Je titre cet article par la forme interrogative pour marquer
ma stupéfaction face à un fléau qui ronge le Mali, depuis des lustres. C’est un
sujet qui revient souvent dans mes écrits (articles et livres).
Mon dernier article (’’RÉPONSE À UN GRIOT DU MANDEN’’) faisait
état du comportement irresponsable d’un griot de Kita à l’endroit de mon neveu,
en l’attaquant sur la base de ce qu’il croyait être son patronyme (FANÉ, au
lieu de SOUMAHORO). Ma réplique au griot se voulait brève, en se limitant à de
succinctes précisions historiques sur les origines. En lui rappelant des
réalités qu’il est censé connaître, en sa qualité de griot. Mais qu’il ignorait
visiblement.
En réalité, les propos du griot, qui se définit lui-même
comme ’’KITA DJÉLIBA’’ (grand griot de Kita), sont constitutifs d’infractions
pénales ou criminelles, selon les systèmes judiciaires. Ses propos
discriminatoires et méprisants, outre le dénigrement, sont en effet une incitation
à la haine et à la violence, assortie de menaces de mort implicites.
UN PRÉCÉDENT INQUIÉTANT
On aurait pu penser que ce griot, à l’instar de certains de
ses pairs (pas tous heureusement), s’adonnait à un acte irréfléchi, rien que
pour s’attirer les bonnes grâces du pouvoir en place. Mais, il se trouve que ce
même neveu avait fait l’objet d’une ARRESTATION ARBITRAIRE d’une rare violence,
le mois de décembre dernier. On avait envoyé DIX HOMMES au domicile où il
habite avec sa mère, sans mandat ni convocation. Ils leur sont tombés dessus
comme un GROUPE DE SORCIERS, en défonçant la porte de la chambre à coucher de
mon neveu et en violentant sa mère (qui est ma sœur).
C’était à propos d’une affaire d’audio (diffusée sur le net)
contre le premier ministre Choguel Maïga.
Et en menant une rapide enquête, je constatai que mon neveu
n’y était nullement impliqué. J’ai écrit un article là-dessus (’’LE
PROCUREUR DE DEUX POIDS, DEUX MESURES’’) dans lequel je soulevai le TRAITEMENT DISCRIMINATOIRE entre
ceux qu’on a arrêtés (dont le politicien Oumar Mariko) et ceux qu’on a ignorés
(dont le chroniqueur web Yousouf Mangara) pour la même injure. Et je terminai
l’article en demandant des explications au procureur concerné : Hamidou
Idrissa Touré…
UN ACTE CONCERTÉ, CONSTITUTIF DE COMPLOT, IMPLIQUANT UN
MAGISTRAT
Mon erreur a été de croire que c’était le procureur Touré
qui était à l’origine de l’arrestation de mon neveu. J’en profite pour lui
présenter mes excuses ici. Même si sa responsabilité est engagée, en tant que
chef du parquet.
Ce n’est que quelques jours plus tard que j’appris qu’au
moment de l’arrestation de mon neveu, Touré était en congé. C’est lui-même qui
l’a dit dans une interview. Et que c’est son substitut, MAMADI TOUNKARA, qui a
ordonné l’ARRESTATION ARBITRAIRE, BARBARE ET ILLÉGALE de mon neveu.
C’est en faisant le lien entre cette arrestation et
l’attaque violente du griot de Kita, en l’espace de trois mois, que la piste du
complot prend corps. POURQUOI ? Parce que les TOUNKARA font partie de la
caste des GRIOTS et sont aussi originaires de KITA. Et leur MODE OPERATOIRE est
connu des initiés. Même pour frapper quelqu’un d’un kôrôtè (poison magique),
ils agissent de concert.
Et, comme par hasard, le lendemain de la publication de mon
article sur le griot de Kita, un autre Tounkara de Kita, qui m’avait snobé, surgit
du trou pour essayer de rétablir le contact avec moi. Je ne rentrerai pas dans
les détails… Je me suis contenté de le remettre à sa place, en lui disant :
« Tounkara, ne joue pas avec moi…» Il a voulu se justifier. Je lui ai répété :
« Ne joue pas avec moi. Nous connaissons vos intentions et nous sommes sur nos
gardes… »
Pour en revenir à mon propos, loin d’être des actes spontanés
et isolés, ces actes sont en réalité concertés dans le but de nuire à ma famille.
POURQUOI ? Au delà de la HAINE ATAVIQUE que nourrissent certains griots
contre les Noummouw (qu’on désigne sous le vocable de Forgerons), pour les
avoir exclus du Kômô (principal organe d’initiation aux connaissances
ancestrales), les poussant même à falsifier l’histoire, ces attaques contre mon
neveu, ne sont pas seulement une volonté de le faire renoncer à son ambition
d’accéder au pouvoir. Ce sont aussi des représailles contre moi à cause de mon
ouvrage qui attaque la LÉGENDE DE SON-DJATA qui constitue le FONDS DE
COMMERCE DES GRIOTS.
On m’avait déjà averti : « Les Maninkaw ne vont jamais
te laisser tranquille.» Ayant échoué à m’abattre (au propre et au figuré, y
compris par la sorcellerie), ils s’acharnent sur mon neveu. Sinon pourquoi tout
cet acharnement contre lui ? Qu’est-ce qu’il représente ? Est-il un
chef de parti ? Pourquoi ne se contentent-ils pas de l’ignorer tout
simplement, au lieu de passer leur temps à scruter ses vidéos où il
délire ?
C’est d’ailleurs par les interventions des détracteurs de
mon neveu que j’apprends qu’il a dit ceci ou cela. Les derniers contacts que
j’ai eus avec lui, c’était pour lui dire de prendre ses distances avec le
moribond régime d’IBK. C’était en 2020. Mais, il ne m’a pas écouté, parce qu’il
n’écoute jamais personne, mû par les démons du pouvoir.
Il n’a jamais partagé mes opinions politiques et s’est
toujours trouvé aux antipodes de mes prises de position, comme s’il voulait me
braver. Il ne cherche même pas à bénéficier de mes recherches historiques, sinon
il ne prononcerait jamais certains propos…
PLAINTE CONTRE LE SUBSTITUT DU PROCUREUR TOUNKARA ET LE
GRIOT DE KITA
C’est après avoir échangé avec l’avocate de mon neveu et
m’être assuré que la justice malienne n’a aucune preuve contre lui (et qui l’a
pourtant mis en prison) que j’ai pris la décision de porter plainte
contre :
- Le
substitut du procureur, Mamadi Tounkara, pour arrestation arbitraire de mon
neveu et attente à l’intégrité physique de ma sœur.
- Le
griot de Kita pour incitation à la violence et à la haine, et menaces de mort.
Et si la justice malienne n’applique pas la loi, je me
tournerai vers des instances supranationales.
Désormais, on va régler ce séculaire CANCER SOCIAL par la
voie judiciaire.
Je reviendrai encore sur ce problème et ses diverses
manifestations dans la société malienne où l’on s’arrange toujours pour mettre
des personnes précises à des postes clés pour verrouiller le système et
préserver un certain statu quo social. Favorisant la médiocrité endémique de
l’élite, avec son lot de corruptions et ses conséquences désastreuses. C’est ce
genre de divisions, entretenues par des griots, qui rend propice la guerre. C’est
cela la brèche par laquelle s’infiltre le margouillat étranger. Et c’est cela
qui est l’une des causes principales de la colonisation… Il y a de quoi en
vomir de dégoût. Même des journalistes se prêtent à cette monstrueuse mascarade…
J’avais interpellé publiquement IBK là-dessus, lors de son
passage à Montréal en 2004. Il avait reconnu devant les Maliens de Montréal que
ces pratiques moyenâgeuses « sont effectivement un frein pour le développement
d’un pays ». Mais, il n’a pas fait grand-chose pour l’éradiquer, quand il y a eu
la chance de diriger le pays, neuf ans plus tard jusqu’à sa chute, entraînant
avec lui mon neveu récalcitrant.
MF Kantéka
NB : Je n’étais jamais intervenu pour mon neveu les
deux premières fois où l’on l'avait mis en prison, sous IBK qui n’avait pas bougé le
petit doigt pour lui. Et j’ai volontairement omis de mentionner un incident
assez insolite, intervenu en plein cœur de Montréal, en plein après-midi, le 5
décembre 2021, date de sa troisième arrestation, qui m’a décidé à écrire pour
sa défense.
C’était à n’en pas douter la manifestation physique de
l'un de nos ancêtres communs, sous la forme d’un oiseau mythique, qu’on vénère encore dans le
Manden profond, venu se poser sur mon balcon, en me fixant d’un regard propre à
glacer le sang. Ça m’a fait frémir.
Et quelques heures après, j’appris sur Facebook l’incident
impliquant mon neveu et sa mère (ma sœur). J’ai fait tout de suite le lien. J’ai
compris que c’est cet ancêtre commun, dont on raconte l’immortalité, qui
exigeait mon intervention.
Je l’ai mentionné dans le livre que j’étais en train
d’écrire. Et si les griots savaient ce détail, ils renonceraient à leur entreprise maléfique. On ne s’attaque
pas impunément à un authentique Noummou. ’’Noummouya tè kôrôbôla’’, comme le
chantent si bien les soraw.