lundi 11 janvier 2021

LA SORCELLERIE QUI TUE L'AFRIQUE

Cet article se veut bref et vise surtout à exorciser un sort en mettant la lumière là-dessus. À la parution de mon livre, traitant en partie des dessus de l'histoire mandingue autour de la légende de Son-Djata, un compatriote versé dans les pratiques de sorciers me dit : « Les Maninkaw ne vont pas te laisser tranquille. S'ils n'arrivent pas à bout de toi par leurs sortilèges, ils vont te manger.» Ces propos faisaient écho à ceux d'un Africain d'un autre pays, écrivain plagiaire, qui m'a carrément représenté et tué dans son livre, par des pratiques de sorcellerie symbolique et assumée, affirmant que lui et son maître blanc m'ont « mangé ». 
J'ai répondu à mon compatriote que la personne qui peut me manger n'est pas née. Et à l'autre Africain et à son maître blanc, j'ai répondu par écrit: « On verra qui sera mangé.» Et j'ai multiplié une série d'articles sur eux, basés sur des enquêtes, consistant à déballer leurs pratiques criminelles, à savoir la contrefaçon d'oeuvres littéraires. J'ai aussi initié des poursuites judiciaires contre eux. Et mon dossier dort encore dans le tiroir du TGI de Paris. Quant à leur caution politique de l'époque, qui occupait la plus haute magistrature, elle fait face aussi à une succession de procédures judiciaires pour des affaires multiples avec le risque de finir ses jours en prison.

Jusqu'à présent, je n'ai pas été mangé. Mais, je ne peux pas dire que je vis une vie tranquille. Sans compter les coups bas que je reçois régulièrement des deux bords, je fais l'objet de certaines attaques nocturnes qui me privent de sommeil. Je suis attaqué par des insectes invisibles qui essaient de s'infiltrer dans tous mes orifices. J'avais des doutes sur leur provenance. Mais, récemment, lors d'un scandale impliquant un fils de griot, une de ses cousines a fait une vidéo dans laquelle elle trahit leur secret. J'ai compris alors. Mais, c'est une pratique dont a recours aussi au niveau d'une certaine secte qui regroupe à la fois des Blancs et des Noirs. Il y a un écrivain français, qui combattait lui aussi le milieu de la contrefaçon, qui était victime d'un problème de vision nocturne qui l'empêchait de fermer l'oeil. À l'époque, je l'avais aidé à se débarrasser du problème…

Hier matin, suite à la publication de mon dernier article, "La véritable guerre au Mali", les insectes nuisibles, après m'avoir persécuté toute la nuit, se sont manifestés dans la journée. Alors que j'étais à la porte-patio de mon balcon, je vis une nuée de petites bestioles, essayant de s'infiltrer dans ma demeure. Après avoir tenté en vain de les disperser en pulvérisant sur eux du vinaigre blanc, j'ai réussi avec de la fumigation de sauge blanche, à travers la moustiquaire.

LES INSECTES HUMAINS

Il n'y a pas d'ailleurs que les insectes, au sens conventionnel du terme, qui sont déployés dans les pratiques de sorcellerie. Il y a aussi des insectes humains qu'on utilise contre toi, en les poussant à s'acharner contre toi, à travers la diffamation qui est un « assassinat moral» d'un point de vue criminologique, selon un criminologue français. Et, comme ils savent les conséquences d'un tel acte qui peuvent déboucher sur la prison dans les systèmes judiciaires, hérités du droit français (et même dans le droit anglo-saxon dans un cas précis où c'est assimilé à un acte criminel), ils se contentent de faire du parasitisme, en se mettant dans le sillage de tes ouvrages ou de tes articles, essayant de les parodier, de les railler ou de les contrefaire, à défaut de pouvoir les attaquer sur une base solide, puisque n'étant pas outillé pour le faire.
Mais, le sorcier ne peut attenter à la vie d'un individu, sans le concours de son entourage. Et mon précédent article visait un « proche» que j'ai surpris en train de s'adonner à des élucubrations sur une chaîne de télé, cherchant à me faire un enfant dans le dos, faisant hors sujet et de la fausse représentation. Je lui ai adressé des courriels auxquels il n'a pas répondu. Le jour où je vais le frapper frontalement avec ma plume, il n'en survivra pas. Et j'espère qu'on n'en arrivera pas là.

Je tiens à dire à ces sorciers et parasites africains que la sorcellerie doit servir avant tout à se protéger soi-même, avant de s'attaquer aux autres. Les Blancs aussi pratiquent la sorcellerie, et c'est leur sorcellerie qui a triomphé de la sorcellerie africaine. Et c'est pourquoi ils dominent les Africains et leur imposent leur volonté. J'ai en ma possession les pouvoirs des Africains et les pouvoirs des Blancs. Et je n'ai même pas besoin de lancer de "kôrôtè" ou d'autres bestioles contre quelqu'un. Ma plume suffit.

« Si vous n'avez pas peur de Dieu, ayez peur de ma plume» est d'ailleurs le titre d'un article que j'ai écrit depuis un certain temps et que j'ai décidé de ne pas publier. Malheureux congénères, qui vous complaisez dans l'obscurantisme en vous accrochant aux légendes obscures et aux valeurs imaginaires, je vous plains. Au lieu de chercher à vous attaquer à moi, cherchez d'abord à profiter de mes connaissances de la bonne façon, pas en cherchant à me plagier ou à vouloir prendre ma place. Vous ne savez pas à qui vous vous attaquez, car vous ne savez pas toutes les réalités ou entités qui se cachent derrière la personne sous les traits de laquelle je vous apparais. Vous qui n'avez aucune mémoire de votre passé, sinon ce qu'on daigne vous en dire, comment pouvez-vous espérer triompher de quelqu'un qui vit avec les souvenirs de ses vies antérieures et la connaissance de ses morts et de ses résurrections?

MF Kantéka

samedi 9 janvier 2021

LA VÉRITABLE GUERRE AU MALI


Le monde entier s'attriste du sort du Mali en ce moment: un pays qui s'en va à vau-l'eau avec des conflits à n'en pas finir. Au Nord, au centre et Dieu sait où encore. C'est sûr, il y a la main de l'impérialisme derrière tout cela. Mais, ce n'est pas vraiment cela la vraie cause.

La vraie cause, c'est la guerre « raciale » qui sévit au Mali depuis des lustres, à cause de la tradition orale autour du mythe de Son-Djata et toutes ces histoires de castes, de soi-disant nobles, et patati et patata. Une histoire montée de toutes pièces par certains « hommes de castes» eux-mêmes, dans leurs intérêts personnels, pour traire les "hôronw", soi-disant « nobles», comme des vaches laitières. Pour qu'ils travaillent pour eux. J'ai beaucoup de choses à raconter là-dessus. Mais, je ne le ferai pas ici. 

Massa Makan Diabaté lui-même, en son temps, avait écrit un pamphlet là-dessus, en se fendant la poire sur le dos de ces "hôronw". Il n'a pas manqué d'égratigner les griots de Kita qu'il à gratifié des qualificatifs de « bande de féticheurs» et de « fous». Un vieux m'a confié que c'est pour cela qu'on a abrégé sa vie. Vrai ou faux, je sais que les griots du Mali ne blaguent pas quand on essaie de remettre en cause leur échafaudage de légendes. Je me bats contre leurs maléfices depuis plusieurs années, ajoutés à ceux d'une autre secte… 

Comme si tout cela ne suffisait pas, il y a de ces intellos à la con, se targuant de faux diplômes universitaires ou de titres imaginaires pour impressionner la galerie, en roulant le « r» à la parisienne tout en tenant des discours traditionalistes éculés, s'improvisant « historien », rien que pour maintenir vivant le mythe de Son-Djata, parce que ça leur profite socialement et politiquement. Les nommer ici, ce serait leur faire de la publicité. Mais j'en ai surpris un récemment un sur Africable. Et cet énergumène, qui allait jusqu'à enregistrer mes propos lors de nos conversations téléphoniques, parlait même de revenir aux valeurs de Kouroukan Fouka, comme s'il était dans ce lieu. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Et le plus triste est que ce Diarra ne sait même pas ce que signifie le titre qu'il porte. Je veux dire qu'il ne sait même pas que ce titre a été porté par ceux qu'il attaque sournoisement, ceux qu'il appelle les « vaincus » de la « bataille de Krina». Je viens de lui adresser un courriel, lui rappelant que j'ai en ma possession une version méconnue d'une confrontation fratricide à Krina où c'est un certain Son-Djata qui a été tué. Et ce Son-Djata est souvent présenté comme le père d'un autre Son-Djata. Je suis tenté d'en dire plus sur un autre Son-Djata dont on parle beaucoup en ce moment, sans même faire le rapport avec le personnage de légende. Ce Son-Djata qui a tué son père et sa mère et pillé son pays...

Griots traditionnistes du Mali, dites la vérité aux gens, si vous vous en souvenez encore, et apportez la paix dans ce pays qui est en train de s'enfoncer dans l'abysse. Quant aux maléfices que vous avez lancés contre moi, ça va se retourner contre votre descendance.
Et vous ne m'empêcherez pas de laisser à la postérité la mémoire que vous avez dérobée à notre génération et aux générations de nos pères et de nos grands parents. En vérité, vous ne pouvez rien contre moi, car je ne laisserai pas de descendance derrière moi. Je ne laisserai que des oeuvres…

MF Kantéka

jeudi 10 décembre 2020

QUI EN A APRÈS MOI AU QUÉBEC?

 

Depuis quelques jours, je constate, lors de ma marche quotidienne des voitures de police ralentir à mon niveau, comme pour m'intimider. Et je constate aussi des individus louches sur mon chemin.

Je cherchais à comprendre qu'est-ce qui a pu changer dans ma routine pour qu'on mette autant de pression sur moi. Et comme, si cela ne leur suffisait pas de me filer, de façon aussi maladroite que criminelle, ils se sont attaqués à mes comptes FACEBOOK, mon compte privé et ma page publique, me faisant croire que ça venait de Facebook. Ils m'empêchaient d'avoir accès à ma messagerie privée. Et j'avais remarqué qu'il y avait 4 messages non lus.

J'ai tenté par tous les moyens de régler le problème, en envoyant à Facebook des messages qui sont restés lettres mortes. Finalement, j'ai pu remonter aux messages qu'on tentait de me cacher. Et là, j'ai compris la source du problème.

C'est une AFRICAINE qui a tenté de me joindre sur Messenger. Et cette Africaine fait face à un DÉNI DE JUSTICE depuis plus de 15 ANS pour une affaire d'AGRESSIONS SEXUELLES et VIOL perpétrés sur elle par un DÉPUTÉ CANADIEN. Et la police québécoise et une juge d'instruction sont impliqués dans le BLOCAGE de son dossier. J'y avais consacré un article en 2008 sur mon blog (voir le document: https://kanteka.blogspot.com/2008/11/).

Récemment, j'étais rentré en contact avec l'Africaine et l'avais mise en contact avec deux femmes journalistes noires. Et, constatant le silence de ces deux journalistes noires (certainement bloquées par leur hiérarchie), l'Africaine a essayé de me contacter par Facebook. Et c'est pourquoi, j'ai ces ennuis de tous les diables.

RACISTES QUÉBÉCOIS, je vous avertis! Je ne suis pas ce genre de Nègre qu'on peut castrer. Je croyais que vous l'aviez compris, mais apparemment vous continuez à vous entêter, à moins que ce ne soit l'énergie du DÉSESPOIR.

Je suis encore à la recherche d'un avocat pour diligenter une procédure contre la police (pour entrave à la justice) et l'université de Montréal (pour Harcèlement, tentative d'extorsion de document et discrimination raciale). Vous l'avez compris, je ne lâche jamais rien. Et j'aurai gain de cause. Tout comme l'Africaine. S'attaquer à la femme noire, c'est s'attaquer à Dieu. Je n'ai pas besoin de vous l'expliquer.

MF KANTÉKA

NB: Par souci de concision, je n'ai pas mentionné d'autres incidents répréhensibles auxquels je fais face ces temps-ci, car je suis très occupé à finir des ouvrages. RELAYEZ LE MESSAGE, SVP!

vendredi 16 octobre 2020

CLARIFICATION SUR LA DIFFÉRENCE ENTRE "DJALIYA" ET "NYAMAKALAYA"

 


Au Mali, la perte de mémoire par rapport à l'histoire va de pair avec la falsification ou la dénaturation du sens des mots. À force de jouer avec les mots pour favoriser l'implantation des légendes (à des fins idéologiques), on a fini par perdre leur sens véritable. Il en est ainsi du mot "nyamakala" qu'on a tendance à rendre synonyme de "djali" ou "djéli". Or "djaliya" ou "djéliya" (qualité de griot) fait partie de "nyamakalaya". En d'autres termes, si tous les griots sont des "nyamakalaw", tous les "nyamakalaw" ne sont pas des griots (djaliw ou djéliw). Il y a une hiérarchie entre les "nyamakalaw". Et leurs compétences sont en principe compartimentées, même si on peut parfois assister à des interpénétrations.

Le grand conteur, Djéli Baba Sissoko, a déjà fait la remarque dans une vidéo en insistant sur le fait qu'il se considère comme un " nyamakala" et non un "djéli". La différence qu'il en fait est que le "nyamakala" est un travailleur et un intercesseur tandis que le "djéli" est un quémandeur qui crie derrière le premier venu pour lui soutirer de l'argent. C'est un peu réducteur comme jugement. Et la définition que donne Djéli Baba Sissoko du mot " nyamakala" (« aidez-moi à coudre (les liens sociaux)») n'est pas exacte. Pas plus que celle donnée par l'ethnologue Youssouf Tata Cissé qui le définit comme « homme de talents» ou « artisan ».

En vérité, le mot "nyamakala" est composé de deux substantifs "nyama" et "kala" dont chacun a au moins deux significations. Pour faire court et pour ne pas dévoiler prématurément les résultats de mes recherches, "nyamakala" désigne plutôt l'homme de savoirs, y compris le savoir magique et religieux…

Je prie donc les griots du Mali de ne pas réduire la "nyamakalaya" (qualité de "nyamakala") à la "djaliya" (qualité de griot). J'en profite pour dire que, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le "djali" ou "djéli", n'est pas un subalterne, mais un aristocrate à l'origine. Si certains Maliens comprenaient le sens des chansons (chantées dans leur langue natale), ils le comprendraient aisément.

Aujourd'hui, certains griots préfèrent se faire passer pour des subalternes pour gagner leur vie, puisque notre société a changé de mode de fonctionnement. J'en profite aussi pour dire que le sens péjoratif qu'on donne au concept « hommes de caste » ("nyamakalaw") chez nous est une monumentale aberration, puisque l'homme de caste est l'homme des privilèges par excellence. Je réserve les développements sur le sujet à l'ouvrage sur lequel je travaille depuis un certain temps.

 

MF Kantéka

mardi 6 octobre 2020

REBELOTE AU MALI: DE NOUVEAU SUR LES CHARBONS ARDENTS

 

On y est! Sitôt le gouvernement de transition mis en place, le M5-RFP déterre la hache de guerre, ce mardi 6 octobre. Nous plaçant dans la perspective d'une nouvelle situation insurrectionnelle dans le pays. Les détracteurs s'empressent déjà de crier à la « soif de pouvoir » de politiciens mis au rancart par les jeunes loups de la junte militaire qui se sont érigés en sauveurs du peuple malien. Comme s'ils oubliaient soudainement que sauver le Mali, c'est d'abord gagner la guerre contre le « terrorisme » qui fait rage au nord et au centre du pays.

Nous aimerions poser une simple question à ceux qui dénigrent les membres du M5-RFP. Qui d'entre eux aimerait voir quelqu'un venir confisquer le fruit de sa lutte? C'est de cela qu'il est question ici. En vertu de quoi Assimi Goïta et sa troupe, longtemps restés inactifs face au chaos qui minait le pays, s'érigent-ils soudainement en sauveurs et décideurs politiques?

 

ENTRE LE FAUX ET LE VRAI COUP D'ÉTAT

 

Nous n'allons pas nous répéter en rappelant derechef que l'opération du 18 août 2020, ayant conduit au départ du président IBK, n'était qu'une mise en scène. Dont le but principal était de sauver le potentat déchu et son problématique fils, Karim Keita. Sans quoi, ils allaient être lynchés par la foule en colère. Et les militaires n'auraient rien pu faire contre ce lynchage. Ils se sont débrouillés pour les faire sortir du pays, afin de les mettre définitivement à l'abri. Donc, plutôt que parler de « coup d'État», il faudrait surtout parler d'opération de sauvetage du président de la république et de sa famille.

En revanche, il y a bel et bien eu un coup d'État contre les membres du M5-RFP. Cela aussi, nous l'avons signalé dans un précédent article. Ils se sont faits dribbler par les petits opportunistes militaires, aux ordres de la France et autres puissances coloniales.

Ceux qui disent que la véritable question est l'intérêt du Mali, nous les prenons au mot. En vertu de quoi les militaires seraient plus habilités que ceux du M5-RFP à diriger le Mali? Comme les hommes ont la mémoire courte! Qui oserait nous dire que le régime militaire de Moussa Traoré, venu au pouvoir par un pustch contre le régime civil de Modibo Keita, a été salvateur pour le Mali? Et, plus proche de nous, a-t-on déjà oublié les deux mandats du général ATT qui avait troqué l'uniforme militaire contre le costume de président civil? Qui oserait nous dire que ce régime a été un exemple de réussite, en matière de lutte contre la corruption et l'insécurité, entre autres? A-t-on déjà oublié les cents militaires maliens, égorgés comme des moutons de Tabaski, à Aguel Hoc sous son règne? Nous avons encore, dans nos archives, les photos de cette horrible tragédie — qui ressemble à s'y méprendre à un rituel maçonnique. Et quid du passage houleux et éphémère de la troupe du jeune Amadou Haya Sanogo qui, en l'espace d'une petite année de règne, a sombré dans la mégalomanie et a fait couler un ruisseau de sang au sein des bérets rouges et de ses propres membres, bérets verts? Et quid de la corruption rampante qui règne au sein de l'armée malienne, au niveau des hauts gradés? Même en temps de guerre, ils n'hésitent pas à détourner les fonds de l'armée. Même l'armement est détourné de son but.

 

"DIOMAYA" OU LA SOUS-ESTIMATION

 

La guerre politique qui va bientôt être déclenchée au Mali entre les opportunistes militaires et les membres du M5-RFP, en plus des enjeux politiques, rentre dans le cadre de ceux que les griots mandingues appellent "diomaya kèlè". C'est à dire la lutte pour laver un affront. Un affront infligé par quelqu'un qui nous sous-estime. Les militaires ont eu le tort de croire que leurs armes peuvent leur permettre d'en imposer à des civils aux mains nues. Quels que soient ceux qui les manipulent, ils ne pourront pas faire face longtemps à une insurrection populaire.

Et, comme ils l'ont déjà fait, rien ne sert de chercher à monter d'autres civils contre ceux du M5-RFP. Parce que, dans un très court laps de temps, s'ils n'arrivent pas endiguer la menace « terroriste», ces civils vont se retourner contre eux. Ils seront pris dans leur propre piège. En attendant, certains s'empressent déjà d'exiger des nouveaux « maîtres » du pays qu'ils fassent leur déclaration de biens personnels, afin de prémunir le pays contre les inévitables détournements de fonds qui vont survenir pendant cette transition politique.

Comment Assimi Goïta — vraisemblablement un homme de paille — et sa troupe peuvent faire preuve d'autant d'indélicatesse et de manque de jugement en poussant l'outrecuidance jusqu'à revendiquer la paternité d'un enfant dont ils ne connaissent même pas la mère?

 

MF Kantéka

lundi 28 septembre 2020

LE MALI FACE AU SPECTRE DE L'ÉTERNEL ÉCHEC POLITIQUE

 

La crainte que nourrissaient beaucoup de Maliens est devenue réalité avec les choix du Président et du Premier ministre de la transition politique. Le premier, Bah N'Daw, militaire à la retraite, est un septuagénaire qui a servi notamment sous le régime militaire de Moussa Traoré et celui d'IBK (Ibrahim Boubacar Keita). Malgré son intégrité affirmée, il n'en demeure pas moins un serviteur des régimes décriés et combattus avec rigueur. Le second, Moctar Ouane, âgé de 65 ans, est lui aussi un ancien ministre d'ATT (Amadou Toumani Touré). Perçu comme un pion de la France, certains se sont empressés de l'accuser — à tort?— de traîner derrière lui une casserole de près de 65 milliards de francs CFA. Ceci pour dire que ces choix sont discutables et jurent avec la volonté de changement affichée par les contestataires de l'ancien régime. Pourtant, il y avait bien des Maliens, à l'intérieur comme à l'extérieur, qui pouvaient être choisis pour remplir ces fonctions. Et parmi eux, il y a des jeunes qui n'ont trempé dans aucun de ces régimes honnis. Ajoutons à ces désagréments, la présence du jeune et ambitieux militaire Assimi Goïta (aspirant au messianisme) qui s'incruste, en s'octroyant le poste de vice-président de la transition, comme pour revendiquer la paternité du mouvement populaire qui a conduit au départ du Président IBK. Confirmant la confiscation que nous avons évoquée dans notre dernier article ("LA RÉCUPÉRATION DE LA LUTTE POPULAIRE PAR LES MILITAIRES"). Du coup, l'euphorie révolutionnaire a viré au cauchemar. Le rêve éphémère d'un « Mali nouveau » semble s'être envolé! Le branle-bas d'une nouvelle révolte est déjà en marche du côté du MDP (Mouvement Démocratique et Populaire), dirigé par le jeune Adama Ben Diarra alias Ben Le cerveau, ayant pris ses distances par rapport au M5-RFP qui est sur le point de voler en éclats (si ce n'est déjà fait). On y crie à la « trahison ». Une « trahison » imputable tant aux militaires du CNSP (Comité National pour le Salut Public) qu'au guide Mahmoud Dicko, voué aux gémonies, qualifié de « traître ». Des partisans de l'ancien Président IBK y vont aussi de leurs critiques et de leurs exigences. On se dirige droit vers de nouvelles alliances visant à combattre l'imposture des nouveaux maîtres du pays. 

 

 LA RÉPÉTITION DU MÊME SCÉNARIO 

 La fâcheuse situation, à laquelle on assiste aujourd'hui, n'est que la réplique de ce qui s'est passé huit ans auparavant, suite au coup d'État perpétré contre ATT par la troupe du capitaine Amadou Haya Sanogo. Et cela nous avait inspiré un édito dans "Le Filon", en date du 7 janvier 2013 ("LE CERCLE VICIEUX DU POUVOIR") dans lequel nous disions: « Acclamés et affichant au départ des idéaux rénovateurs, nos jeunes putschistes du 22 mars 2012 ont été vite rattrapés par la funeste réalité de la politique malienne qui, depuis 1960, n'est qu'une suite de reconductions des mêmes personnes au pouvoir! Cela se confirme avec la nomination du septuagénaire Django Sissoko au poste de Premier ministre, succédant à Cheick Modibo Diarra — lui-même gendre de l'ex-Président Moussa Traoré sous lequel Django Sissoko a aussi servi. « Si certains approuvent ce choix, au nom de l'expérience et de la continuité, d'autres le voient comme une poursuite des politiques antérieures tant décriées, ayant justement servi de justification au putsch. du 22 mars. " À quoi bon chasser ATT si c'est pour reconduire l'homme qui lui servait de cheville ouvrière?", s'interrogent-ils. Pourquoi en effet parler de continuité quand on s'inscrit dans la logique de la rupture? Ce paradoxe est inhérent à la sociologie politique d'un Mali enferré dans un fixisme nourri par des légendes moyenâgeuses, hostile au progrès, réfractaire à tout vent nouveau. C'est le drame d'une société réactionnaire, mystifiée par une Tradition ancrée, ayant une curieuse lecture de l'histoire. Le pouvoir politique a du mal à s'évader de ce cercle vicieux. Dans ce contexte de tribalisme politique, le coup d'État se réduit à un simple moyen d'accéder au cercle restreint des privilégiés. Et non un mode de transformation des moeurs politiques. Les grandes déclarations sont vite contredites dans la pratique, semant encore plus de désarroi au sein de ceux qui aspirent à une société plus ouverte et plus égalitaire... » 

 

 LA QUESTION DE LA RELÈVE

Dans cet article, nous n'avons pas manqué d'aborder la question de la relève politique. À savoir « l'incapacité de la jeune génération à se démarquer de ses devanciers et à revendiquer et obtenir son droit à la reconnaissance.» Et nous indexions l'absence de formation idéologique, l'incapacité « de s'affranchir et de transcender le chimérique discours passéiste », de remettre en cause les jalons préétablis, de se passer du parrainage des caciques du milieu politique, de se mettre à l'abri des démons de l'arrivisme, le manque de vision et de projet collectif, le goût du lucre et du luxe, le culte de la personnalité, la paresse intellectuelle, la fausseté et la division. Toutes ces tares qui font que les vieux continuent à faire la pluie et le beau temps, avec la complicité de leurs jeunes protégés. Donnant au Mali l'image du chien qui se mord la queue. Cependant, nous avons pu observer, tout le long de la lutte du M5-RFP, des jeunes prometteurs comme maître Demba Traoré, Clément Dembélé, Nouhoum Sarr, Adama Ben Diarra et bien d'autres qui, à défaut du poste de Président, auraient mérité celui de Premier ministre de la transition. Mais, pour cela, il aurait fallu qu'ils ne se laissent pas abuser par toutes ces histoires d'expériences politiques, de carnet d'adresses et de CV. Car, l'histoire nous l'apprend, des révolutionnaires comme Thomas Sankara ou Jerry Rawlings ne sont pas venus au pouvoir avec des expériences politiques, des carnets d'adresses ou des CV kilométriques et ronflants. Ils y sont venus avec leur amour du pays, leur loyauté et l'esprit de sacrifice. 

 

 LA MAIN DE LA FRANCE ET SES FRANCS-MAÇONS MALIENS 

Pour finir avec cette succincte analyse, nous attirons l'attention sur des mouvements de revendications visant au retrait des soldats français du Mali, ayant eu lieu le 22 septembre à La Place de l'indépendance. Et aussi les allusions aux francs-maçons tout le long de la lutte pour le changement. C'est l'occasion pour nous de mettre en garde la France et ses serviteurs de la franc-maçonnerie locale qu'on soupçonne d'oeuvrer en coulisses pour bloquer les efforts de libération nationale. Le Mali est à la croisée des chemins, comme l'a constaté Nicolas Normand, l'ancien ambassadeur de France (au Mali). Il y a un décalage, pour ne pas dire un fossé infranchissable, entre la servilité des Maliens (francs-maçons) qui servent la France et et la hardiesse de ceux qui veulent en finir avec cette servitude déshumanisante. Le temps n'est plus aux tentatives consistant à étouffer les voix (notamment la nôtre) qui s'élevaient contre les pratiques rétrogrades. Maintenant, les populations sont averties sur les moeurs des gens des sectes. Qu'ils prennent garde à ne pas trop tirer sur la corde et de ne pas déclencher une chasse aux francs-maçons au Mali et dans toute l'Afrique. Les gens sont fatigués de leurs pratiques surannées. Alors francs-maçons, en toute cordialité, soyez attentifs à ce message: « Faites profil bas et laissez le Mali suivre le cours de son évolution historique!».

MF Kantéka.

lundi 14 septembre 2020

MALI: LA RÉCUPÉRATION DE LA LUTTE POPULAIRE PAR LES MILITAIRES

 

Un mois, moins six jours, après le départ du président malien IBK (Ibrahim Boubacar Keita), les tractations au niveau des concertations pour la future transition politique nous confortent dans l'analyse que nous avions faite de ce coup de théâtre ("DÉPART DU PRÉSIDENT MALIEN IBK: COUP D'ÉTAT OU MISE EN SCÈNE?"). En effet, tout semble indiquer que les jeunes militaires du CNSP (Comité National pour le Salut du Peuple), manipulés par des mains supérieures, n'ont fait irruption sur la scène politique que pour décanter la situation et, d'une pierre deux coups, court-circuiter les politiciens de la vieille garde qui ont dirigé la grogne populaire du M5-RFP. 

Outre les accrochages du début des concertations et les incitations des populations à réclamer un leadership militaire (ayant conduit notamment à la création d'un autre mouvement, M4, constitué en partie des partisans du président sortant IBK), nous sommes aujourd'hui devant le fait accompli, avec le refus du M5-RFP d'accepter les conclusions des concertations, au motif qu'elles ne reflètent pas la volonté du peuple malien. Dans un communiqué en date du 12 septembre, on dénonce la non-conformité du rapport final aux délibérations des groupes de travaux sur plusieurs points ainsi que des « intimidations [et] pratiques antidémocratiques et déloyales dignes d'une autre époque » qui ont justement servi d'arguments pour déboulonner le président démissionnaire IBK. D'où le constat de « la volonté d'accaparement et de confiscation du pouvoir au profit du CNSP ». 

Autrement dit, nous risquons de nous retrouver à la case de départ, à la seule différence qu'IBK et son problématique fils, Karim Keita, ont réussi à tirer leur épingle du jeu, en se mettant à l'abri, hors du pays. Et en laissant les affaires aux militaires qui leur doivent leurs promotions aux grades de colonel et de général, sans jamais avoir eu à commander, si l'on se réfère aux commentaires d'un membre influent du M5-RFP, NouhoumTogo, qui ne s'est pas gêné pour étaler, au micro de Kati 24, les carences des jeunes militaires, naguère acclamés comme des héros-libérateurs. En insistant au passage sur les tares des militaires, en général. Comme pour rappeler que la corruption n'est pas seulement une affaire de civils… Le pire dans tout cet embrouillamini est que nous n'avons jamais encore entendu, de part et d'autre, des propositions visant à sortir le Mali de ce schéma de gouvernance calqué sur celui de la France. Et nous n'avons eu aucun écho à l'appel que nous avons lancé au lendemain du « coup d'État ». Notre appel à une "RÉFLEXION SUR UN AUTRE MODÈLE DE GOUVERNANCE" au Mali. Nous nous demandons parfois à quoi sert-il de nourrir de nobles ambitions pour ce pays… 

 

MF Kantéka