jeudi 9 avril 2026
Polémique autour de la fondation de Bamako : Les Kèta de Samalé revendiquent la propriété historique du site
Nous savions que les griots du Manden ont occulté et caricaturé à l’extrême l’histoire du Mali, au profit des Kèta, en leur accordant la part du lion. À travers une légende rocambolesque, visant à éclipser le vécu de leurs devanciers. En revanche, nous ignorions qu’une frange de ces mêmes Kèta serait à son tour victime de ce qu’elle qualifie de « falsification de l’histoire de Bamako » au profit des Niaré. Si cela s’avérait, ce serait un curieux retour de la manivelle pour ces « preneurs d’héritage » (Kètabagaw). Une histoire d’arroseur arrosé ! Une véritable ironie du sort ! Le plus comique est le fait que c’est un Kantè, victime sociale de leur légende tarabiscotée, professionnel de l’investigation historique, qui s’implique pour arbitrer ce litige foncier aux allures de querelle mémorielle. De quoi faire réfléchir ! C’est à coup sûr un tournant historique que nous amorçons ici.
………
« La belle parole n’est pas semblable à la vérité. », chantait le Vieux Lion du Mali, Bazoumana Sissoko, paix à son âme ! Lors de notre rencontre à Samalé, c’est à peu près la même réflexion qu’eut Samalé Bamba Kèta avec sa frêle silhouette et sa fluette voix de patriarche centenaire : « Il y a beaucoup de paroles, peu de vérité.». Il est l’actuel chef du village et homonyme du présumé propriétaire historique de la terre de Bamako.
Il est vrai qu’on nous a accoutumés au récit selon lequel la ville de Bamako serait fondée par les Niaré, les Touré et les Dravé. Avec la prééminence des premiers, les Niaré, dont l’actuel porte-parole est l’inévitable griot Bourama Soumano, connu pour son omniprésence sur les plateaux. Et sa propension à parler de tout, sans se soucier de maitriser le sujet qu’il aborde. Si bien que les frustrations se sont cristallisées, au point que les Kèta de Samalé nous fassent appel pour décanter cette histoire trouble. Nous avons fait le déplacement de Bamako à là-bas, sous le soleil horripilant du lundi 30 mars 2026. Nous avons d’abord rencontré Samalé Bakary Kèta, neveu du chef de village, dans son champ, avec ses compagnons. Puis, nous sommes allé à la rencontre de Samalé Bamba Kèta, le chef de village, dans son enceinte. Il était installé sur un lipoko (lit pliant) sous l’arbre lemoun (Mali yirini), devant ce qu’on appelle Badougou Blonba, le Grand Vestibule de Badougou, entouré de visiteurs dont un Kouloubali venu de Krina qui avoua sa satisfaction de l’entendre évoquer ce sujet brûlant.
Bamako : un site habité depuis la préhistoire
Il faut d’abord rappeler que bien avant même que Bamako ait reçu ce nom, ce site était déjà habité par des hommes, dès le néolithique. Les prospections archéologiques de Magnambougou l’attesteraient. On rapporte que c’était une zone marécageuse et giboyeuse, s’étendant entre les deux rives du Niger et les collines environnantes. Les hommes y habitaient dans les grottes et les cavernes, comme en témoigneraient les peintures rupestres. Et selon toute vraisemblance, ils occupaient aussi les flancs et les sommets des collines.
Dans Une histoire de Bamako (Grandvaux, 2009), l’architecte et urbaniste français, Sébastien Philippe, un grand passionné de cette ville, au point de s’y installer, s’est étendu sur le sujet, à partir des témoignages locaux et des archives coloniales.
Un récit parsemé de zones d’ombre et de contradictions insolubles
Selon l’auteur français et citadin bamakois, le site était occupé par des Bozow et attirait les chasseurs, à cause de sa faune à la fois alléchante et dangereuse. Et ces pêcheurs étaient bien contents d’accueillir, dans ce décor rustique, ces visiteurs itinérants qui les débarrassaient des animaux féroces dont les hippopotames et les caïmans. Il cite Une seconde légende relative à Bamako de Dominique Traoré selon lequel un chasseur décida de s’y installer un temps: Bamba Sanogo ou Sanahoro. Et Bamako tiendrait son nom de lui : Bam
ba ka kô ou le marigot de Bamba. On se demande comment un fleuve (Badji en bamana) pourrait devenir un marigot (Kô). Il serait originaire de Kong (Nord de l’actuelle Côte d’Ivoire). Et ce serait aux alentours de 1730 selon une source, et 1750, selon une autre. Il y a donc 20 ans d’écart entre les deux dates. Pourquoi un tel fossé ? C’est un autre point d’interrogation qui aura son importance en temps utile…
Puis, l’auteur franco-bamakois affirme d’abord que « le second personnage arrivé à Bamako est Diamoussadian Niaré, fils de Séribadian Niakaté qui serait originaire de Lambidou, près de Nioro du Sahel dans le Kaarta.» Pour ensuite écrire dans la page suivante que quelques années après l’installation de Bamba Sanogo, arrivèrent le chasseur Diamoussadian Niaré et le marabout Tali Mahamane Touré (un Maure, originaire de Touat, en Algérie), sans préciser lequel des deux est arrivé le premier. Puis, plusieurs pages plus loin, il écrit que le marabout et marchand de sel Tali Mahamane, fondateur du clan des Touré et de la première mosquée de Bamako, arriva dans la plaine de Bamako dans la seconde moitié du 18e siècle. Il cite une source qui parle de 1780, mais juge cette date « trop tardive et incompatible avec la généalogie des chefs ».
Donc, selon lui, le Niaré est venu avant le Touré et aurait même offert sa fille en mariage au Maure pour sceller un lien de parenté entre les « deux premières familles fondatrices » de Bamako. Quant à El Hadj Diaguina Dravé (surnommé Halka Djalé), grand maître coranique, originaire de Draa ou Draw, au Maroc, il est présenté comme « le fondateur de la seconde famille maure ». Il serait, selon une source, venu deux ans après Tali Mahamane Touré et aurait épousé une fille de celui-ci. Mais l’auteur rectifie en disant que l’étude généalogique démontre qu’il existe une génération de différence entre les deux hommes.
Cependant, comme s’il oubliait son récit de fondation, l’auteur nous surprend en affirmant que c’est Bamba Sanogo le fondateur de Bamako qu’il quitta, sans laisser de descendance. Il écrit : « La seule certitude est que Bamba ne revint jamais dans la cité qu’il avait fondée.» Questions : Qui de Bamba Sanogo ou les Niaré, Touré et Dravé a fondé Bamako ? Et comment peut-on fonder une cité qui était déjà occupée par des Bozow ? Qu’entend-on par fondation ?
L’auteur continue, en soutenant que Bamba Sanogo aurait confié la chefferie à Tali Mahamane Touré qui déclina l’offre pour incompatibilité avec sa fonction maraboutique. Laissant l’intérim à Diamoussadian Niaré, en attendant le retour de Bamba qui ne serait plus revenu. Et quand, plus tard, les descendants de Tali Mahamane Touré auraient demandé aux Niaré de prendre la chefferie, conformément aux vœux de Bamba Sanogo, ces derniers leur auraient dit d’attendre son retour, ce qui n’advint jamais. Et, écrit-il : « Ils l’attendent toujours…» Ainsi, les Niaré auraient-ils confisqué le pouvoir ?
Pourtant, l’auteur se contredit encore, en reconnaissant le règne des Touré sur 6 générations. Et celui des Dravé sur 4 générations.
Ce récit de Sébastien Philippe, à l’évidence, est tiré par les cheveux et soulève beaucoup de questions insolubles. D’abord, on peut déjà se demander à quel titre Bamba Sanogo, immigré de Kong, peut attribuer la chefferie à un autre immigrant. D’ailleurs, était-il lui même chef ? Chef de qui ? Chef des Bozow (pêcheurs) qui l’ont accueilli sur le site ?
Et comme si cela ne suffisait pas, le même auteur affirme : « À cette époque, Bamako appartenait à la province de Samayana, dirigée par Bassi Diakité [Samayana Bassi).» Cette affirmation vient encore changer la donne. Selon toute logique, si quelqu’un devait accorder la chefferie à un habitant de Bamako n’était-ce pas Samayana Bassi ?
Il ajoute que Diamoussadian Niaré a fait construire un tata (enceinte) autour du site pour se protéger de Samayana Bassi. Ce dernier l’aurait détruit à plusieurs reprises. Et le chef Niaré aurait résisté douze années, avec l’aide militaire de Monzon Diara de Ségou. Et en fin de compte, ce serait avec l’aide du marabout Tali Mahamane Touré, recourant à un sortilège, qu’on en serait venu à bout de Samayana Bassi et à détruire sa ville. Ainsi, Bamako aurait pris la place de Samayana en tant que chef-lieu de la province vers les années 1795.
C’est une affirmation assez déroutante. Les traditions orales nous ont toujours appris que c’est sous le règne du fils de Monzon, Da Monzon Diara, que Samayana Bassi fut vaincu. Et nulle part, ne figure le nom de Bamako ou de Diamoussa Niaré dans cette épopée de Ségou. Qui dit vrai?
Une autre zone d’ombre du récit de Philippe concerne les incertitudes qui planent sur le lieu de destination du « fondateur » Bamba Sanogo. Tantôt, il serait rappelé à Kong pour y régner. Tantôt, il serait mort à Samtiguila où il était parti présenter ses condoléances à un parent. Tantôt, il se serait retiré près de Samayana. Tantôt, il se serait installé sur la colline de Lassa pour surveiller tout ce qui se passe à Bamako. Toujours est-il qu’on entendit plus parler de lui.
On peut déjà comprendre que ce récit procède d’un montage maladroit de légendes, mélangés à des faits historiques plus ou moins incertains. Comme quoi, tout ce qui est écrit n’émane pas d’une plume trempée dans l’encre de la vérité. Et l’histoire des lieux et des hommes regorge toujours de légendes, à des fins idéologiques. Il n’est pas facile d’écrire une histoire véritable de nos contrées. Surtout pour quelqu’un qui débarque dans ce pays, sans connaître les mentalités et qui, comme il le confesse lui-même, veut écrire « avec le cœur ». Le cœur ne suffit pas, il faut y mettre aussi la raison. Sinon, cela peut aboutir à des catastrophes…
La confusion entre Bamba Sanogo et Bamba Kèta de Samalé
Les Kèta ont une toute autre version de cette histoire trouble. D’abord, l’actuel patriarche Samalé Bamba dit que ce sont les Maures (Sourakaw) qui sont venus les premiers, bien avant les Niaré. Et tous ceux-ci auraient demandé l’autorisation de s’installer à son homonyme et ancêtre Samalé Bamba 1er. Ce détail pourrait d’ailleurs expliquer pourquoi ce serait Tali Mahamane Touré qui fut d’abord désigné pour être chef, selon le bancal récit du franco-bamakois.
Lancéni Balla Kèta, originaire de Nana-Kinièba, a consacré un article sur le sujet, dans le numéro du journal Le Carrefour du 17 octobre 2016 : Histoire de la ville de Bamako : Le clan des Niaré a-t-il trahi celui des Keita de Samalé à l’occasion de l’intronisation du nouveau chef ?
Dans cet article très bien argumenté, il commence par rapporter le récit du griot N’Famoro Kouyatè de Niaganabougou, de la commune de Bankoumana. Cette narration aurait été faite en février 2005, lors de la cérémonie traditionnelle de Badougou. Et en présence des délégués des Niaré et des Touré. Il y est question de Samalé Bamba Kèta, patriarche du clan des Nioumansi Mandé, crédité d’être le propriétaire de la terre de Bamako. Une zone qui va du Woyowayankô au pont de Bankôni. Ce patriarche Kèta serait un chasseur et un grand sorcier. Et ce serait lui qui aurait cédé une partie de ses terres à Samayana Bassi Diakité et à Bokori Kèta, fondateur du village de Badougou Djoliba.
Il aurait aussi installé l’ethnie malinké des Kandasi (lignée de de Bemba Kanda) le long du fleuve, de Djoliba à Kangaba.
Ce serait également lui qui aurait autorisé Diamoussadian Niaré à s’installer à Bamako. Il l’aurait fait pour alléger ses charges, car il était saisonnier et s’occupait de la zone de Samalé. Et il aurait confié au Niaré la gestion de la zone de Bamako qui s’étendait jusqu’à Farakôba, une rivière qui coule entre Bankôni et Kouloukôrô. Sur ce point, le témoignage de Samalé Bakari Kèta, neveu de l’actuel chef du village, diverge un peu. Pour lui, Samalé Bamba était aussi un chef régnant. Il parle de mara (règne). Et la rivière de Farakôba était la frontière de son territoire avec celui de Kouloukôrô où régnaient les Diara.
Le texte de Lancéni Balla Kèta rapporte également que Samalé Bamba avait des liens avec le père de Bamba Sanogo, qui était son marabout. Leurs liens seraient si forts que le prédicateur aurait donné son nom à son fils. Ce détail expliquerait-il le fossé de 20 ans qui existe entre les deux dates (1730 et 1750) qu’on trouve dans le livre du franco-bamakois, quant à l’installation de Bamba Sanogo à Bamako ?
Le griot N’Famoro Kouyatè aurait aussi rapporté le détail crucial concernant un fait matériel archivé. Il aurait dit qu’en 1899, lors des travaux de construction du Palais de Koulouba, le gouverneur de l’époque, le Général de Trintinian, a exigé que la pose de la première pierre soit faite par l’un des représentants légitimes du propriétaire terrien de Bamako. Et ce serait Kandafing Kèta, un vieux maçon de Nafadji (village de Badougou), qui aurait été choisi pour le faire. Il était accompagné de Takari Manfa Kèta, selon Samalé Bakaris.
Des arguments sociologiques de taille
L’article de Lancéni Balla Kèta mentionne des réalités sociologiques qui viennent renforcer les faits allégués. D’abord, il attire l’attention sur le fait que les Niaré ne sont pas venus avec des griots. Et que le fait que les Soumano deviennent leurs griots atteste de leur affiliation au Mandé, découlant de leur alliance avec Samalé Bamba. Il rappelle l’homonymie qui existe entre le fondateur du clan des Niaré et le chef griot Diamoussadian Soumano, originaire de Dioulafondo, dans la commune de Sibi.
Ensuite, il parle de l’alliance entre les Niaré et les Kèta qui se traduit par des rituels lors des cérémonies funèbres. Ainsi, rapporte-t-il : « À chaque décès chez les Niaré, les premières populations informées par le clan Niaré est la chefferie traditionnelle de Samalé, et vice-versa.» En outre, à la mort d’un patriarche de Samalé, c’est un patriarche Niaré qui coordonne la veillée funéraire. Pour exemple, il cite le décès du patriarche Samalé Sory Kèta de Bolibana en 1980. Et le patriarche des Niaré, au moment de la prière funèbre, aurait tenu ces propos : « Celui que vous voyez couché, gens de Bamako, auquel nous allons rendre le dernier adieu, était le plus âgé des descendants de Samalé Bamba Kèta, celui-là même qui nous a permis de nous installer sur ses terres à Bamako. »
Cependant, Samalé Bakari Kèta, neveu du chef de village actuel, attribue ces propos à leur griot Diamoussa Soumano lui-même. Et, selon lui, ce chef griot des Niaré aurait aussi défié quiconque de lui prouver le contraire. Outre ces détails funéraires, il rappelle l’alliance matrimoniale existant entre les deux clans. Il affirme que toutes les anciennes grandes familles Niaré de Bamako avaient des femmes Kèta (Soukô). Et qu’il en était de même avec les Kèta de Samalé qui prenaient femme chez les Niaré.
Zoumana Kamara, qui est le nyamakala (homme de savoirs) des Kèta de Samalé, ajoute que les Niaré ne pouvaient entreprendre quoi que ce soit sans l’autorisation de la chefferie de Samalé. Et ils respectaient la coutume d’emballer dix noix de kola à l’intention du chef de Samalé, en guise de redevance.
Lancéni Balla Kèta affirme que le griot Diamoussa, grand-père de Bourama Soumano, ne ratait jamais une occasion de rappeler devant les Mandenkaw et les Niaré que Samalé Bamba est le propriétaire terrien de Bamako.
Le discours aurait commencé à changer (en faveur des Niaré) avec l’avènement de son fils et successeur Bakari Soumano, père de Bourama Soumano. Pourquoi ce revirement ? Bourama Soumano, actuel porte-parole des Niaré, si prompt à parler sur les plateaux, n’a pas daigné répondre à l’invitation que nous lui avons faite, via WhatsApp, de nous donner son avis sur le sujet. Il a préféré faire le mort.
Des fins de parcours d’une étrange similitude
Comme nous l’avons mentionné, ce n’est pas facile d’écrire l’histoire véritable de nos contrées. Car les uns et les autres sont souvent tentés d’épicer leurs récits avec des légendes, pour y apporter une part de mystère ou de surnaturel. Comme pour diviniser les héros.
Il en est ainsi de la fin de vie de Samalé Bamba Kèta qui ressemble à s’y méprendre à celle attribuée à Bamba Sanogo dans le récit de Philippe. Ainsi, Bakari Kèta nous raconte une histoire qui rappelle une version de la disparition de leur ancêtre mythique Soundjata (Son-Djata). Il raconte qu’arrivé au terme de sa mission, Samalé Bamba aurait enfourché son cheval et serait venu au bord du fleuve, sur le quai Damba. Il aurait attaché la monture à un arbre, mis dans sa bouche le couteau qu’il portait toujours sur lui et serait entré dans l’eau pour disparaitre à jamais. Ainsi, chaque année, on célébrerait cette disparition par une cérémonie lors de laquelle des jeunes filles célibataires, vêtues d’un pagne attaché au corps, s’en vont faire des offrandes au lieu de disparition de l’ancêtre fondateur. Et chaque fois qu’on oublierait de faire cette célébration, la plus belle jeune fille de Samalé disparaîtrait, comme a disparu Samalé Bamba. Ah, ces Manikaw!
…….
Nous savons que nos héritiers Kèta (devenus nos sinankouw ou cousins à plaisanterie) et leurs griots sont des génies en matière de manipulation et d’invention de faits et de personnages légendaires pour abolir l’Histoire. Mais, cette fois-ci, mis à part le scénario de la fin mystérieuse de Samalé Bamba, ils semblent avoir des arguments plus solides en leur faveur. Des arguments susceptibles de supplanter ceux avancés en faveur de leurs adversaires. On pourrait dire que l’histoire qu’ils proposent semble plus cohérente et crédible que celle avancée par l’auteur franco-bamakois. Cependant cela soulève aussi des questions. Car nous nous demandons si tous les faits attribués à Samalé Bamba pourront résister au test de la chronologie temporelle. Notamment pour ce qui est de l’installation des descendants de Bemba Kanda à Kangaba. Cette version saurait-elle faire l’unanimité chez tous les Kèta ?
À vrai dire, cette affaire de revendication ne fait que commencer. Nous ne serons point étonnés si un jour des Kouloubali viendraient à leur tour disputer la propriété de Bamako à leurs cadets Kèta. Auquel cas, ce serait un retour dans le passé, avec le litige qui les opposa jadis au Manden sur des questions d’héritage. Cette nouvelle est déjà parvenue à nos grandes oreilles d’investigateur historique.
Nous consacrerons prochainement un article aux éventuelles causes de la distorsion de l’histoire de Bamako.
À suivre…
MF Kantéka
