jeudi 6 août 2020

ANALYSES ET VOYANCE POLITIQUES (2e Partie): LA FAILLITE D'IBK



Vingt et un ans plus tôt, après le pamphlet décoché contre IBK (article "IBK se trompe-t-il d'époque?"), qui fit pâlir son étoile, je revenais un mois et un jour plus tard avec un autre article moins centré sur sa personne et plus axé sur sa gouvernance, en tant que Premier ministre d'AOK (Alpha Oumar Konaré). Après quelques tergiversations, le journal a jugé que cet article, moins virulent que le premier, mais non moins critique , était « publiable », sans qu'il y ait lieu de crier au scandale. Peut-être que son propriétaire Tiébilé Dramé s'est fait tordre le bras au niveau de la présidence, pour qu'il m'accorde plus de latitude pour faire descendre de son piédestal IBK qui n'était plus en odeur de sainteté sur la colline du pouvoir dont le principal locataire (lui aussi « victime » de ma plume par le passé) voulait le démettre de ses fonctions. Ou peut-être que le directeur de publication, Ibrahim Traoré, voulait en découdre avec son employeur (Tièbilé Dramé) qui ne cessait de l'humilier, en lui imposant la présence de son ami (le confrère ami d'IBK) et en s'attaquant à lui devant les autres journalistes. Toujours est-il que mon 2e article anti-IBK se fraya un passage dans les annales du Mali, en proie aux turbulences sociales et aux intrigues politiques.
Comme vous pourrez le constater, il n'y a pas une grande différence entre le Premier ministre IBK d'hier et le Président IBK d'aujourd'hui. Le Mali continue à tournoyer dans la spirale du même cycle infernal.

L'ÉCHEC DU « GOUVERNEMENT D'EXCELLENCE»

(publié le lundi 28 juin 1999 dans "Le Républicain", à Bamako)

Le triomphalisme est un péché en politique. Car, en la matière, les choses vont vite. Très vite. Si vite que l'espace d'un temps, on peut dégringoler. Héros d'hier, on se retrouve paria d'aujourd'hui, conspué par ceux-là mêmes qui nous acclamaient. Pour l'avoir oublié, IBK, avec son gouvernement autoproclamé « d'excellence », se trouve pris dans la nasse.


« Vous êtes excellent! » Ces mots résonnent encore dans mes oreilles. C'était il n'y a pas deux ans encore. Et ils émanaient de députés fraîchement élus pour qualifier le Premier ministre IBK, lorsque ce dernier procéda à la présentation, devant l'Assemblée nationale, de la politique générale du gouvernement. Un gouvernement qu'IBK lui-même n'hésitait pas à appeler « gouvernement d'excellence ». C'était le bon temps. IBK, le vent en poupe, claironnait urbi et orbi: « Je ne suis pas le chef d'un gouvernement fantoche.» ou encore: « Je ne suis pas le chef de gouvernement d'une démocratie bananière… Maintenant, ce pays a rompu avec les pratiques ayant cours en son sein par le passé. » C'était du beau IBK, ça! Maniant à merveille la langue de Molière, pour ne pas dire de Cicéron. Un IBK grandiloquent à souhait et triomphaliste sur les bords. Aussi bien dans les propos que dans la gesticulation. Tirant gloire d'une politique tape-à-l'oeil, plus soucieuse d'impressionner que de résoudre les questions de fond. Les vraies questions!
   
    En effet, si le gouvernement d'IBK pouvait se targuer de certaines réalisations en matière d'infrastructures (salles de classes, hôpitaux, routes, maisons à usage d'habitation…), certaines questions demeuraient plus que jamais posées. C'était l'emploi des jeunes. C'était l'administration de la justice, pilier de la démocratie. C'était la bonne répartition des ressources nationales. Car la corruption n'avait jamais été aussi criarde, notamment dans l'attribution des marchés publics. Et, malgré la construction d'hôpitaux, les soins restaient encore inaccessibles au plus grand nombre de citoyens. Soit parce que ces hôpitaux étaient sous-équipés, soit parce que les médicaments étaient trop chers, soit parce que ceux qui prodiguent les soins demeuraient corrompus et à la solde des riches. Et, malgré la construction des salles de classe, les années scolaires demeuraient encore perturbées par les incessantes grèves que le gouvernement d'IBK matait à coups de gaz lacrymogène. Avec sa politique plus basée sur les muscles que sur le dialogue.  C'est d'ailleurs cette politique musclée qui fut à la base de sa gloire éphémère. Certains voyaient en lui le sauveur du régime d'Alpha Oumar Konaré. Sans voir, qu'en fait, l'homme ne faisait qu'une gestion ponctuelle de la crise scolaire au lieu d'un règlement durable du problème.
La nomination d'IBK, au poste de Premier ministre, faisait suite à celle de deux autres. Le premier, Younous Touré, avait été nommé pour sa formation d'économiste afin de rassurer les institutions financières internationales et les encourager à investir dans notre pays fraîchement démocratisé. Le second, Abdoulaye Sékou Sow, l'avait été pour sa neutre coloration politique et son tempérament de conciliateur afin d'apaiser la tension politique dans le pays. Et IBK, qui venait en troisième position dans un contexte social surchauffé par les incessants mouvements estudiantins, n'avait guère le choix. Il devait sévir. Et fort. Puisqu'il avait été nommé pour cela.
   
    Mais, balayant du revers de la main toutes ces considérations, IBK se voyait comme étant le sauveur de la République. D'ailleurs ne lui ronronnait-on pas à l'oreille qu'il était le messie? Et puisqu'en plus de cela, tous les indicateurs étaient au vert. Les chiffres ne plaidaient-ils pas pour lui? Cité bon bon élève du FMI (Fonds Monétaire International), le pays affichait une croissance (selon les chiffres) qui le faisait envier par les voisins. Alors même que la pauvreté continuait à ronger les populations. Alors même que les denrées de première nécessité devenaient de plus en plus coûteuses. Alors même que de jeunes cadres dynamiques et talentueux sillonnaient les rues en quête d'emplois introuvables. Dans un pays où tout reste pourtant à faire. Un pays en friches!

    Eh bien, la vérité finit toujours par montrer son nez. Très vite, on se rendit compte que l'homme, bourgeois autoproclamé,  ne dédaigne pas le confort, multipliant à souhait les dépenses d'apparat et de prestige. Dans un pays aussi pauvre! On a parlé de la somme vertigineuse de 800 millions investis dans la seule réfection de sa maison. De 700 millions de facture de téléphone, etc. Et l'homme traînait derrière lui des élections bâclées qui ont englouti 15 milliards et plongé le pays dans des contestations qui ont failli le déstabiliser. Mais, c'est surtout la crise énergétique, que le pays connaît depuis plusieurs années déjà et qui a atteint son acuité cette année, qui a définitivement entamé le prestige éphémère d'un IBK plus seul que jamais. Comme l'écrivait si bien un confrère de la place, « l'excellence ne se décrète pas ». Mieux, on ne peut pas exorciser les rudes réalités par les mots. Et ce n'est pas avec la rhétorique qu'on fait la « politique d'excellence ». L'histoire nous apprend que Cicéron lui-même, qui a porté l'éloquence latine à son apogée dans ses plaidoyers, se révéla un médiocre politicien. Vaniteux à l'excès et toujours à la remorque d'un homme politique.

    IBK a tout simplement oublié que la politique est une question de prévention et non de gestion ponctuelle. Une affaire de prospective et non de bricolage. Sa politique n'aura finalement été qu'une construction de maison en banco où l'on colmate les brèches au fur et à mesure qu'elles se présentent. Et recommencer la même besogne à la moindre pluie. La « politique d'excellence » n'a pas besoin d'être clamée sur les toits. On la voit tout de suite. On l'a vue au Burkina-Faso avec Thomas Sankara qui, en quatre ans de règne, a fait subir une métamorphose à ce pays, tant au niveau des infrastructures qu'au niveau de la qualité de vie des citoyens. Surtout au niveau de la mentalité du Burkinabé qui a une conscience aigüe de la chose publique. Lui avait compris que la politique dans un pays pauvre n'est pas une sinécure, qu'il fallait être un apôtre de l'abnégation. Accepter de suer avec le peuple. Et ne pas surtout avoir une conception jouisseuse du pouvoir.

    L'humilité recommande en ce moment à IBK de faire son mea culpa et de tirer sa révérence.

Signé: Mountaga Fané

Vous remarquerez que, mis à part certains détails, ce portrait de la situation, fait 21 ans auparavant, correspond point par point à celui d'aujourd'hui, après 7 ans de règne du Président IBK. Avec en prime, l'hécatombe enregistrée par l'armée malienne, l'essor du grand banditisme, la corruption encore plus galopante, le népotisme comme on en n'a jamais vu au Mali, les grèves à répétition, les tueries de manifestants politiques et de simples citoyens. Bref, la faillite totale du pays. Avec à la clé la même question finale: le départ réclamé d'IBK.
Cependant, avant d'en arriver là, j'avais aussi prédit qu'IBK serait Président du Mali, malgré sa disgrâce auprès du président Alpha Oumar Konaré. Officiellement, il démissionnait en février 2000. Officieusement, il était poussé à la porte par les intrigues machiavéliques du Chef d'orchestre de Koulouba, le prince AOK, héritier de Nicolas Machiavel. Celui que j'avais surnommé Le Florentin. Et j'avais quitté Le Républicain dans des conditions assez cocasses, au grand dam de Tièbilé Dramé (pris à son propre piège) qui s'était débarrassé du directeur de publication, Ibrahim Traoré, pour le remplacer par un sous-fifre, avec la consigne de bloquer mes articles problématiques. Et je les donnais au journal Le Malien qui les publiait et les mettait à la UNE. C'est ainsi que je retournai à ce journal de mes débuts où j'avais une totale liberté de manoeuvre, sans même me donner la peine de présenter ma démission à Tièbilé Dramé. Je lui dis seulement d'en tirer les conséquences, quand j'étais allé le trouver au siège de son parti politique (PARENA) pour exiger le paiement de mes arriérés de salaire, en présence de Djiguiba Keita dit PPR. Et ma réclamation était assortie d'ultimatum. Heureusement qu'il s'est exécuté…

    Revenu au bercail avec Le Malien, je donnai libre cours aux articles les plus inspirés contre le régime en place. Pour en revenir à IBK, un mois et un jour avant sa « démission », dans un article d’analyse à la UNE, daté du 13 janvier 2000, intitulé "QUI APRÈS ALPHA ?", j'explorai les pistes au sujet de la succession du président en exercice Alpha Oumar Konaré. Et j'écrivis: « IBK ou ATT ! Voilà la seule alternative qui revient dans les causeries de salon. Comme si nulle autre possibilité n’était envisageable. Or ni l’une, ni l’autre solution ne nous paraissent être l’idéal pour ce pays… Eh, oui ! Rien ne sert de se leurrer. Si jamais aucune autre piste n’est explorée hormis l’équation IBK-ATT, LES MALIENS S’EN MORDRONT LONGTEMPS LES DOIGTS. » Et plus loin, après avoir invité la classe politique à puiser dans les forces vives du pays, je conclus : « Et nous espérons qu’il en sera ainsi. Sans quoi, l’unique alternative IBK-ATT, serait DRAMATIQUE pour ce pays.»
Je revins encore là-dessus dans un billet satirique daté du 27 MARS 2000, intitulé "Y A-T-IL ENCORE UN HOMME D’ETAT AU MALI ?" pour tirer sur la sonnette d'alerte.

    Ensuite, j'aperçus IBK un dimanche après-midi du côté de la cité du Niger, alors que je me faisais remorquer par un voisin et un grand fan de mes articles. Ce dernier s'empressa d'aller rejoindre le potentat déchu et lui dit qui je suis. On eut alors l'occasion d'échanger une poignée de mains. Et je sentis sa main fraîche et douce comme celle d'un nourrisson, attestant de sa bonne santé physique et mentale qu'on pouvait déjà voir sur sa mine radieuse. Cela me donna encore l'occasion d'écrire un billet, intitulé "ATTENTION! IBK N'EST PAS ENCORE MORT!", dans lequel je fis le compte rendu de ma rencontre avec lui, ajouté à d'autres informations que j'avais sur lui. Et j'affirmai que le fait de ne plus être au pouvoir lui a été très bénéfique, en lui donnant la chance de se régénérer. Et qu'il est maintenant prêt à prendre le pouvoir. Un lecteur du journal dit au directeur de publication, Cheick Fanta Mady Keita (paix à son âme), que je ne connais pas la politique, vu que la relégation d'IBK par AOK l'avait définitivement écarté du chemin du pouvoir. Il n'était pas le seul à penser ainsi. Je dis à Cheick Fanta Mady: « C'est simple! Le temps nous le dira.» Mais, Cheick Fanta Mady est, hélas, mort la même année, dans des circonstances nébuleuses, dans la fleur de l'âge, sans avoir l'occasion d'entendre le verdict du temps. IBK, écarté de la présidence en 2002 par la fraude au profit d'ATT, est plébiscité en 2013 (suite au putsch perpétré contre le même ATT), puis reconduit frauduleusement en 2018, aux dépens de Soumaïla Cissé (porté disparu en ce moment). Et rattrapé par son destin d'homme calamiteux, constamment contesté. Et, c'est le Mali et les Maliens qui en font les frais aujourd'hui.

    Je finirai par une révélation qui m'a été faite dans un rêve en 2013, avant l'investiture d'IBK. Dans mon rêve, on est venu me dire qu'IBK a été neutralisé par un certain MANUEL. Et je le voyais embarquer dans une camionnette dans laquelle on l'emportait sur le Pont des Martyrs. Trois ans et poussière après, la France élit EMMANUEL MACRON comme président. Et j'espère bien qu'il est le MANUEL de mon rêve qui va décider IBK à quitter le pouvoir. Sinon, comme j'ai eu à l'écrire sur Twitter ou sur Facebook, IBK et sa famille risquent de subir le même sort que ROBERT GUÉI de la Côte-d'Ivoire. Et je ne le souhaite pas. Vivement que le jeune Manuel Macron convainque son vieux « compatriote » IBK de s'éloigner du Mali, en prenant le chemin de l'exil, ne serait-ce que pour un temps. Le temps de laisser les sentiments de colère et de frustration s'assoupir. C'est le moindre mal pour lui et pour les Maliens.

mardi 4 août 2020

ANALYSES ET VOYANCE POLITIQUES: QUAND LE TEMPS DONNE RAISON À MES ÉCRITS SUR IBK ET CONSORTS (I)



Le 15 juillet dernier, soit un peu plus de deux semaines auparavant, je rafraichissais les mémoires en faisant ressortir des articles datant du début de règne du président malien d'IBK (Ibrahim Boubacar Keita), prédisant sa fin. Aujourd'hui, je remonte plus de vingt ans en arrière, en faisant sortir de mes archives des articles que j'avais écrits sur lui quand il était encore le Premier ministre d'AOK (Alpha Oumar Konaré) et après sa disgrâce. Et pour cela, j'ai pris la peine de recopier ces articles qui sont sur support papier, mêlant le pamphlet, l'analyse et la prospective politique. L'exercice en vaut la peine, car il m'offre l'occasion de numériser certains de mes écrits dans le but d'en faire un recueil de textes, destiné à l'enseignement dans les écoles de journalisme et de sciences politiques.

Premier article: IBK SE TROMPE-T-IL D'ÉPOQUE?
(publié le jeudi 27 mai 1999 dans "Le Républicain", à Bamako)


« Vous devez coopérer avec nous. Nul ne doit chercher à déstabiliser le Mali. Ne gérez pas la rumeur. Venez chercher l'information. Nous avons créé la cellule gouvernementale d'information pour cela…»

Ainsi s'adressait à la presse réunie, à l'occasion de la journée de restitution de la Table ronde de Genève, Le Premier ministre IBK, pointant l'index et sur un ton comminatoire.
C'était du IBK tout craché. Les propos dérangeants, le ton et la gestuelle agressifs, le regard furieux. Tout y était. En effet, l'homme, tout en s'attribuant les vertus d'un démocrate, cache mal son goût du commandement. D'aucuns disent qu'il ressemble étrangement au dictateur déchu, le Général Moussa Traoré. Mis à part son « latin de foire » (car l'homme aime à s'exprimer dans un vocabulaire suranné et emphatique) et sa petite taille. Ce qui n'est pas d'ailleurs faux. Car, IBK a l'art de donner la chair de poule quand il s'exprime. À croire qu'il a une matraque à la place du verbe. Ses balourdises verbales ont fortement contribué à le rendre impopulaire jusque dans l'entourage du Président de la République dont certains proches collaborateurs ne font pas mystère de leur hostilité à son égard. Nous avons pu entendre des propos comme: « Rarement au Mali, sous la IIIe République, un homme avait réussi à réunir un tel consensus autour de sa personne. Mais, il a réussi à gâcher tout le capital de confiance et de sympathie accumulé en sa faveur par ses sorties malheureuses.» Ceux-ci n'hésitent pas d'ailleurs à affirmer que « si jamais le Président AOK s'avisait d'ouvrir la voie de la présidence à ce monsieur, c'en est fini du Mali!» Nous n'insisterons pas d'ailleurs sur la nuée de propos crus de ce genre, tenus à son égard. Ces mêmes sources nous apprennent que le Président AOK aurait laissé entendre que « le pouvoir lui est monté à la tête », quand on lui a apporté que le Premier ministre bourgeois a l'habitude de « couper la route » aux passants, même pendant le mois de ramadan, lors de ses déplacements.

Tout ceci, en définitive, pour dire qu'IBK se trompe d'époque. Ayant un goût morbide de la puissance, il confond la conception totalitaire et la conception démocratique du pouvoir. Premier ministre, nommé par simple décret, n'ayant aucune légitimité populaire et révocable à souhait, il agit déjà comme un seigneur sur ses terres. Qu'adviendra-t-il le jour où il siégera à Koulouba? S'interrogent bon nombre de citoyens avec angoisse. Certains confrères, à cette idée, pensent s'exiler, car, pensent-ils: « celui-là va tous nous foutre en taule.» Ce naturel autoritaire serait plus compréhensible si IBK avait conquis le pouvoir par les armes. Et seulement dans ce cas, il pourrait à sa guise proférer des menaces, en agitant l'index contre les journalistes et la nation entière. Mais, de grâce, dans le contexte actuel où les gouvernants sont censés émaner du choix du peuple, qu'il mette de l'eau dans son vin.

Un journaliste n'est nullement tenu de se fier uniquement aux sources institutionnelles. Mieux, il doit même s'en méfier, car les sources proches du pouvoir ont des experts en communication dont la tâche consiste à orienter le journaliste, dans le but d'occulter les erreurs du gouvernement. Aucun État au monde n'est prompt à se mettre à nu devant un journaliste. Le confrère qui se bornera à consulter exclusivement les sources étatiques devra se contenter de faire un journalisme de promotion de l'État. Pourra-t-il alors se considérer comme un vrai journaliste?

Signé: Mountaga Fané

NB: Quand je vins présenter cet article au directeur de publication, Ibrahim Traoré, je n'étais pas sûr qu'il allait le publier, compte tenu de sa tendance à censurer mes papiers. Mais, à ma grande surprise, après lecture du texte, il s'est écrié: « Je prends l'article. Je le prends. Je le prends.» Et il l'a mis à la UNE du Républicain, à ses risques et péril. Le propriétaire du journal, Tièbilé Dramé (actuel ministre des Affaires étrangères d'IBK), l'a vivement critiqué. Tièbilé, qui me snobait, a même jugé nécessaire de m'adresser la parole, pour la première fois, dans un mélange de fureur et d'admiration. Il craignait qu'on dise que c'est lui qui a commandité l'article. Cependant, il insista pour qu'on mette mon nom dans l'ours du journal où j'étais considéré un peu comme un « étranger», vu que ma plume ne correspondait pas à sa ligne éditoriale, très proche du pouvoir. Tièbilé Dramé était pris dans un sacré dilemme, vu qu'au niveau de Koulouba, mon article fut vivement apprécié, selon les échos que j'en ai eus de la part de mes « amis », collaborateurs du Président AOK. Son attaché de presse de l'époque (que j'ai connu en France et qui est un diplomate aujourd'hui) m'a dit qu'il a passé la journée à faire des photocopies de l'article pour les distribuer au personnel de la présidence qui faisait la queue pour s'en procurer. Un autre proche collaborateur d'AOK, un poète (paix à son âme) et un ami, malgré la différence d'âge, d'habitude très réservé, a trouvé que l'article était trop court et qu'il aurait voulu que je consacre plus de longueur sur les dérives d'IBK, dans le même style. Au niveau des confrères d'autres journaux, je reçus aussi de vives félicitations. J'appris aussi d'un confrère, ami de Tièbilé et d'IBK (dont il est un proche collaborateur aujourd'hui) que ce dernier faillit tomber en syncope à la lecture de l'article et s'écria: « Qu'est-ce que j'ai encore fait?» Et un médecin serait venu pour l'ausculter. La femme d'IBK aurait dit à ce confrère: « Comment peux-tu laisser publier un tel article, alors que tu travailles dans le journal?» Ce confrère s'évertua à me sermonner, en essayant d'y mettre des caresses… Un autre confrère d'un autre journal me dit, avec un accent prémonitoire, que je ne pourrai plus rester au Mali, après un tel affront à l'homme fort du pays. Il a eu raison, car un an et demi après, je prenais le chemin de l'exil. Mais, lui-même est en exil aujourd'hui, à cause du régime d'IBK qui a attenté à sa vie pour une tragique affaire que je ne mentionnerai pas ici. Au niveau de ma famille, j'ai eu quelques soucis… J'ai aussi passé des nuits à sortir avec une carabine à plomb dans ma voiture, lors de mes promenades, dans le but de faire peur à d'éventuels agresseurs et enleveurs de journalistes…
Je reviendrai pour la suite dans le 2e volet...

samedi 1 août 2020

MALI: QUI A DIT QU'UN PRÉSIDENT ÉLU NE PEUT PAS PARTIR AVANT LA FIN DE SON MANDAT?



Pour maintenir au pouvoir le contesté et contestable président malien IBK (Ibrahim Boubacar Keita), malgré sa faillite avérée et les tueries perpétrées sur des manifestants et sur des paisibles citoyens nuitamment, on avance l'argument-massue selon lequel il est indéboulonnable, vu que son mandat n'a pas encore expiré. Et, parmi ceux qui invoquent ce prétexte « démocratique», figurent les grands décideurs de l'Occident. Qu'en est-il dans la pratique?

Sans aller par quatre chemins et sans m'encombrer de détails superfétatoires, je citerai seulement deux exemples qui enlèvent toute crédibilité à cet argument farfelu. Je citerai d'abord le cas haïtien avec le président Jean-Bertrand Aristide qui, en plein mandat, a été enlevé du pouvoir manu militari par les Américains, avec la bénédiction du Canada et une partie de la « communauté internationale », et conduit en exil à bord d'un avion américain. C'était en 2004, suite à des affrontements entre opposition et majorité, ayant débouché sur des tueries. Aristide lui-même a parlé d'enlèvement. Et la Communauté caribéenne a elle aussi déploré cette ingérence.

Le deuxième exemple est plus récent et s'est déroulé en Bolivie avec le président Evo Morales qui, réélu officiellement en 2019, a dû céder devant la pression populaire, suite à des manifestations de masse ayant donné lieu à des violences. Lui aussi prit le chemin de l'exil. Et le New York Times avait approuvé ce départ en ces termes: « Lorsqu’un dirigeant abuse aussi effrontément du pouvoir et des institutions qui lui sont confiées par le suffrage, comme l’a fait le président Evo Morales en Bolivie, il perd sa légitimité. Et le forcer à partir devient souvent la seule option qui lui reste. C’est ce qu’ont fait les Boliviens. » Comme le rapporte Le Monde diplomatique dans un récent article intitulé " Coup d'État médiatique".

Et pourquoi le président malien IBK devrait-il être épargné? Qu'a t-il fait pour Dieu pour mériter ce privilège? Pire que cela, n'a-t-il pas tripatouillé la Constitution malienne pour briguer un 2e mandat alors qu'il avait atteint la limite d'âge? Et sa réélection n'a t-il pas été entachée de fraudes massives ayant mis le pays en ébullition? Et n'a t-il pas du sang sur les mains? N'est-il pas encore en train de brandir des menaces à l'encontre des manifestants? Pourquoi refuser aux Maliens d'user de leur droit de démettre un mauvais président, dans tous les sens du terme? Sans compter son inaptitude à gouverner, pour raison de santé mentale, comme je le rapportai dans mon dernier article.


LA RESPONSABILITÉ DE LA FRANCE ET DES ÉTATS-UNIS


Nous savons de source sûre que, en plus de l'Union européenne, la France et les États-Unis ont assuré le président IBK de leur soutien. On nous dit même que la France a dit à IBK de « s'assumer ». Un mot qu'il a répété lors de son discours comminatoire du 31 juillet. En définitive, toutes les tueries de masse qui vont survenir au Mali, dans les jours à venir, seront imputables aussi à la France et aux États-Unis, entre autres. Et s'il y a poursuite devant la Cour pénale internationale, Macron et Trump seront eux aussi appelés à la Barre. En voulant, comme à leur habitude, continuer avec leur politique de deux poids, deux mesures, ils devront s'attendre à rendre des comptes. Surtout quand il y a mort d'hommes. À un moment donné, la décence doit primer sur la cupidité et cet atavique réflexe de colon.

MF Kantéka

mardi 28 juillet 2020

LA SITUATION AU MALI VUE PAR UNE DIPLOMATE CANADIENNE


PAR LOUISE OUIMET
Après avoir travaillé au Mali sur 8 ans, durant la période 1989-1993 et 2001-2005 et continué à suivre l’évolution du pays, je ne peux que constater aujourd’hui à quel point la démocratie, qui était pourtant porteuse d’espoir lors des premières élections pluralistes en 1992, s’est avérée être un gouffre pour ce pays. A l’indépendance les Maliens et Maliennes ont calqué les institutions françaises au lieu de prendre le temps de développer des mécanismes de gouvernance et des institutions qui leur soient propres. Au début de la soi-disant démocratisation, encore une fois on copie l’Occident et on ouvre les vannes au multipartisme. Il arrive quoi? Plus de 200 partis politiques sont créés – en fait des agglomérations de personnes autour de personnalités appréciées, avec lesquelles on a des liens familiaux, amicaux, ou autres. Fort heureusement, il n’y a pas de partis ethniques au Mali.
Et il arrive quoi? L’exercice du pouvoir politique étant essentiellement un exercice d’enrichissement personnel pour sa famille et pour son clan, sachant que sa durée est d’un maximum de deux mandats de 5 ans et qu’il faut financer les campagnes électorales, la corruption n’a cessé de croître depuis l’arrivée du multipartisme. Ce multipartisme basé sur les relations a un autre effet pervers : l’absence de renouvellement à la tête des partis. Plusieurs se sont scindés, mais aucun n’a remis en cause son chef parce qu’il n’avait pas gagné l’élection. Alors on retrouve aujourd’hui en grande partie les mêmes joueurs politiques qu’il y a près de 30 ans. Il faut dire qu’ils étaient jeunes à l’époque, voués à un bel avenir. Lorsqu’il y a des partis politiques bien structurés, ils s’empressent de virer leur chef après un échec électoral. Pas au Mali, le parti est le chef.
Les élections se sont succédées entre 1992 et 2020 avec un taux de participation des électeurs famélique. On a souvent attribué ce manque de démocratie au manque d’éducation. Il faut regarder de plus près. C’est à Bamako, où la proportion d’alphabétisés est la plus importante où on vote le moins.
Le Président Keita (IBK) a bien été élu en 2013, suscitant beaucoup d’espoir auprès de la population aux prises avec la montée du terrorisme. Dès 2014 on me disait qu’il était mal entouré, s’appuyant trop sur sa famille. En 2017 on me disait que le pays était gouverné par une mafia et que le seul espoir était qu’IBK ne se représente pas en 2018. La liste de ce qu’on lui reprochait était longue, se résumant à ne pas se soucier du Mali, mais uniquement de ses voyages à l’étranger, à ne pas renforcer l’armée dont on avait pourtant grand besoin et qui avait été dépouillée par ses prédécesseurs, et surtout à dilapider les fonds dont le Mali avait tant besoin pour fournir un minimum de services aux citoyens et citoyennes. Il se représente et gagne les élections en 2018, élections à nouveau décriées comme étant frauduleuses. L’opposition proteste, puis tout rentre dans l’ordre. Rien ne change. Toujours pas de paix en vue, au contraire, un conflit qui s’est étendu au centre du pays ne s’essoufle pas. L’école est aux abonnés disparus comme cela a souvent été le cas depuis 1992. L’Accord de paix d’Alger de 2015 n’est ni appliqué, ni amélioré. Et la corruption continue joyeusement. Arrive le Dialogue National Inclusif fin 2019 qui donne une certaine légitimité au pouvoir en place, sans offrir de nouvelles pistes de sortie de crise. Arrive les élections législatives en mars et avril 2020. Reportées plusieurs fois en raison de l’insécurité et la nécessité de modifier le code électoral et de tenir compte d’un nouveau découpage électoral en respect de l’Accord d’Alger. Alors qu’aucune de ces conditions ne soit réunie et que la COVID-19 pointe son nez, branle-bas de combat, les élections législatives sont programmées. Nous connaissons tous ce qui est arrivé à la fin du deuxième tour, alors que la Cour constitutionnelle a invalidé et d’office changé les résultats pour faire élire 31 députés qui étaient recalés selon les urnes. L’un d’eux devient même Président de l’Assemblée nationale. En fait IBK s’est servi des mêmes tactiques qui avaient prévalues contre lui au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002. Bon prince, il avait calmé ses troupes et accepté qu’un bon nombre de ses votes soient annulés par la Cour Constitutionnelle. En 2020 c’est la revanche.
Où en sommes-nous en juillet 2020? Il arrive un moment où trop c’est trop comme on dit. L’invalidation des plusieurs résultats électoraux par la Cour Constitutionnelle a fait déborder le vase et le mouvement M5-RFP avec l’appui moral de l’iman Mahmoud Dicko est né pour demander au Président IBK de démissionner, d’abroger l’Assemblée nationale et la Cour Constitutionnelle et de repartir sur de nouvelles bases en mettant en place une transition. Ce mouvement avait donné la possibilité au Président IBK de rester en place, tout en déléguant son pouvoir à un Premier ministre choisi par l’ensemble des acteurs politiques. Le refus d’IBK à se soustraire du pouvoir et la mobilisation de la force anti-terroriste FORCAT qui a tiré à balles réelles contre des manifestants non armés, en tuant plusieurs, a conduit au durcissement des positions du M5-RFP. Il est aussi inexcusable que le mouvement de désobéissance civile se fasse dans la violence. Un changement s’impose et pacifiquement. Souhaitons que les multiples médiations finissent par fonctionner.
Que peut ou doit faire la communauté internationale? Il ne sert à rien de se cacher derrière une Constitution qui a été bafouée tellement de fois. D’abord admettre que nous nous sommes enrichis sur le dos du Mali, du moins le Canada avec l’exploitation aurifère et certainement la France, malgré le lourd tribut payé par ce pays avec la force Barkhane. Deuxièmement, dialoguer avec tous les acteurs politiques et les encourager à trouver une solution paisible. Mon pays, le Canada semble absent des discussions à Bamako, du moins les médias ne le rapportent pas, alors que le Mali est un pays important de coopération internationale depuis plus de 40 ans. Troisièmement, suspendre l’aide budgétaire à un régime aussi corrompu et revoir les mécanismes d’appui lorsqu’un gouvernement de transition sérieux sera mis en place.
Louise Ouimet
ancienne ambassadeure du Canada au Mali (2001-05)
et au Burkina Faso (1995-97)
21 juillet 2020.

vendredi 24 juillet 2020

MALI: POURQUOI MAINTENIR IBK ALORS QU'IL EST DANS L'INCAPACITÉ MANIFESTE D'EXERCER LE POUVOIR?



Ce n'est qu'un secret de polichinelle, le président malien IBK (Ibrahim Boubacar Keita) est malade. Depuis belle lurette! Ses absences répétées pour soins médicaux en France ont alimenté plusieurs fois la chronique. Et la maladie dont il souffre est en soi une cause de vacance du pouvoir. En effet, une source bien informée nous dit qu'IBK souffre de maladie d'Alzheimer. Si bien qu'il ne se souvient pas toujours des événements de la veille. On nous rapporte qu'il lui arrive de discuter avec quelqu'un au téléphone et ne plus s'en rappeler, au point de lui dire le lendemain: « Ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé.» On nous rapporte aussi qu'il a pratiquement perdu l'usage de la main droite, au point que certains décrets de nomination (qui relèvent de son attribution) ont été signés par son fils Karim Keita.

En vérité, ces faits sont connus de beaucoup de monde, y compris les parrains français qui se décarcassent pour le maintenir au pouvoir, comme le rapporte un article de "Monde Afrique" selon lequel les: « partenaires occidentaux ne manquent pas une occasion de dénoncer le caractère velléitaire du président Ibrahim Boubacar Keïta, qui « change d’avis plusieurs fois par jour », selon un officiel français.» (https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/21/au-mali-l-avenir-incertain-du-president-ibrahim-boubacar-keita_6046830_3212.html?fbclid=IwAR3auEwFqjEDNh_McYladhsRARCtHkytirkilRNHePtkVUSBV9GzIyR36EI). C'est une façon à peine voilée de parler de l'absence de lucidité ou la sénilité qui prive le président malien de la faculté de gouverner.

En d'autres termes, l'une des revendications du mouvement de contestation M5-RFP est mal formulée. Il ne s'agit pas en réalité de forcer IBK à démissionner. Il s'agit plutôt de constater la vacance du pouvoir et d'en tirer toutes les conséquences. D'autant plus que la plupart des institutions du pays sont paralysées en ce moment, comme le déclarait l'ancien  Premier ministre Moussa Mara sur sa page Facebook:

« Présidence de la République contestée;
Gouvernement inexistant;
Assemblée Nationale inopérante;
Haute cour de justice non fonctionnelle;
Conseil économique et social sans mandat;
Cour constitutionnelle inexistante;
Haut conseil des collectivités sans mandat;
Cour suprême ébranlée;
Aucune des huit Institutions Constitutionnelles n’est intacte au Mali.
Et nous continuons à parler comme si tout est normal ?» 

Et moi, je vous demande: faut-il aller jusqu'à exiger du médecin traitant du président IBK de communiquer son dossier médical pour qu'il se décide à présenter sa démission?

MF Kantéka


mercredi 15 juillet 2020

TROIS ARTICLES PRÉMONITOIRES SUR LA FIN DU PRÉSIDENT MALIEN IBK


Comme ça avait été le cas avec ATT (Amadou Toumani Touré), j'avais prédit la fin de règne du président IBK (Ibrahim Boubacar Keita). Et ce, dès la désignation de son premier gouvernement. Voici trois articles que j'avais écrits et publiés sur mon blog, à l'époque:
PREMIER ARTICLE:
LUNDI 9 SEPTEMBRE 2013
Mali : Le GOUVERNEMENT DU SABORDAGE POLITIQUE

« Rarement sous la IIIe République malienne, un homme aura réussi à engranger un si enviable capital de sympathie politique. Mais, il a réussi à tout dilapider par ses maladresses… », disait-on d’IBK quand il était encore Premier Ministre sous Alpha O Konaré ! Et c’est au Palais présidentiel même que se faisaient ces confidences !
Comme pour donner raison à ses détracteurs, IBK vient encore de précipiter sa mort politique en installant un Gouvernement de compromis (pour ne pas dire de « compromission »)! Un acte vivement ressenti par une partie de l’opinion publique malienne, dont son électorat, comme une trahison, vu le discours d’espoir et de renouveau qu’IBK n’a cessé de tenir le long de sa campagne !
Des flots de protestations venant de partout
L’annonce de la liste du Gouvernement fut comme un coup de foudre qui vint calciner les espoirs fondés sur « l’homme-providence », surnommé Kankelen Tigui ou Celui-qui-n’a-qu’une-parole. La déception est à son comble ! Dans les « grins » (groupes de rencontre), les récriminations se font de plus en plus vives. Des flots de protestations se poursuivent très vite sur le site d’informations et de débats Maliweb qui, dans la nuit d’hier, recensait 175 réactions dont 99% étaient contre le choix de ce Gouvernement.
L’enthousiasme de la veille, suite à la nomination du jeune Premier Ministre Oumar Tatam Ly, s’est vite mué en cauchemar, donnant des envies de « suicide » ou de « vomir » à certains internautes se demandant ce qu’IBK a fait de sa promesse de mobiliser les ressources humaines de ce pays, sans partisannerie aucune!
.
La trahison
Suite à son élection, IBK avait martelé « Il n’y aura pas de partage de gâteau ! » Un animateur radio de la place avait déjà pressenti dans ces propos du Président fraîchement élu un aveu ! En parlant de « gâteau », IBK sous-entendait qu’il y en avait un ! Et dès lors qu’il existe un gâteau, avait renchéri l’animateur, il sera forcément mangé par quelques uns ! Et c’est cela qui est arrivé avec la reconduction de certains caciques comme Soumeylou Boubèye Maïga (Défense), le Colonel Sada Samaké (Sécurité), Dr Bocary Téréta (Développement rural), des anciennes têtes du temps de l’ADEMA quand IBK était Premier Ministre.
Du coup, celui qui se présentait naguère comme un « homme de rassemblement et de renouveau », se révèle brusquement un classique homme de clan, affilié à de vieux roublards opiniâtrement accrochés au pouvoir depuis une vingtaine d’années ! Ainsi, d’un revers de la main, IBK balayait le grand espoir suscité par la nomination de son tout jeune Premier Ministre Oumar Tatam Ly !
A cela s’ajoute la reconduction de Moustapha Dicko (au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique), perçu comme étant l’auteur de la déliquescence du système éducatif malien ! Plus grave encore pour l’opinion publique, est la nomination de Zaraby Sidi Ould Mohamed (aux Affaires étrangères), connu pour être la tête pensante d’une rébellion touareg des années 90, ayant eu son lot de massacres !
On n’hésite donc pas à évoquer un pacte entre IBK et des parrains occidentaux, ayant favorisé son élection pour qu’il trahisse le Mali au profit du MNLA ! On lui impute aussi un élan affectif, du fait de l’appartenance de son épouse (une Maiga comme Boubèye) au Nord du pays !
Un amalgame incomestible
Les griefs sont aussi dirigés contre la reconduction de certains ministres de la Transition, dont des éléments de l’ex junte militaire comme le Général Moussa Sinko Coulibaly, maintenu à son poste de Ministre de l’administration territoriale. Un signe qu’IBK continue de se reposer sur le soutien des militaires !
Le maintien de Tiéman Hubert Coulibaly, qualifié de « tonneau vide » (pour de multiples raisons) et très proche du cacique Boubèye Maiga, est aussi très mal accueilli ! De même que le remplacement par Mohamed Aly Bathily au poste de Garde des Sceaux du Jeune Malick Coulibaly, très apprécié pour son travail et son intransigeance !
C’est la taille même du Gouvernement, 34 ministres et délégués au lieu de 20 à 25, qui révolte l’opinion, y voyant un artifice pour justement aboutir à ce « partage de gâteau » dont se défendait le Président-pirouette !
En résumé, on reproche à IBK, en lieu et place du changement promis, d’avoir remis le Mali dans l’impasse en conciliant les tares de 3 règnes successifs, à savoir celui d’Alpha Oumar Konaré, d’ATT et de la Transition. Les nouveaux venus n’étant là que pour faire diversion ! A commencer par son jeune Premier Ministre qui, en aucun cas, ne saurait en imposer à des caciques comme Boubèye Maiga!
Est-il besoin d’être prophète pour augurer de la fin politique d’IBK ? Est-il excessif de dire qu'il vient de se saborder politiquement, par son manque d'inspiration et d'imagination? Le temps nous le dira !
DEUXIÈME ARTICLE:
JEUDI 28 NOVEMBRE 2013
Mali: IBK, LE TRIBALISTE
« Si tes propos divergent de tes actes, on te jugera sur tes actes ! », dit le dicton. Appliqué au président malien Ibrahim Boubacar Keita dit IBK, cette vérité le révèle sous les traits d’un tribaliste qui se donne des accents de nationaliste rassembleur !
Nous ne reviendrons pas sur sa trahison, relativement aux espoirs de changement qu’il avait suscités chez les masses qui avaient fait un large consensus autour de lui ! Retenons simplement que le slogan « Le Mali d’abord ! » qu’il avait brandi, s’est vite mué en « Mon clan politique et ma famille d’abord ! », traduit par des nominations népotistes au Gouvernement qu’il a composé !
Ce penchant népotiste ou tribaliste est couronné par la volonté d’IBK d’imposer son fils comme député à l’Assemblée nationale.
Un Karim qui en rappelle un autre
Un Karim que son père-président voulait imposer à ses gouvernés ! C’était au Sénégal, avec la dynastie Wade. L’Histoire se répète, en un très court laps de temps ! Et cette fois-ci, dans l’État voisin du Mali, avec le clan Keita. Très curieux et très révélateur de la conception patrimoniale du pouvoir qui prévaut encore chez nous !
En effet, Karim Keita, fils d’IBK, sitôt son père élu, a cru bon d’en imposer aux Maliens, en se présentant comme candidat aux législatives, lui qui jusqu’alors ne se mêlait pas de politique ! Dans la Commune II où il est candidat, le « prince » Karim Keita distribue de l’argent comme des feuilles d’arbre aux électeurs! Il se livre aux achats de vote, au vu et au su de tous !
Certains vont jusqu’à dire que Karim Keita serait encore plus riche que son père milliardaire! On peut se demander comment Karim Keita, naguère étudiant au Canada, a fait pour amasser une telle fortune, en si peu de temps
Poussant l’arrogance et l’indécence au bout, le « prince » mandenka Karim Keita s’est associé à un homme d’affaire du nom d’Hadi Niangadou, surnommé Joe Walaki, propriétaire d’une agence immobilière, pour ne pas dire un spéculateur foncier.
Dans son édition du 15 novembre, l’hebdomadaire Le Sphinx faisait état d’une tentative de lynchage à leur endroit, de la part des habitants de la Commune. On espérait donc que son fils ne passerait pas. Ce qui aurait pour effet de calmer la grogne populaire. Cependant, Karim Keita et ses colistiers sont en tête au premier tour et compte l’emporter le 15 décembre prochain.
Une affaire qui sent le souffre
Tout se passe comme si IBK, au mépris des conseils qui lui ont été prodigués, nostalgique de la légende tissée autour du fictif ancêtre Son-Djata, se croit investi d’une royauté qui lui reviendrait de droit ! Surtout quand on sait que le Ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé de la promotion de l’investissement et de l’initiative privée, Moustapha Ben Barka, est aussi le neveu direct de sa femme !
En ce moment où l’épopée du Capitaine-Général Sanogo vire au vinaigre, à cause notamment du courroux créé au sein de son propre corps des Bérets verts qu’il a trahis par ses excès, cet écart d’IBK risque d’avoir des répercussions insoupçonnées…
Cette affaire ne présage rien de bon et IBK et son fils ne pourront que s'en mordre le doigt! Comme si IBK, par masochisme, utilisait son fils comme la flèche qui l'atteindra en plein cœur et le fera dégringoler de son trône ancestral! Mais, comme le dit un proverbe malien, "celui dont la fin est imminente, n'écoute pas de conseils!"
Dans le meilleur des cas, Karim Keita du Mali, finira comme son homonyme Karim Wade du Sénégal que son père voulait imposer aux Sénégalais!
TROISIÈME ARTICLE:
MARDI 1 AVRIL 2014
Mali : La FIN DU PRÉSIDENT IBK
Je commençais à désespérer de la clarté de ma vision, car je craignais que le mois fatidique de mars laisse IBK indemne au pouvoir. Or, ceux qui me suivent sur Twitter, savent que je ne lui donnais pas plus de six mois de survie politique. Et alors que je commençais à me résigner à la boucler pour de bon, voilà que le dernier vendredi de ce mois butoir, le coup vient du pays même de son ami Hollande. Plus mortel qu’un coup d’Etat ou un assassinat politique.
Mort de sa belle mort !
En l’an 2000, alors qu’il venait d’être démis de ses fonctions de premier ministre d’AOK et que tout le monde le donnait fini, j’ai écrit dans Le Malien un billet titré « Attention, IBK n’est pas mort », m’ayant valu quelques railleries... On connait la suite. Il a été élu deux fois président de la République. D’abord en 2002 où sa victoire lui a été volée par le déchu ATT. Ensuite, six mois plus tôt à la suite d’un quasi-plébiscite.
Et aujourd’hui, quatorze ans plus tard, alors qu’il est encore au sommet du pouvoir, j’affirme haut et fort : « IBK est mort ! Irrémédiable mort ! Mort de sa belle mort ! » Et dans les tous sens de ce mot, car il n’en survivra pas physiquement. Et je voyais cela sur sa face défaite le 26 mars dernier quand je le surpris à la télé, lors d’une cérémonie militaire. C’était un cadavre que je voyais. Il avait déjà le regard plongé dans l’Au-delà.
IBK est mort, car tous ses masques tombent avec cette affaire de mafiosi. L’ange de la mort s’est présenté à lui sous les traits du parrain corse Michel Tomi. Son vernis de musulman s’effrite radicalement, après celui de démocrate qu’il a fortement écorné avec son népotisme criard. Il ne pourra plus l’ouvrir dans ce pays où l’on connait son penchant pour la grande vie. Voulant être le champion de tout, IBK s’avère finalement en deçà de toutes les prétentions qu’il a affichées. Et personne n’est plus dupe.
Un homme sentant sa mort
J’avais écrit sur Twitter qu’IBK « agit comme quelqu’un qui sait qu’il va mourir au pouvoir ». C’était par rapport à son acharnement à mettre ses proches, dont son fils Karim et son gendre Isaac Sidibé, à des postes stratégiques, dans le but évident de conserver le pouvoir dans la famille, en cas de déboires personnels. Et c’est ce scénario qui se profile à l’horizon avec une éventuelle démission d’IBK ou une mort brutale…
Je ne m’étalerai pas davantage là-dessus. Je me contenterai de dire que quel que soit celui qui lui succédera au pouvoir, qu’il sache que c’est le même sort qui l’attend, s’il n’a pas l’étoffe d’un héros. Car, au stade où l’on en est, Il faudrait un héros pour sortir le Mali de l’ornière dans laquelle vingt ans de « démocratie » l’ont plongé.
Mountaga Fané Kantéka

vendredi 3 juillet 2020

QUAND LES NOIRS SE MANGENT ENTRE EUX


Voici un autre article qui ne va pas arranger mes affaires avec mes frères nègres. Cet article est la reprise d'un autre article que j'avais rédigé et qui a mystérieusement disparu dans mon ordinateur. Comme si les esprits, qui m'inspirent, m'envoyaient le signal de tempérer mes propos, à l'endroit d'une communauté très frileuse face à certaines vérités.
Pourtant, vu l'actualité effervescente relative à la lutte d'émancipation des Noirs dans le monde entier, le besoin s'est fait encore pressant pour moi de remettre cette question cruciale sur le tapis. Quitte à modérer, voire à émasculer, mes propos. À défaut de pouvoir recourir au dérivatif de l'humour pour édulcorer l'amertume d'une terrible réalité qui s'inscrit comme la seule véritable « malédiction » qui entache l'histoire de l'homme noir: la rivalité chronique. La rivalité fratricide! La désunion sacrée! Une terrible réalité qui remonte jusqu'à la mythologie égyptienne avec le combat entre Osiris et Seth. Une irréfragable rivalité qui est le contrecoup de l'extraordinaire puissance noire sans laquelle le monde n'existerait tout simplement pas. Une implacable rivalité sans laquelle les Noirs continueraient encore à être les maîtres du monde. Une incurable rivalité qui est la source de l'affaiblissement de l'Afrique par l'esclavage d'hier et celui d'aujourd'hui. Une déplorable rivalité, plus forte que les fusils et les canons des colons, qui est la véritable raison pour laquelle les Européens ont pu s'imposer en Afrique. Les archives sont encore là pour l'attester. Plus que les archives, la réalité quotidienne est là pour l'attester. Ai-je seulement besoin d'en rajouter, en évoquant tous ces assassinats politiques contemporains dont les bras n'étaient autres que nègres?
J'ai perçu récemment dans un certain milieu activiste africain la tentative visant à amoindrir le mouvement "Black lives matter" (les vies noires comptent), en essayant de l'opposer au "Black power" (le pouvoir noir) qu'ils associent au retour en Afrique. Derrière cet argument, en apparence motivé par le radicalisme, on perçoit une question d'ego. D'intérêts personnels. On y perçoit la réaction épidermique de leaders plus ou moins charismatiques qui aspirent au messianisme et éprouvent la crainte de se voir supplanter par un mouvement qui prend de l'ampleur dans le monde entier. Un mouvement bien plus grand qu'eux et leurs mesquines supputations. Sinon "Black lives matter" et "Black power" s'inscrivent dans le même combat. Ce sont deux étapes du même combat. Le mouvement "Black lives matter" s'inscrit dans l'immédiateté de la lutte pour la survie dans des sociétés impitoyables, régies par le racisme systémique et le massacre systématique des Noirs. Il ne s'aurait donc s'interpréter comme une forme de mendicité auprès des Blancs, visant à récolter des miettes de pain, mais plutôt comme une exigence consistant à leur dire: « Ça suffit! Vos vies ne comptent pas plus que les nôtres! Faites-nous de l'air, sinon on va tout saccager et tout brûler.» Ça s'inscrit donc dans la volonté d'infléchir le rapport de forces, afin d'aboutir à l'équilibre sans lequel la vie en commun serait impossible. C'est une question de vie ou de mort. C'est tout sauf une question théorique.
Quant au mouvement "Black power", il s'inscrit dans le moyen et le long terme pour aboutir à la jonction entre l'Afrique et sa diaspora dans un climat harmonieux. Et ce n'est pas une mince affaire. Parce qu'en dehors de la rhétorique et des professions de foi, il faut travailler très fort pour que l'amalgame prenne entre les frères séparés par la tragédie esclavagiste et les rancoeurs inextinguibles. L'Afrique n'arrive même pas à accepter encore tous ses enfants nés sur son sol, comme en témoignent les exodes massifs qui défraient la chronique, avec tous ces bateaux de migrants africains lancés sur les mers houleuses, au péril de leur vie, pour se diriger vers un esclavage consentant dans les « eldorado» de l'Occident. Sans compter l'exode non médiatisé des cadres et des cerveaux du continent noir vers ce même Occident, parce qu'ils n'arrivent pas à vivre décemment dans des sociétés africaines gangrénées par la corruption et le clientélisme. Sans compter encore le précédent posé par la guerre civile au Libéria, entre les transplantés afro-américains et les autochtones. Et les mentalités esclavagistes qui persistent chez certains Africains, obsédés par un vigoureux désir d'anoblissement au détriment de leurs propres congénères. Un réflexe motivé soit par l'obsession de maintenir une réalité féodale, soit par le traumatisme historique enduré par leurs ancêtres esclavagisés sur le sol africain.
Bref, beaucoup d'éléments à prendre en compte. Des sujets brûlants qu'évitent soigneusement tous ces activistes nègres qui pullulent sur la toile, jouant aux rock-stars. En se livrant au folklore.
La vérité est que la plupart de ces activistes « panafricanistes » pèchent par leur manque de sincérité et de loyauté. Leur activisme en question n'est lui-même qu'un avatar de cette rivalité fratricide évoquée précédemment. Car leur combat n'est pas le fruit d'une conviction profonde, mais le résultat d'une tentative de récupérer les réflexions d'autres congénères, en tentant de les occulter. C'est devenu un phénomène de mode et tout un fonds de commerce de s'approprier ce combat qui génère autant la notoriété que l'argent. Oui, il y est beaucoup question d'argent. Avec toutes ces histoires de financements occultes. C'est pourquoi certains de ces supposés panafricanistes sont prêts à tout pour rester sous les lumières et le plus près des micros pour débiter leurs slogans racoleurs. C'est devenu leur raison de vivre. Certains ne se font pas prier pour profaner les travaux de ceux qui ont consacré leur vie à creuser dans les mines d'or et les fosses septiques de l'histoire africaine, afin d'en sortir avec des pistes de solution pour une renaissance envisageable. Aussi, il n'est pas surprenant d'entendre dans la bouche de certains de ces leaders «panafricanistes» des propos piqués dans l'ouvrage d'un congénère, en les faisant passer pour «un proverbe africain», plutôt que de citer l'auteur de la réflexion. Pourquoi cela? Tout simplement parce ça leur brûle les lèvres de citer l'auteur de la réflexion, voyant en lui un rival qui risque de leur porter ombrage. S'ils sont aussi « panafricanistes» qu'ils le prétendent, qu'est-ce que ça leur coûte de citer un autre panafricaniste qui est leur source d'inspiration? Ils citent des grands noms de la littérature africaine, sans citer la source intermédiaire qui leur a permis d'accéder à ces oeuvres qu'ils n'ont peut-être jamais lues en entier ou ne les ont pas lues tout court. Cela s'appelle du plagiat. Plus qu'un « assassinat moral » (comme c'est le cas avec la diffamation, d'un point de vue criminologique, selon A. Bonnefoy), c'est un acte de sorcellerie, consistant à se revêtir de la peau de sa victime, en lui dérobant sa parole (qui est un attribut magique). Pire que cela, c'est du cannibalisme. Ils se construisent une identité avec les travaux de leurs congénères, qu'ils veulent voir morts, en se faisant passer pour des initiateurs qu'ils sont loin d'être.
D'autres vont jusqu'à se fabriquer des CV imaginaires pour s'attribuer une sorte d'autorité. Il y a même des maisons d'édition africaines qui participent à cette foire d'empoigne, en constituant un réseau de contrefaçons littéraires, consistant à dérober les travaux de chercheurs africains pour les donner à leurs protégés. Plein d'histoires là-dessus à faire vomir. Le désir de grandeur et la propension au messianisme sont si puissants chez certains Africains qu'ils sont prêts à faire couler des rivières de sang pour satisfaire ces pulsions mégalomaniaques. Au lieu de se sacrifier sur la croix, pour le salut de tous, comme l'aurait fait Jésus selon la littérature chrétienne.
Il y a aussi ceux qui préparent le terrain à de futures guerres de religions, en se faisant les champions de l'animisme ancestral africain qu'ils veulent opposer aux religions abrahamiques. Tout cela encore sur la base du plagiat d'oeuvres qui ont amorcé la question mais ne l'ont pas encore épuisée. Parce qu'ils sont trop pressés de se faire une réputation et de l'argent, ils se jettent sur les travaux des chercheurs pour s'en approprier. Sans en attendre les suites. Et dans cette frénésie, les caricatures sont les bienvenues. Ils ont tôt fait de ramener l'Arabe sous les traits du leucoderme musulman, opposé au Nègre animiste. Sans se douter que l'Arabe est à l'origine un Nègre, que l'Arabie fait partie intégrante de l'Afrique, que des Ancêtres dont ils se réclament (sans les connaitre) sont des Arabes. Qu'Allah lui-même est à l'origine un nom d'idole (animiste) datant du temps de la jahiliya.
S'ils avaient lu Cheikh Anta Diop, comme ils le prétendent, ils auraient su au moins que l'islam est dérivé du sabéisme dont la négrité ne fait pas de doute. Et si leur culture historique était aussi solide qu'ils le prétendent, ils sauraient aussi que le point de départ du christianisme est cette même Égypte dont ils se réclament. Tout comme le judaïsme. Dois-je ajouter qu'Israël est lui aussi une terre africaine?
Pour en venir à l'animisme ancestral, et pour m'en limiter au cas préoccupant de mes compatriotes maliens, qui leur a dit que le nom d'Allah ne figure pas dans les confréries initiatiques du Mali? Que savent-ils de l'origine du kòmò? Que savent-ils de l'identité du roi manding qui a ramené avec lui le concept de la Mecque? Que savent-ils de l'origine de Krina kònò ou l'oiseau sacré de Krina. J'ai déjà fait mon mea-culpa à ce propos en guise d'avertissement (voir mon article "Les nouveaux prophètes nègres face au piège du plagiat":https://www.facebook.com/MFKantekaPublicPage/posts/2279415808943727?__tn__=K-R). Mais, semble-t-il, ils sont réfractaires aux avertissements. Et si jamais ils persistent dans leurs pratiques affabulatoires, ils seront les dindons de leurs propres farces. La quête identitaire s'accommode mal avec le racisme. Je l'ai découvert à mes dépens. Il n'y a rien de pire que l'ignorance savante. L'ignorant qui se croit savant. Ça aussi, je l'ai écrit quelque part...
PS: Je ne crois pas avoir réussi à dire exactement ce que je voulais dire, mais je pense avoir réussi à exorciser en partie la douleur qui me dévore à cause de ces pratiques dégradantes.

MF Kantéka