadian Niaré à s’installer à Bamako. Il l’aurait fait pour alléger ses charges, car il était saisonnier et s’occupait de la zone de Samalé. Et il aurait confié au Niaré la gestion de la zone de Bamako qui s’étendait jusqu’à Farakôba, une rivière qui coule entre Bankôni et Kouloukôrô. Sur ce point, le témoignage de Samalé Bakari Kèta, neveu de l’actuel chef du village, diverge un peu. Pour lui, Samalé Bamba était aussi un chef régnant. Il parle de mara (règne). Et la rivière de Farakôba était la frontière de son territoire avec celui de Kouloukôrô où régnaient les Diara. Le texte de Lancéni Balla Kèta rapporte également que Samalé Bamba avait des liens avec le père de Bamba Sanogo, qui était son marabout. Leurs liens seraient si forts que le prédicateur aurait donné son nom à son fils. Ce détail expliquerait-il le fossé de 20 ans qui existe entre les deux dates (1730 et 1750) qu’on trouve dans le livre du franco-bamakois, quant à l’installation de Bamba Sanogo à Bamako ? Le griot N’Famoro Kouyatè aurait aussi rapporté le détail crucial concernant un fait matériel archivé. Il aurait dit qu’en 1899, lors des travaux de construction du Palais de Koulouba, le gouverneur de l’époque, le Général de Trintinian, a exigé que la pose de la première pierre soit faite par l’un des représentants légitimes du propriétaire terrien de Bamako. Et ce serait Kandafing Kèta, un vieux maçon de Nafadji (village de Badougou), qui aurait été choisi pour le faire. Il était accompagné de Takari Manfa Kèta, selon Samalé Bakaris. Des arguments sociologiques de taille L’article de Lancéni Balla Kèta mentionne des réalités sociologiques qui viennent renforcer les faits allégués. D’abord, il attire l’attention sur le fait que les Niaré ne sont pas venus avec des griots. Et que le fait que les Soumano deviennent leurs griots atteste de leur affiliation au Mandé, découlant de leur alliance avec Samalé Bamba. Il rappelle l’homonymie qui existe entre le fondateur du clan des Niaré et le chef griot Diamoussadian Soumano, originaire de Dioulafondo, dans la commune de Sibi. Ensuite, il parle de l’alliance entre les Niaré et les Kèta qui se traduit par des rituels lors des cérémonies funèbres. Ainsi, rapporte-t-il : « À chaque décès chez les Niaré, les premières populations informées par le clan Niaré est la chefferie traditionnelle de Samalé, et vice-versa.» En outre, à la mort d’un patriarche de Samalé, c’est un patriarche Niaré qui coordonne la veillée funéraire. Pour exemple, il cite le décès du patriarche Samalé Sory Kèta de Bolibana en 1980. Et le patriarche des Niaré, au moment de la prière funèbre, aurait tenu ces propos : « Celui que vous voyez couché, gens de Bamako, auquel nous allons rendre le dernier adieu, était le plus âgé des descendants de Samalé Bamba Kèta, celui-là même qui nous a permis de nous installer sur ses terres à Bamako. » Cependant, Samalé Bakari Kèta, neveu du chef de village actuel, attribue ces propos à leur griot Diamoussa Soumano lui-même. Et, selon lui, ce chef griot des Niaré aurait aussi défié quiconque de lui prouver le contraire. Outre ces détails funéraires, il rappelle l’alliance matrimoniale existant entre les deux clans. Il affirme que toutes les anciennes grandes familles Niaré de Bamako avaient des femmes Kèta (Soukô). Et qu’il en était de même avec les Kèta de Samalé qui prenaient femme chez les Niaré. Zoumana Kamara, qui est le nyamakala (homme de savoirs) des Kèta de Samalé, ajoute que les Niaré ne pouvaient entreprendre quoi que ce soit sans l’autorisation de la chefferie de Samalé. Et ils respectaient la coutume d’emballer dix noix de kola à l’intention du chef de Samalé, en guise de redevance. Lancéni Balla Kèta affirme que le griot Diamoussa, grand-père de Bourama Soumano, ne ratait jamais une occasion de rappeler devant les Mandenkaw et les Niaré que Samalé Bamba est le propriétaire terrien de Bamako. Le discours aurait commencé à changer (en faveur des Niaré) avec l’avènement de son fils et successeur Bakari Soumano, père de Bourama Soumano. Pourquoi ce revirement ? Bourama Soumano, actuel porte-parole des Niaré, si prompt à parler sur les plateaux, n’a pas daigné répondre à l’invitation que nous lui avons faite, via WhatsApp, de nous donner son avis sur le sujet. Il a préféré faire le mort. Des fins de parcours d’une étrange similitude Comme nous l’avons mentionné, ce n’est pas facile d’écrire l’histoire véritable de nos contrées. Car les uns et les autres sont souvent tentés d’épicer leurs récits avec des légendes, pour y apporter une part de mystère ou de surnaturel. Comme pour diviniser les héros. Il en est ainsi de la fin de vie de Samalé Bamba Kèta qui ressemble à s’y méprendre à celle attribuée à Bamba Sanogo dans le récit de Philippe. Ainsi, Bakari Kèta nous raconte une histoire qui rappelle une version de la disparition de leur ancêtre mythique Soundjata (Son-Djata). Il raconte qu’arrivé au terme de sa mission, Samalé Bamba aurait enfourché son cheval et serait venu au bord du fleuve, sur le quai Damba. Il aurait attaché la monture à un arbre, mis dans sa bouche le couteau qu’il portait toujours sur lui et serait entré dans l’eau pour disparaitre à jamais. Ainsi, chaque année, on célébrerait cette disparition par une cérémonie lors de laquelle des jeunes filles célibataires, vêtues d’un pagne attaché au corps, s’en vont faire des offrandes au lieu de disparition de l’ancêtre fondateur. Et chaque fois qu’on oublierait de faire cette célébration, la plus belle jeune fille de Samalé disparaîtrait, comme a disparu Samalé Bamba. Ah, ces Manikaw! ……. Nous savons que nos héritiers Kèta (devenus nos sinankouw ou cousins à plaisanterie) et leurs griots sont des génies en matière de manipulation et d’invention de faits et de personnages légendaires pour abolir l’Histoire. Mais, cette fois-ci, mis à part le scénario de la fin mystérieuse de Samalé Bamba, ils semblent avoir des arguments plus solides en leur faveur. Des arguments susceptibles de supplanter ceux avancés en faveur de leurs adversaires. On pourrait dire que l’histoire qu’ils proposent semble plus cohérente et crédible que celle avancée par l’auteur franco-bamakois. Cependant cela soulève aussi des questions. Car nous nous demandons si tous les faits attribués à Samalé Bamba pourront résister au test de la chronologie temporelle. Notamment pour ce qui est de l’installation des descendants de Bemba Kanda à Kangaba. Cette version saurait-elle faire l’unanimité chez tous les Kèta ? À vrai dire, cette affaire de revendication ne fait que commencer. Nous ne serons point étonnés si un jour des Kouloubali viendraient à leur tour disputer la propriété de Bamako à leurs cadets Kèta. Auquel cas, ce serait un retour dans le passé, avec le litige qui les opposa jadis au Manden sur des questions d’héritage. Cette nouvelle est déjà parvenue à nos grandes oreilles d’investigateur historique. Nous consacrerons prochainement un article aux éventuelles causes de la distorsion de l’histoire de Bamako. À suivre… MF Kantéka

mardi 17 mars 2026

La Russie va-t-elle laisser le Niger à la merci de l’Occident ?

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Nous apprenons que l’Union Européenne a voté une résolution visant le Niger, prenant prétexte du sort du président déchu Mohammed Bazoum. Et personne n‘est dupe ! Il ne s’agit ni plus ni moins qu’un moyen de chantage pou faire main basse sur l’uranium du Niger. Après avoir échoué dans sa tentative de mettre à terre les États du Sahel (l’AES) par l’instrumentalisation du terrorisme islamiste, l’Occident veut passer à la vitesse supérieure et organiser des opérations militaires sur ces pays, avec la complicité des pays voisins de la CEDEAO. 

Nous savons déjà la coopération militaire qui existe entre la Russie et l’AES. Et c’est pourquoi, nous commençons à tirer sur la sonnette d’alerte, à l’endroit de cette superpuissance militaire. Nous lui demandons d’honorer ses engagements et de ne pas laisser l’Occident nous passer une fois de plus sur le corps. Nous lui rappelons que le monde est assez déçu de sa tiédeur face à l’arrestation récente du président vénézuélien Nicolas Maduro par Donald Trump et l’agression de l’Iran par les Etats-Unis et Israël. 

Nous lui demandons de ne pas laisser tomber le Niger comme elle l’a fait par le passé avec la Lybie et son guide Mohammar Kadhafi, sauvagement assassiné par les séides de Sarkozy. Parce que si la Russie faillit à cet ultime devoir, plus personne ne lui fera confiance à l’avenir… 

 F Kantéka

vendredi 6 février 2026

QUI SONT LES COMMANDITAIRES DE L’ASSASSINAT DE SAÏF AL ISLAM KADHAFI ?

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris l’assassinat du fils du défunt Kadhafi, Saïf Al Islam. Ce tragique incident coïncide étrangement avec le procès en appel de NICOLAS SARKOZY, pour cette histoire de financement de sa campagne par l’argent libyen. Plus étrange encore est le fait que le fils de Kadhafi est le deuxième témoin clé qui meurt dans cette affaire. En effet, le premier témoin cité, Ziad Takiedine, l’intermédiaire franco-libanais, est mort septembre dernier, deux jours seulement avant le verdict de première instance. Comme si les Dieux avaient décidé de sauver SARKOZY !

Ces faits insolites nous poussent à republier un article que nous avions écrit en octobre 2011 pour prévenir un éventuel assassinat de Saïf Al Islam, afin de le faire taire. Peut-être qu’il pourrait servir à retracer les commanditaires de cet odieux assassinat. 

MERCREDI 26 OCTOBRE 2011 

LE COMBAT DU FILS DE KADHAFI : SE RENDRE POUR CONFONDRE LES ASSASSINS DE SON PÈRE

On apprend depuis hier sur les ondes des médias français que le fils de Kadhafi, SAIF AL ISLAM, menacé par un mandat d’arrêt international, a été localisé aux confins du Niger. Il serait alors judicieux pour lui de tout faire pour ne pas se faire assassiner à son tour. Le combat change maintenant de visage. Il s’agit maintenant pour lui de SE RENDRE à la « justice internationale », afin de faire toute la lumière sur les raisons de l’implication meurtrière de l’OTAN dans le conflit libyen et des circonstances de l’assassinat de Kadhafi par les agents français et de la CIA. C’est juste une QUESTION DE STRATÉGIE.On se souvient que la RÉSOLUTION de l’ONU a été prise à la HÂTE, sous la pression du ministre français Alain Juppé, suite à la DÉCLARATION de SAIF AL ISLAM faisant état du FINANCEMENT de la campagne électorale de Sarkozy par Kadhafi. Et Kadhafi est mort pour cela. Pour le faire taire. Parce qu’au-delà de Sarkozy, l’argent de Kadhafi a vraisemblablement contribué au financement de la campagne d’Obama aussi.

C’est cela qui est maintenant l’enjeu du combat de SAIF. 

L’ARROSEUR ARROSÉ 

Nous le savons, la COUR PÉNALE INTERNATIONALE, à l’instar de l’ONU, c’est de la poudre aux yeux. Ce sont des INSTRUMENTS au service des États voyous de l’Occident pour LÉGITIMER leurs crimes et INTIMIDER leurs victimes. Mais on peut LES PRENDRE À LEUR PROPRE JEU en retournant leurs instruments contre eux, comme on le fait au JUDO en se servant de la force de l’adversaire contre lui-même. Pour ce qui est de la CPI (Cour Pénale Internationale), elle peut servir une EXCELLENTE TRIBUNE pour un DÉBALLAGE PUBLIC des SECRETS D’ÉTAT, et alerter l’opinion publique. C’est cela l’enjeu : L’OPINION PUBLIQUE INTERNATIONALE. 

Et croyez-moi, ce n’est pas peu. Parce que ces CHEFS D’ÉTAT VOYOUS DE L’OCCIDENT sont en PORTE-À-FAUX avec leurs PROPRES CITOYENS à qui ils ont été imposés souvent par des LOBBIES, via des élections suspectes. Par exemple pour ce qui est de SARKOZY, on sait depuis belle lurette que c’est un AGENT de la CIA, imposé à la France…Le fils de Kadhafi doit donc tout faire pour profiter de la tribune de la CPI pour ouvrir les MARMITES AU CONTENU POURRI. Parce qu’après tout, il n’a rien à se reprocher. QUE PEUT-ON DONC REPROCHER AU FILS DE KADHAFI ? C’est cela la GRANDE QUESTION. Qu’est-ce que SAIF AL ISLAM a fait ? Il n’a fait qu’AVERTIR sur les DANGERS d’une insurrection en Libye qui pourrait déboucher sur des « RIVIÈRES DE SANG » ? Parce que « LA LIBYE N’EST PAS LA TUNISIE OU L’ÉGYPTE ». À cause de sa CONFIGURATION TRIBALE. Et ma foi, il avait bien raison. Nous voyons les résultats aujourd’hui. 

Les conséquences humaines du conflit libyen dépassent largement celles de la Tunisie et de l’Égypte réunies. Il y a bel et bien eu des « rivières de sang ». Et ces « rivières de sang » sont surtout imputables aux insurgés du CNT et de leurs alliés occidentaux. Parce que si l’on se souvient du début du conflit, ce sont les insurgés qui ont commencé à piller les casernes militaires pour s’emparer des armes.Le régime en place n’a fait que RÉAGIR. D’abord timidement pour rétablir l’ordre, puis de façon plus énergique face à la tournure que prenaient les événements, comme en fait foi un RAPPORT publié par un journaliste de RFI. Au fond, ce sont des DÉCLARATIONS JUGÉES MALADROITES qu’on pourrait reprocher à Kadhafi et à son fils. La LÉGITIME DÉFENSE est un fait justificatif reconnu par toutes les législations du monde.LES VRAIS CRIMINELS DE GUERREUn PROCÈS devant la CPI ne pourra qu’absoudre SAIF AL ISLAM. Et il ne manquera pas d’avocats compétents pour le défendre. En revanche, ce procès sera une première pour les Chefs d’Etat voyous de l’Occident qui ont fomenté et commandité tous ces massacres. Il pourrait notamment coûter à SARKOZY et à OBAMA le second mandat qu’ils convoitent. Et à leurs sous-fifres (CAMERON, BERLUSCONI et consorts) des conséquences très regrettables. ALAIN JUPPÉ, le ministre gueulard de Sarkozy, a déjà été condamné par la justice française, dans un récent passé, pour des histoires d’ARGENT SALE. Il a donc un ANTÉCÉDENT. 

Quant à Sarkozy, ce sont des pluies d’accusations qui tombent sur lui en ce moment en France pour des affaires diverses, plus ou moins justifiées. Il est tout sauf un saint. Ce procès, s’il a lieu, pourrait déboucher sur des révélations plus graves encore. Prions donc le ciel pour que SAIF AL ISLAM ne soit pas assassiné comme le fut son charismatique père. Pour le faire taire. SAIF, si tu as la chance de lire cet article à temps, cours vite te constituer prisonnier. Nous avons besoin de connaître le fin fond de cette histoire. Il serait temps que des Occidentaux payent pour leurs crimes. SAUF s’il n’est pas VRAI que nous sommes tous des ENFANTS DE DIEU… 

MF KANTÉKA 

PS: Peu de temps après avoir posté cet article, nous avons eu la confirmation selon laquelle les dernières paroles adressées par le défunt à sa femme sont les suivantes: « Ummar, les forces qui ont vaincu mon père se rapprochent de moi. Je sens que mon heure est venue. C'est triste que le monde ne connaitra peut-être jamais la vérité, car nous vivons dans un monde où les ténèbres l'emportent sur la lumière.» Et il aurait conclut par ces paroles imagées et prophétiques: « Quand le soleil se couchera, l'Afrique se lèvera vers sa gloire.» @AzizHassoumi (sur x.com)

mercredi 21 janvier 2026

CAN 2025 : LE MÉPRIS MAROCAIN POUR LES AFRICAINS NOIRS


Après la victoire nette du Sénégal à la CAN contre lui, le Maroc s’adonne à toutes sortes de gesticulations et d’actes répréhensibles, y compris sur le plan criminel, pour revendiquer la coupe qu’il n’a pas pu obtenir sur le terrain et qu’il ne pouvait en aucun obtenir, au vu de ses performances sportives. En effet, on assiste à toutes sortes d’énormités provenant des officiels marocains, y compris des députés, comme si cette affaire n’était pas simplement de la compétition sportive. Comme si, au delà du sport, c’était une question de revendication de suprématie raciale et économique. Comme si par le simple fait d’avoir organisé la CAN, avec de bonnes et belles installations, ajouté à sa dernière performance à la coupe du monde, le Maroc avait un droit acquis sur cette CAN. 


 QU’EN EST-IL EN VÉRITÉ ? 


 À vrai dire, le Maroc aurait dû perdre par deux ou trois buts d’écart, voire plus, contre le Sénégal. Et le simple fait même d’arriver en finale de cette coupe est en soi une victoire pour le Maroc. Car, si tous les matches avaient été arbitrés correctement, le Maroc n’aurait peut-être pas franchi le premier tour de cette compétition. Il aurait perdu contre le Mali et n’aurait peut-être pas gagné contre les Comores. Et passé ce cap, il aurait perdu contre la Tanzanie, si l’arbitre n’avait pas refusé de siffler un flagrant penalty contre lui. Et arrivé en finale par la fraude, malgré le beau et bon but refusé du Sénégal et le penalty litigieux accordé et raté par lui, le Maroc continue encore à faire la fine bouche, comme un enfant gâté, mal sevré. 

 Nous n’allons pas pour l’instant nous étendre sur tous les actes malveillants enregistrés sur et en dehors du terrain, provenant des Marocains. Mais nous les avertissons! S’ils n’arrêtent pas de s’agiter, ce ne serait plus une question de revendication sportive, mais une affaire judiciaire pour tous les crimes commis contre les Africains, lors de cette compétition. Et le Maroc n’aura plus à faire contre le seul Sénégal, mais contre tous les Africains qui ont été lésés dans cette histoire de narcissisme et d’hystérie collective. Et nous allons monter un dossier accablant contre le Maroc qui aura des répercussions regrettables pour ce pays. De qui se moque-t-on ? 


 MF KANTÉKA

lundi 19 janvier 2026

COUPE D’AFRIQUE DE FOOTBALL : LES ENSEIGNEMENTS DE LA COMPETITION ET DE LA VICTOIRE DU SENEGAL


Cette coupe d’Afrique des Nations, que le Sénégal vient de gagner, est peut-être la meilleure depuis l’existence de cette compétition. Tant sur le plan de l’organisation que la qualité des confrontations, nous avons eu droit à quelque chose dont l'Afrique peut s'enorgueillir. En mettant de côté les bavures arbitrales, nous avons assisté à de grands matches. Au stade des quarts ou des demies-finales, toutes les rencontres étaient comme des finales. Le fait important est que dans le dernier carré, il n’y avait que des équipes dirigées par des entraineurs africains (égyptien, malien, marocain, sénégalais), mettant ainsi un terme au mythe de l’entraineur étranger et occidental comme étant la solution pour gagner la coupe. La leçon à en tirer est qu’on n’est mieux servi que par soi-même. Les techniciens africains ont fait leur preuve. Il faut leur faire confiance à l’avenir 


 LE SENEGAL : UN MODELE DONT LE MALI DOIT S’INSPIRER 


La victoire de notre voisin sénégalais, sur laquelle nous avons personnellement parié et gagné, est sans conteste le résultat de la bonne combinaison de plusieurs facteurs. Pour ne s’en tenir qu’au jeu, le Sénégal a déployé, tout le long de la compétition, un football propre, ponctué de passes et de tirs. Un football très offensif, sans complexe, s’appuyant sur une défense solide. Un amoureux du football ne pouvait que supporter cette équipe remplie de jeunes talents, animés d’un esprit de conquérants. Et sa victoire est amplement méritée. Nous l’avions parié avant le match : « Le Sénégal va gagner, même si l’on triche.» Et c’est cela qui s’est passé, malgré le problématique pénalty sifflé contre lui, à la dernière minute du match, après l’annulation de son but. Pour en venir au Mali, notre pays qui n’arrête pas de nous désespérer par ses impairs, cette victoire sénégalaise est un appel à lui pour qu’il gagne la prochaine coupe d’Afrique. Et si le Mali capte bien cet appel, il réussira ce miracle. Signalons à cet effet que lors des deux dernières éditions de cette compétition, c’est l’équipe qui élimine le Mali en quart de finale qui finit par remporter la coupe. Il y a deux ans, c’était la Côte d’Ivoire, et cette année, c’est le Sénégal. Et dans les deux cas, c’est par un score étriqué d’un but d’écart. Dans les deux cas, le Mali prend des buts ridicules. Dans les deux cas, le Mali pèche par son impuissance offensive. Si le Mali veut donc gagner la prochaine coupe d’Afrique, et c’est très possible, il faut mettre l’accent sur l’aspect offensif. Il faut aussi songer à changer tout le staff technique, en faisant appel à des anciens joueurs : Seydou Keita, Frédéric Kanouté, Cédric Kanté, Mahamadou Diarra dit Djilla, Moussa Kéita dit Dougoutigui et d’autres. Il faut aussi profiter de la démission des membres de la fédération malienne de football pour installer des anciens joueurs. Et les ressources ne manquent pas. Nous pouvons les aider à recruter des personnes compétentes et dévouées, affranchies des questions pécuniaires. 


 MF Kantéka

mardi 2 avril 2024

LE DÉFI POUR LES DEUX PRÉSIDENTS SÉNÉGALAIS

 


En bloquant la candidature du leader naturel du PASTEF, le régime du président sortant Macky Sall a produit exactement le résultat redouté.  Il n’a fait que doter le Sénégal de deux présidents, issus du même parti : Bassirou Diomaye Faye et le redouté Ousmane Sonko.

 

Les images qui me sont parvenues jusqu’à présent montrent les deux camarades ensemble qui se suivent comme Laurel et Hardy. C’est le bicéphalisme parfait, en somme. C’est très spécial!

 

Mon inquiétude réside au niveau de la durée de cette union sacrée. Est-ce que la lune de miel va continuer entre les deux compères ? Est-ce que le pouvoir va monter à la tête de Bassirou Diomaye Faye, au point de vouloir écarter celui qui l’a désigné pour le remplacer ? Est-ce qu’Ousmane Sonko, le parrain, va prendre ombrage du rayonnement de son désigné président ?

 

C’est cela le DÉFI : réussir à vaincre les démons du pouvoir. Si les deux compères réussissent à le relever, ils n’auront pas seulement deux mandats à briguer, mais quatre. Car, ils pourront se relayer à la tête de l’État sénégalais, pendant 20 ans, à raison d’un mandat à tour de rôle, ou autre scénario.

 

Mais encore faut-il qu’ils ne déçoivent pas les espoirs que les électeurs sénégalais ont placés en eux. Espérons donc que le PASTEF va tenir ses promesses et diriger le Sénégal pendant les 20 ans à venir. Sinon plus ! Pourquoi pas ? Je le leur souhaite, au nom de la renaissance africaine!

 

Mountaga Fané Kantéka